Tous les gouvernements sont affligés d'un grave problème chronique : Le pouvoir exerce une grande attraction sur les natures pathologiques. Ce n'est pas tant que le pouvoir corrompt, mais il fascine les sujets corruptibles. Ces gens ont tendance à s'enivrer de violence, ce qui créé rapidement les conditions d'une accoutumance fâcheuse.
Missionnaria Protectiva
Texte QIV (dicto)
La maison des mères (page 92)
Et un autre bien rigolo apparemment

Je le veux ! Je le veux ! Je le veux !
Ils sont huit, huit personnages ayant en commun, un le Café Zambèse où ils se croisent et deux le fait qu'il se passe des choses étranges dans leurs vies. Un homme se met en lévitation, un autre est atteint du syndrome de la tortue et vit au ralenti, une manipulatrice radio découvre gravés sur la colonne vertébrale de certains de ses patients des numéros de série, une vendeuse en parfumerie a un visage qui se fissure comme celui des poupées de porcelaine, etc... tous vivent un moment charnière dans leur existence qui ne sera plus jamais la même. Mon préféré reste quand même Le détecteur de faute, un homme atteint de troubles obsessionnels compulsifs à un degré effarant et dont les chapitres sont les plus ahurissants et délirants du livre. Ce pauvre homme ne peut s'empêcher de chercher des erreurs, des fautes dans tout ce qui l'entoure. Un jour, je vous mettrai en extrait, ce fabuleux paragraphe où l'on découvre un détecteur de fautes lecteur compulsif, terreur de son libraire, puisque son seul but en achetant des livres c'est de les disséquer pour trouver des fautes, coquilles, erreurs et contresens juste pour pouvoir les signaler au libraire. Un personnage aussi fou a toute ma sympathie et ma compassion. Bref, vous l'avez compris, j'ai adoré ce petit roman, chaque chapitre montre un petit moment dans le dérèglement de la vie de chacun et chaque moment les rapproche l'un de l'autre vers un unique point de convergence : le café Zambèze où le roman s'achève en apothéose surréaliste et délirante. Je vous laisse quand même un extrait d'un chapitre sur Le détecteur de faute juste pour vous montrer le côté maniaque du personnage :
C'était un homme grand et mince, aux mouvements rapides, brefs, saccadés d'écureuil, constamment à l'affût des dangers. Il n'épiait pourtant pas des aigles ou autres prédateurs. De son appartement du premier étage d'où l'on avait une vue dégagée sur un arrêt d'autobus, il contrôlait scrupuleusement les heures d'arrivée et de départ des autobus. S'il constatait des inexactitudes d'environ une minute, il appelait la compagnie des autobus pour faire une réclamation. Là-bas, à la longue, ils le connaissaient bien. (extrait)
LES ECHOS