CARPE DEMON de Julie KENNER
Ed Jove Books New Youk
Pages : 249
Version originale : anglais
Format livre numérique
Genre : urban fantasy
Kate ne se distingue pas des autres mères au foyer de la petite ville de San Diablo en Californie. Mais bien avant cette vie idyllique, elle était une chasseuse de démons surentraînée qui menait la lutte contre les forces du mal : démons, vampires etc… Elle a fini par prendre sa retraite, s’est mariée une première fois, est devenue veuve et s’est remariée. Elle a en charge une adolescente de 14 ans et un petit bambin de 2 ans plus un mari qui a des ambitions politiques. C’est donc une mère au foyer active et débordée qui se fait brutalement attaquée par un démon en pleine préparation d’un dîner d’affaire pour son mari. La voilà donc obligée de reprendre du service tout en veillant à ce que sa famille et son entourage ignorent tout de ses activités.
Une Buffy qui aurait mis sa carrière de Tueuse de vampires de côté pour s’occuper de sa petite famille contrainte de retourner au front, voilà quelque chose d’alléchant. Le parallèle entre les deux héroïnes se fait tout naturellement dans la mesure où chacune d’entre elles a un observateur pour Buffy et un alimentatore pour Kate qui ont les mêmes fonctions. J’ai un peu déchanté par la suite.
Là où ça coince, c’est qu’il ait fallu 17 chapitres sur 19 à Kate pour comprendre le fin mot de l’histoire là où au bout de 10 chapitres je savais déjà tout. D’où l’ennui qui m’a pris par la suite. Je suis allée jusqu’au bout en espérant que je me faisais des idées et que la solution n’était pas si simple mais en fait si !
Les petits trucs sympathiques et rigolos parce quand même il y en a, c’est le fait qu’une ville qui s’appelle San Diablo soit totalement dépourvue de démons (du moins le croyait on), Laura autre mère au foyer et amie de Kate qui découvre le monde surnaturel, ou le délirant Eddie, un grand père ancien chasseur plus ou moins atteint de démence.
Mais cela ne me poussera pas à tenter les autres titres de la série quand même. Une petite lecture sympathique et un récit qui aurait pu être un peu moins convenu.
FEDEYLINS : LES RIVES DU MONDE de Nadia COSTE
Ed Gründ romans
Pages : 417
Format poche
Genre : fantasy
Editeur : Comme tous les fedeylins, petits êtres ailés vivant au bord d'une mare vivant au bord d'une mare qui constitue leur monde, Cahyl éclot sur un nénuphar. Comme tous les fedeylins, il doit braver la noyade et de dangereux poissons avant d'atteindre le rivage. Comme tous les survivants de cette première épreuve, Cahyl se présente devant les Pères Fondateurs avide de connaître la caste choisie pour lui et l'avenir tout tracé qui l'attend. Mais Cahyl est différent : il lui manque la marque qui le lierait à son destin. Son existence même fait trembler les bases de sa société et cela tout le monde n'est pas prêt à l'accepter.
Ce livre me tentait depuis déjà pas mal de temps et ce fut donc avec beaucoup d’espoir et un peu de crainte d’être déçue que j’ai enfin pu le lire. Dès le début, nous sommes immergés dans un monde étrange, inconnu, et cependant excitant à découvrir peu à peu avec le jeune Cahyl et qui m’aura bien fait spéculer sur les mystères entraperçus, les possibles développements et révélations auxquels on peut s’attendre. Bref, une bonne introduction à un nouvel univers et une histoire qui s’annonce vraiment intéressante. J’aimerai bien savoir ce qu’il va advenir du héros dans les tomes suivants ce qui prouve que j’ai bien accroché.
Le récit est très bien construit et permet de comprendre peu à peu où on est, à quoi ressemble une société de fedeylins et leur culture mais aussi ses zones d’ombre qui mettent peu à peu mal à l’aise et amène à se poser des questions, beaucoup de questions. Les personnages sont attachants ou intrigants donnant envie de les connaître un peu mieux. Et j’ai beaucoup aimé l’amitié entre Glark le gorderive (peuple ennemi juré des fedeylins) et Cahyl, le fait qu’ils soient plus ou moins des marginaux pour ceux de leurs peuples plus conformistes et se posant moins de question sur le pourquoi du comment. Avec une belle écriture en prime, que demander de plus.
NOTRE-DAME-AUX-ECAILLES de Mélanie FAZI
Ed Folio
Pages : 278
Format poche
Genre : fantastique (nouvelles)
Avez vous déjà épousé un fleuve, vécu dans la fourrure d'un loup ou d'un lion, saviez vous que Venise puni méchamment ceux qui osent lui voler ses fameux soupirs ? On retrouve ça et d'autres phénomènes étranges affleurant à la surface de la peau de notre réalité dans ce recueil de nouvelles. Pas de nouvelle plus faible que d'autres, j'ai pris beaucoup de plaisir à chacune même si certaines restent plus marquantes. On se retrouve très vite fasciné par l'étrangeté de certaines situations, j'ai même frémi à la description d'Arachne, (moi et ma phobie des araignées, on n'était pas à l'aise du tout). Ayant beaucoup aimé Serpentine l'autre recueil de nouvelles de Mélanie Fazi, j'étais déjà toute acquise à Notre Dame-aux-écailles et je n'ai pas été déçue que j'ai lu d'une traite. Si vous cherchez du fantastique avec une belle écriture, foncez.
LA TRAVERSEE DU CONTINENT de Michel TREMBLAY
Ed Actes Sud
Pages : 284
Grand format
Genre : littérature québécoise
Editeur : En 1913 à Sainte Maria-De-Saskatchewan, Rhéauna apprend de sa grand-mère que sa mère souhaite l'avoir près d'elle à Montréal. Il lui faudra quitter cette famille d'adoption où en compagnie de ses sœurs Béa et Alice, elle grandit entourée d'amour, au milieu d'infinis champs de maïs....
