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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 05:25
UN DESIR D’ORIENT – NOMADE J’ETAIS 
d’Edmonde CHARLES-ROUX
Ed Grasset/ 437 et 496 p
 
Nomade j’étais quand toute petite je regardais la route
Isabelle Eberhardt-Mes journaliers, 1902
 
J’ai découvert l’existence d’Isabelle Eberhardt, il y a de nombreuses années, avec cette biographie en deux volumes pendant des vacances d’été en montagne. Durant une semaine et plus, j’ai vécu avec passion la naissance, la jeunesse, la vie et la mort de cette femme hors du commun. La relecture s’est avérée aussi formidable que la première fois avec ceci en plus, que contrairement à ma première lecture où le personnage m’importait plus que son œuvre littéraire, lire les écrits d’Isabelle Eberhardt va devenir une priorité.
 
Un désir d’Orient (La jeunesse d’Isabelle Eberhardt)

un-d--sir-d-orient.jpg
 
Au départ, il y a une famille russe émigrée en suisse considérée comme suspecte par les autorités parce qu’ayant un mode de vie totalement excentrique et faisant l’objet d’une surveillance suspicieuse quotidienne. Il faut bien reconnaître que tous les membres de la famille dont est issue Isabelle mériteraient d’être chacun un personnage principal dans un roman. On pourrait écrire des dizaines d’histoires à partir de chacun d’eux. Et Isabelle remporte la palme. Née hors mariage, autodidacte, préférant s’habiller avec des tenues masculines, parlant plusieurs langues, entretenant une correspondance assidue avec des gens d’horizon divers, usant de pseudonymes par dizaine, masculin ou féminin, convertie à l’islam qu’elle pratique d’un point de vue masculin, d’une grande érudition, anti conformiste, fascinée par l’Orient et surtout l’Algérie, une personnalité des plus fascinante ! A croire que pendant toute sa jeunesse, elle ne s’est préparée que pour une seule chose : partir vivre là-bas et vivre de sa plume. Inutile de dire que lorsque ce rêve se réalise, cette jeune femme constamment soupçonnée et épiée par les autorités, va faire scandale parmi les colons français en Algérie. « La jeune fille russe dont le mode de vie, les amitiés, les habits masculins en avaient étonnés plus d’un sur les rives du Léman, étonna bien davantage les Français d’Algérie qui – à quelques rares exceptions près- l’observèrent avec défiance. Convenons qu’il y avait de quoi. Ses motivations, ses sujets de curiosité, tout dans son comportement était jugé répréhensible. Elle ne manifestait d’intérêt que pour le monde musulman dans son expression la plus populaire. A l’inverse des tendances de ses plus illustres devancières, Isabelle ne se laissait prendre au piège d’aucun des fantasmes dont l’Europe raffolait. Pas de description flatteuse. La lectrice passionnée de Loti se détournait de celui dont les écrits l’avaient initiée à l’Orient. Elle devenait son antithèse et ne racontait de l’Algérie rien de ce qui aurait pu plaire, rien non plus des mondes auxquels par privilège dû à son sexe, elle aurait pu avoir accès » (extrait)
 
Nomade j’étais (les années africaines d’Isabelle Eberhardt)

nomade-j---tais.jpg
 
Cette femme qui mourra d’une mort violente à vingt huit ans, a découvert le monde arabe en voyageant sous l’identité de Mahmoud, un taleb, un érudit itinérant désireux de mieux connaître l’islam. Sans argent, sans appui officiel, elle sort décidemment des sentiers battus. 
« Isabelle avait les yeux ailleurs. Son regard n’allait se poser ni sur l’Orient des richesses ni sur l’Orient des mirages, il n’allait qu’à l’Orient des réalités quotidiennes, aux faits et gestes des plus humbles, « ceux qui n’ont rien et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien ». Elle avançait hors des circuits protégés et des sites offerts à l’admiration des visiteurs de haut rang. A une époque où des femmes n’affrontèrent les risques des expéditions lointaines que sous forte escorte en emportant leur nourriture et leurs draps de lit, Isabelle ne voyagea qu’avec les vêtements qu’elle avait sur elle et un sac de livres. Ce fut en cet équipage qu’elle s’en alla par les pistes désertes dans le sillage des caravanes. Elle était différente jusque dans sa façon voyager » (extrait). Rien que la lecture de son premier voyage dans le désert a de quoi vous transporter ailleurs et d’être admiratif devant cette singulière voyageuse, fascinée par le désert et les gens qu’elle rencontre. « Si elle ne ressembla à personne c’est que personne – du moins aucune femme avant ni après elle – ne tenta pareille aventure et qu’aucun homme ne connut les Arabes et le désert comme elle qui vécut avec eux. Elle vécut expatriée, dérangeante et partageant tout avec eux. Aucune des pionnières de l’exploration ne peut lui être comparée. Elle ne fut ni une riche exploratrice comme Alexine Tinné au tragique destin, ni la puissante épouse d’un grand chef religieux comme Aurélie Picard la « maraboute » des sables. Elle n’eut pas pour époux un chef de guerre et ne régna pas sur ses tribus comme Jane Digby el Mezrab. » (extrait) Elle ne fait décidément rien comme les autres choque et dérange, elle tombe amoureuse d’un spahi et veut l’épouser, impensable ! « Elle revendiqua seulement la liberté de se convertir à l’Islam, d’aimer un peuple et un pays qui n’était pas le sien- l’Algérie- d’y vivre fièrement en déracinée, tout en cherchant une intégration à première vue interdite. Mais cette liberté là en entraînait d’autres, beaucoup d’autres et celle-ci en particulier ; la liberté de prendre ses distances avec la société coloniale. Elle fut jugée d’une « irrégularité outrageante ». (extrait) Totalement indifférente au qu’en dira t-on ! Elle vivra son rêve d’orient jusqu’au bout, et comble d’ironie, elle qui aimait le désert, sera tuée lors d’une crue violente et soudaine, noyée ! Une vie courte, brève, mais d’une intensité rare et qui force l’admiration posthume. Avant gardiste dans sa pensée, son mode de vie, sa conception des rapports homme/femme, Isabelle Eberhardt a vécu hors des entraves faites à la condition féminine de son époque, en totale liberté avec ses convictions. « Car c’était cela aussi, la liberté, Isabelle, c’était braver l’opinion et en subir les conséquences, c’était aller jusqu’au bout de soi-même en provoquant haines et suspicions, c’était aimer le désert à en mourir… » (extrait)

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commentaires

Chimère 29/08/2007 22:29

Stephanie, je vais monter une boutique spécial anniversaireSylire, la relecture je suis super tentée d'en faire ma thématique cette année.Gachucha, c'est bien de réveiller la mémoire.Lamousmé : je ris moi ? Non, je compatis tout en ricanant en coin. Non, non, je ne ris pas...

lamousme 29/08/2007 19:37

sur ma PAlL!!! (la première qui rigole....;o)  )

Gachucha 29/08/2007 11:41

Ces titres m'avaient fait envie il y a quelques années, je les avais un peu oubliés, mais à lire ton article ils redeviennent tentants

sylire 29/08/2007 08:44

C'est très tenant ! C'est bien l'idée des relectures mais c'est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à faire ! ou alors des extraits.

Stephanie 29/08/2007 08:20

je crois que je viens de trouver le cadeau d'anniversaire d'une amie :)