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  • : A Livre Ouvert...
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  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 07:20
MIDDLESEX de Jeffrey EUGENIDES
Ed Point Seuil/667p
Trad : Marc Cholodenko
 
  
 Cal Stephanides, la quarantaine vit en Allemagne où il travaille au Département d’Etat américain. Il fut un temps où Cal s’est appelé Calliope Helen Stephanides et c’est son histoire ou plutôt l’histoire de sa famille qu’il raconte depuis le tragique massacre de Smyrne qui a poussé un couple grec les Stephanides a émigré en Amérique. Ce sont ses grands-parents, ils sont aussi frère et sœur.
 
J’ai eu deux naissances. D’abord comme petite fille à Detroit par une journée exceptionnellement claire du mois de janvier 1960, puis comme adolescent au service des urgences d’un hôpital proche de Petoskey Michigan, en août 1974. Il est possible que certains lecteurs aient eu connaissance de mon cas en lisant l’article publié en 1975 par le Dr Peter Luce dans Le Journal d’Endocrinologie infantile sous le titre «  L’identité de genre chez les pseudohermaphrodites masculins par déficit en 5-alpha-réductase de type 2 ». Ou peut-être avez-vous vu ma photographie au chapitre seize de Génétique et Hérédité, un ouvrage aujourd’hui malheureusement bien dépassé. C’est moi à la page 578 nu, en pied, à côté d’une toise, les yeux masqués par un rectangle noir. Sur mon certificat de naissance je porte le nom de Calliope Helen Stephanides. Sur mon permis de conduire le plus récent (établi en République fédérale d’Allemagne) je me prénomme simplement Cal. Je suis un ancien gardien de but de hockey sur gazon, membre de longue date de la Fondation pour la préservation du mainate, Grec orthodoxe peu pratiquant, employé au Département d’Etat américain quasiment depuis que je suis adulte. Comme Tiresias j’ai d’abord été l’un puis l’autre. J’ai été la risée de mes camarades, le cobaye des médecins, l’objet des palpations des spécialistes et des recherches des chercheurs. Une rousse originaire de Grosse Pointe est tombée amoureuse de moi ignorant ce que j’étais (je ne déplaisais pas non plus à son frère). Un tank m’a mené au cœur d’une bataille de rues ; une piscine m’a transformé en nymphe. J’ai quitté mon corps pour en occuper d’autres et tout cela avant d’avoir eu seize ans.(première page)
 
Ce livre est une relecture pour moi mais dès les premières lignes j’ai retrouvé le plaisir que j’ai eu la première fois où j’ai su à la lecture de cette première page que j’étais tombé sur un vrai beau grand roman. J’ai été très vite happée par l’histoire de cette famille peu commune, de ces générations précédentes qui ont abouti à l’arrivée de ce double personnage Calliope/Cal. C’est l’histoire d’une famille d’émigrants grecs, c’est l’histoire de Detroit depuis les années vingt, c’est celle de la découverte progressive de sa double nature par Calliope/Cal. Eugenides a quand même le truc pour servir des histoires qui ne ressemblent à aucune autre et en traitant son thème sous un angle très personnel et particulier. Il aurait pu raconter l’histoire récente de Detroit à travers une famille d’émigrants grecs ce qui aurait été probablement aussi intéressant. Et bien non, il préfère le faire en y introduisant une mutation génétique sur une paire chromosomique et la consanguinité qui mènera à l’apparition de son héros narrateur. Je retiens surtout de ce livre, un talentueux art de la narration. Les trente premières lignes représentent le summum dans l'art de résumer une histoire sans rien dévoiler. Pas de temps mort, l'auteur captive le lecteur durant la totalité de ce gros roman. Il transforme une intrigue qui pourrait facilement sombrer dans le grotesque et l'invraisemblable en un formidable récit qui emprunte à la fois, à la saga familiale, la chronique sociale, le drame, la comédie et à la mythologie. Le charme vient également des personnages tous très bien construits, auxquels on peut s'identifier et que l'on finit par connaître comme s'ils faisaient partie de notre famille ou de notre cercle de relations. Il réussit à nous mettre en empathie avec Calliope/Cal ce qui est loin d'être évident étant donné sa nature particulière.
Ce livre est vraiment un coup de coeur. Pour conclure, Middlesex, c'est du 100 % satisfaction garantie. Foncez vous n'allez pas le regretter.
L'avis de Cuné
L'avis de Lisa
L'avis de Camille

 
Prochaine lecture commune
Le 12 janvier L’objet de mon affection de Stephen MacCauley.
Le 12 février Les chemins de la bête d'Andréa H. Japp

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commentaires

ChimÚre 15/12/2006 18:58

Cuné ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde : Lis Robertson Davies !!!! :)
JoAnn mais tu ne l'as pas encore lu !
Pour une fois que les critiques sont unanimes pour un livre, je pense que vous pouvez y aller sans risque. Mais bon, dans le lot, y en a bien un qui ne va pas aimer histoire de faire l'intéressant. :D

yueyin 13/12/2006 14:41

J'ai déjà lu le billet de cuné, ensuite je tombe sur le tien, n'en jetez plus, je suis faite, j'ai horriblement envie de le lire et je regarde ma pile de travers - il va falloir que je consacre sérieusement du temps à mes lectures au leieu de trainer sur les blogs pour en noter de nouvelle !!!!

Jo Ann v. 13/12/2006 10:04

Ça donne envie!!!

InColdBlog 13/12/2006 09:01

Je garde également un très bon souvenir de cette fresque familiale haute en couleur... que j'avais lue d'une traite au bord de la mer rouge ;o)) (le frimeur !!). Si j'avais eu le temps de m'y mettre, j'aurais participé à cette lecture commune, rien que pour profiter de l'occasion de m'y replonger... (dans le livre, pas la mer rouge !)Les retours que j'ai eu depuis sur son précédent roman "Virgin Suicides" sont également élogieux.

Florinette 12/12/2006 18:09

Oh la la !!! que de critiques élogieuses, impossible d'y résister.. ;-)