Cela faisait longtemps que je n'avais pas ouvert les pages d'un livre de Michel Tremblay et lorsque ce livre là a fait son apparition sur le présentoir de la bibliothèque, j'ai foncé. Et ce fut comme revenir dans sa maison d'enfance après un long voyage.
En quelques pages, j'ai repris mes marques, j'ai retrouvé les mêmes sensations que pour les autres lectures avec des personnages familiers. Cette fois ci, c'est Rhéauna alias Nana (l'inoubliable Nana des Chroniques du plateau Mont-Royal) fortement inspirée de la maman de l'auteur qui est au centre de l'histoire. La petite Rhéauna âgée de 11 ans va faire un long voyage ponctué de stations chez diverses tantes et cousines pour revoir une mère qu'elle ne connaît plus très bien à Montréal. Entre temps nous aurons eu un aperçu de la famille Desrosiers et des histoires de chacun rencontrés par Nana. De la tante Regina-Coeli, la mal aîmée et acarîâtre mais merveilleuse pianiste, à la despotique tante Bebette, jusqu'à Ti-Lou, la louve d'Ottawa.
Ils sont attachants, complexes, et ils donnent tellement envie de ne pas les quitter aussi invivables qu'ils peuvent l'être parfois. Ce livre est le premier d'une nouvelle saga avec pour centre le personnage de Nana. A suivre bien sûr et si vous ne connaissez pas encore l'oeuvre de Michel Tremblay, jetez vous sur La grosse femme d'à côté est enceinte, la première Chronique du Plateau Mont-Royal, c'est du bonheur garanti.
ALCESTIS de Katharine
BEUTNER
Ed Soho
Pages : 246
Version originale : anglais
Format livre numérique
Genre : fantasy
Dans la mythologie grecque, Alcestis ou Alceste est la fille du roi Pélias. Son mariage avec le roi Admète fut un peu compliqué par pas mal d'embrouilles avec les divinités (mais ça dans la mythologie grecque c'est pas nouveau, c'est même le pain quotidien des mortels). Son époux ayant reçu la faveur d’Apollon qu'il pourrait éviter la mort si quelqu'un prenait de son plein gré sa place dans le royaume d'Hadès, et personne ne s'étant dévoué, c'est sa femme à qui il n'avait rien été demandé qui se dévoua. Elle fut ramené chez les vivants au bout de trois jours par Hadès ou Perséphone impressionnés par son sacrifice. Selon certaines variantes c'est Héraclès qui vient la chercher pour la ramener à son époux. Les deux tourtereaux auront deux enfants et une longue vie paisible.
Image idéale de l'épouse dévouée jusqu'au sacrifice ultime à son mari, on ne sait finalement rien d'Alcestis ni de ce qu'elle a vécu pendant ces trois jours dans le monde des morts. Elle n'a jamais donné son point de vue sur son histoire gardant son secret. Mais n'y a t-il pas d'autres raisons que l'amour pour son mari pour expliquer son geste ?
Ce roman comble le vide laissée par le silence d'Alcestis. Voici donc le récit mythologique raconté de son point de vue puisqu'elle devient narratrice. Le livre se scinde en deux parties distinctes. La première, où elle raconte son enfance, son entrée dans l'âge de se marier et le moment où elle choisit d'accompagner Hermès dans le monde des morts à la place d'Admetus. La seconde partie raconte son odyssée dans l'au-delà, ce qui lui est arrivée durant ces trois jours ainsi que son retour à la vie.
Le récit se basant sur la mythologie, il en respecte le principe : les dieux sont réels et interviennent dans le monde des mortels, des personnages tels que Tiresias, Heraclès, Créon sont eux aussi bien là. Tout le contexte mythologique a été gardé par l'auteur qui ne se lance pas dans des digressions didactiques pour expliquer qui est qui, un procédé qui a tendance à couper le rythme du récit et force le lecteur à quitter l'ambiance et le charme de l'histoire. Et cerise sur le gâteau et là je me suis vraiment régaler, elle reprend tels quelles les descriptions que l'on retrouve dans l'Odyssée sur le royaume d'Hadès tel que se l'imaginaient les grecs. La mort pour les grecs de l'antiquité, c'est pas un truc super joyeux. Les morts ne sont plus que des ombres errantes, pathétiques sans mémoire et vide de toute vitalité ou d'émotion, autant dire que ce n'est pas super glamour et que ça ne fait pas super envie.
Cela dit, cela ne l'empêche pas de broder sur ce canevas, ses propres interprétations notamment sur les relations que le couple Hadès/Perséphone entretiennent en mettant surtout l'accent sur celle-ci puisque toute l'histoire repose sur la relation amoureuse qui se tisse entre elle et Alcestis. Au milieu de cette uniformité grise et désespérante qu'est l'au-delà, Alcestis tout en cherchant désespérément sa petite soeur décédée il y a de nombreuses années, et explorant les recoins de cet autre monde, vit une vraie passion amoureuse et vouée à se finir par une séparation douloureuse.
Un roman marquant qui aura réussi à émouvoir mon petit coeur en caramel tout mou, j'ai même versé ma petite larme d'émotion, les dernières lignes étant de toute beauté. J'ai aimé, que l'auteur ait préféré nous plonger dans l'intimité du personnage et raconter une histoire plutôt que de faire un cours de mythologie et de civilisation hellenistique. C'est une voix, un personnage humain qui s'exprime et non une vague figure antique sans état d'âme. Un récit qui continue à vous accompagner une fois la dernière ligne lue, c'est rare.
LES ECHOS