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  • : A Livre Ouvert...
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 02:25
LE PARTAGE DES EAUX d'Alejo CARPENTIER
Ed Folio/371p
Trad (espagnol) : René L.F Durand

Le-partage-des-eaux.jpg


« ...C'est quelque chose qui se place bien au delà du langage et qui cependant est très loin du chant. Quelque chose qui ignore la vocalise mais est déjà plus que le mot. Ces cris sur un cadavre entouré de chiens muets deviennent vite horribles et effrayants. Le Sorcier le prend à partie maintenant, vocifère, frappe le sol de ses talons, dans une crise déchirante de fureur imprécatoire qui est déjà, la vérité profonde de toute tragédie, tentative primordiale de lutte contre les puissances de destruction qui se mettent en travers du calcul des hommes. J'essaye de rester en dehors, de garder les distances. Mais je ne puis me soustraire à l'horrible fascination que cette cérémonie exerce sur moi...Devant l'obstination de la Mort qui se refuse de lâcher sa proie, la Parole mollit, se décourage. Dans la bouche du Sorcier, du rebouteur orphique, le Thrène – car c'est un thrène que j'entends- râle et s'affaisse convulsivement et me laisse ébloui sous le coup d'une révélation : je viens d'assister à la Naissance de la Musique » (extrait)


Le narrateur à quitter New York pour l'Amérique du Sud avec pour mission de trouver des instruments de musique primitifs à rapporter. Son mariage avec une actrice bât de l'aile, il part avec une maîtresse qu'il n'aime pas plus que ça et dès son arrivée au Venezuela, il entre dans un autre monde, un monde où il croise Rosario, le grec Yannes qui a quitté son pays avec pour seul bagage L'odyssée d'Homère, L'adelantado, tous naviguent sur le fleuve pour rejoindre une cité qui vient de naître sous l'impulsion d'Adelantado. La première lecture de ce livre m'avait laissé l'impression d'entrer dans un autre monde, un monde où les mots deviennent sons, parfums, couleurs, où le lecteur lui aussi fait partie du voyage. La relecture m'a paru au tout début décevante mais dès que le narrateur quitte le monde moderne et New York pour un territoire de jungles peuplées de gens hors normes, la magie de ce roman a immédiatement opérée sans le moindre problème. J'ai refais le voyage et vécu avec tous ces personnages. On ressent tout le climat, la lenteur de la navigation fluviale, la violence des éléments, les paysages extraordinaires, des épisodes si étranges que vous avez l'impression d'entrer dans une autre dimension, même le temps ne se compte plus de la même manière. C'est aussi un roman sur la perte irrévocable du paradis, par orgueil et vanité, et plus jamais , le narrateur personnage principal ne retrouvera le passage qui lui permettrait de revenir vers cette cité de l'Adelantado.

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commentaires

Chimère 01/04/2008 13:01

Ah Merci Marie, je ne connais pas du tout je le note quelque part...Moustafette, l'enthousiasme c'est contagieux.

Marie 01/04/2008 09:54

On est loin du réalisme magique mais je recommande "Kamchatka" de Marcelo Figueras et "Et toujours en été" de Maïté Bernard sur l'Argentine des années 70, celle de la dictature de Videla.  Ce sont deux romans courts qui réussissent à faire preuve d'humour et de tendresse et d'amour de la vie sur une période pourtant cauchemardesque.Marie.

Moustafette 22/03/2008 21:23

Lu il y a une éternité, j'en garde un souvenir enthousisate comme dirait Yueyin !

Chimère 20/03/2008 22:29

Karine, il est rare de partir en voyage rien qu'en ouvrant un livre.
Jean Marc, Gachucha, la littérature latino américaine m'a donné mes premiers grands coups de coeur.
Yueyin,ton enthouasiasme fait plaisir.
 

yueyin 20/03/2008 10:54

voilà qui est extrèmement tentant, jene connais pas du tout cet auteur que je note avec enthousiasme (comme toujours euh souvent disons ! :-)))