SOIXANTE-NEUF TIROIRS de Goran PETROVICEd du Rocher/305pTrad (serbe): Gojko Lukic et Gabriel Iaculli
Avant toute chose, je voudrais remercier Papillon pour avoir attirer mon attention sur ce livre. Merci donc, parce que je dois reconnaître que je ne lui aurai accordé aucun intérêt. En effet, ni le titre ni la couverture (du moins celle de l’édition Du Rocher) ne m'auraient attirée. Et pourtant cela aurait été une grave erreur de passer à côté de ce roman qui est vraiment envoûtant et fascinant dans l’idée qu’il développe. De quoi ça parle ? Et bien, de cette drôle de tribu que représentent les lecteurs.Et si l'on pouvait entrer directement dans le livre que l'on lit, rencontrer les lecteurs qui lisent en même temps que vous les mêmes pages ? Adam étudiant en lettres fait parti de ces privilégiés. Travaillant comme correcteur, il se voit proposer par un couple étrange de remanier un manuscrit d'un auteur inconnu. C'est alors, que dans les pages de ce livre, il croise une vieille dame excentrique et sa demoiselle de compagnie, un ancien agent de la police secrète, et d'autres lecteurs du manuscrit qui a la particularité de ne présenter aucune action et aucun personnage seulement des descriptions d'un lieu.Oh que voilà un roman que je ne peux que recommander aux fondus de lecture. D'abord, parce qu'il parle des livres et de cet état de plongée totale dans l'univers d'un auteur au point d'en oublier le reste. Sauf que là, l'idée est poussée jusqu'au bout, En soixante-neuf chapitres, nous pourrons faire connaissance avec Adam, la jeune fille qui apprend l'anglais, une vieille dame excentrique, une cuisinière un peu sourde, un ancien agent de la police secrète, un professeur, l'auteur du livre et son histoire, tous ces gens sont des lecteurs qui mènent une double vie, celle du quotidien et celle où ils partent dans ce monde parallèle qu'est la lecture. L'aspect fantastique n'est absolument pas outrancier, il coule de source et même les allergiques à ce genre devrait y trouver leur compte. Et puis j'ai été charmée par l'écriture qui a un je ne sais quoi qui vous accroche. Assurément, Goran Petrovic va faire parti des auteurs que j'ai envie de découvrir pour peu qu'il existe d'autres titres traduits de celui-ci.

C’est bien connu, il n’y a plus de saison. Les écoliers n’étaient pas encore en vacance que fleurissaient déjà cartables, et matériel scolaire dans les magasins. Même le Père Noël se plante de jour. La preuve ? J’ai trouvé un cadeau dans ma boite aux lettres : un petit paquet venu de Reims avec de quoi garnir ma bibliothèque (elle est déjà en état de saturation mais ce n’est pas grave, on va se débrouiller). Heureusement que je n'ai croisé aucun voisin dans l'entrée de l'immeuble parce qu'ils se seraient posés des questions sur ma santé mentale en me voyant sautiller d'allégresse en serrant mon petit paquet dans les bras avec un grand sourire de gamine de 4 ans le jour du 24 décembre. Dois je parler de ces gloussements qui accompagnaient cette démonstration de joie ? Non, tout compte fait ma dignité en prendrait un coup. Et tout ça pour dire un grand merci à ma maman noël rémoise. Merci, merci, Cuné d'avoir pensé à moi, et comme cela tombe bien, je me demandais ce que j’allais pouvoir lire pendant les jours de congés d’été de la bibliothèque.
LES ECHOS