Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
  • Contact

Archives

5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:56
VOLVO TRUCKS d'Erlend LOE
Ed Gaïa
Pages : 251
Trad (norvégien) : Jean BaptisteCoursaud
Format : Grand format
Coll: Taille unique
Genre : littérature norvégienne


Doppler qui continue son périple avec l'élan Bongo et son fils Gregus, arrive sans s'en apercevoir en Suède, sur la propriété de Maj Britt. Maj Britt, une veille dame de quatre vingt douze ans, a été condamnée par la justice à être interdite de détention de perruches et à une lourde amende pour avoir mutilé sans le savoir ses précieuses bestioles. Maj Britt a la haine. Elle souffre de douleurs articulaires si aiguës qu'elle se soigne avec des herbes que l'on fume et qui rend joyeux mais qui sont illégales. Maj Britt a découvert internet et déverse sur son site toutes les aberrations gouvernementales ou locale ou mondiale dont elle a connaissance. Maj Britt a enrolé Doppler dans sa croisade contre son voisin, un excentrique lui aussi dans son genre, l'aristocratique Von Borring. Entre ces deux là, Doppler n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs.

 


Erlend Loe a décidément un humour que j'approuve à cent pour cent. Et en plus j'adore les grands mères indignes façon Maj Britt. Donc forcément j'ai aimé ce livre sauf que je reconnais que la seconde moitié du bouquin est un peu faiblarde par rapport à la première moitié, plus dynamique, et plus drôle aussi. L'autre bon côté du récit, c'est l'intervention constante de l'auteur qui commente les personnages et leurs caractères ainsi que ses partis pris d'écriture. Je sais que certains n'aiment pas trop quand l'auteur rappelle à ses lecteurs que ce qu'il lit n'est qu'une fiction, mais quand c'est bien fait et surtout quand les interventions sont souvent humoristiques comme c'est le cas ici, et bien j'aime bien cette manière là. Voilà, encore un auteur qui mérite que l'on note sur son carnet tous les titres qui restent à découvrir de lui.

 


Maj Britt privée de perruches est à l'inverse une femme furieuse. Elle peste sur le plan local mais aussi sur le plan global. Elle est en colère contre le système judiciaire suédois. Elle méprise ou peu s'en faut, l'Etat tout aussi suédois. Elle souhaite que les dix plaies d'Egypte s'abattent sur la Skandinaviska Enkilda Banken. Elle voue Volvo Trucks aux gémonies depuis que Birger n'a jamais obtenu la reconnaissance qu'il méritait pour sa précieuse contribution dans le développement des poids lourds. Et chaque soir elle prie Dieu pour que l'homme de l'oisellerie de Karlstad, qui refuse en bloc, lorsqu'elle tente le coup, de lui céder la moindre minuscule perruche glisse dans l'escalier menant à la boutique et se prenne l'extrémité de la poignée de porte dans les sinus ou à tout le moins dans le gosier. Soit dit en passant, elle est aussi en colère contre Dieu. Mais elle tire pas un trait définitif contre lui. Elle lui laisse sa porte très légèrement entrebaillée. Elle n'a personne à qui parler, alors...(extrait)

 


Partager cet article
Repost0
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 07:12
BLOOD ENGINES de T.A PRATT
Ed Bantam Books
Pages : 338
Format : poche
V.O :anglais
Genre : fantasy urbaine

Challenge ABC 2009 : Lettre P

 


Marla Mason est la sorcière en chef de la ville de Felport sur la côte Est, ville qu'elle protège. Sa rivale de toujours Susan s'apprête à lancer un sort particulièrement puissant pour l'éliminer et prendre sa place. Son seul moyen de l'arrêter est un artefact magique caché à San Francisco. C'est ainsi que Marla et son comparse Rondeau arrivent dans la ville au moment où les sorciers les plus puisssants de la cité se font tuer un par un par un confrère indélicat et surtout légèrement timbré. Se retrouvant au milieu de tout ce chaos, Marla va être obligé d'y remettre un peu d'ordre si elle veut pouvoir mettre la main sur l'objet dont elle a besoin.

 


Encore une lecture pour le challenge ABC, un premier titre d'une série de fantasy urbaine de T.A Pratt et encore une lecture en anglais. Lecture qui s'est révélée plus facile que la première, ce qui est bien agréable quand on a un niveau plutôt moyen dans cette langue. La difficulté de lecture est donc très minime.


En tout cas ça commence très fort avec la sorcière Marla et Rondeau son bras droit qui errent dans chinatown à la recherche d'un poulet ou d'un chat à éviscérer pour localiser par lecture dans les entrailles un ami sorcier qui pourrait les rencarder sur la fameuse pierre dont elle a besoin. Aucun animal n'aura été sacrifié (que les défenseurs de nos amis les bêtes se rassurent, les animaux dans ce roman seraient même plus dangereux que les humains quand on y réfléchit) car l'ami en question, un sorcier chinois a été retrouvé mort apparemment tué par des grenouilles venimeuses.


Qui l'a assassiné ? Un sorcier un rien dérangé et psychopathe qui se sert de grenouilles tueuses pour parvenir à ses fins, à savoir réveiller un ancien dieu aztèque en lui offrant des coeurs des sorciers les plus puissants de San Francisco. Tiens, deuxième lecture v.o et comme dans la première y a un dieu aztèque dedans. Bon ce n'est pas le même mais le nom est tout aussi imprononçable.Par contre, niveau dieu, on ne s'arrête pas là puisque on y croise un ancien dieu serpent chinois également.


Et puis entre deux pluies de grenouilles venimeuses, on rencontre Bowman alias B. un acteur ancienne star d'Hollywood qui a tendance à faire des rêves qui se réalisent (et ce sont souvent des trucs pas sympas du tout qu'il voit arriver) et qui voit des fantômes,ou des esprits, Finch un sorcier,  pornomancien qui tire son pouvoir de l'énergie sexuelle (d'où un chapitre délirant sur les orgies qu'il organise régulièrement chez lui afin de recharger sa magie et aussi la révélation d'une pratique sexuelle franchement peu commune), une autre adepte du cannibalisme, un sorcier totalement branché sur les nouvelles technologie informatiques, et plein d'autres trucs bien délirants.


Du coup, je ne me suis pas ennuyée une seconde, vu que de l'action, il y en a quasiment à tous les chapitres. J'ai regretté pendant un moment que l'on perde de vue la rivale et son plan diabolique pour éliminer Marla mais finalement, l'idée de résoudre le conflit par autre chose q'un duel à mort n'est pas si mauvaise.


Marla est une adepte du pourquoi gaspiller de la magie quand on peut résoudre le problème à grand coup de pieds dans les parties (je schématise un peu mais c'est l'idée qui en ressort à la lecture,) cela dit, quand il s'agit de magie, l'auteur y va franchement et c'est un régal de découvrir l'univers dans lequel évolue les personnages, celui du monde souterrain de l'occulte avec toute sa faune très originale.


Ca donne envie de découvrir Marla dans son univers familier, dans sa ville et sa fonction de protectrice de Felport, ce qui sera possible dans le second tome qui s'annonce tout aussi frappé que le premier au vu des extraits lus en fin du livre. Maintenant, est ce que j'attends une possible traduction (il est fort possible effectivement que cette série soit publiée en français) ou bien je continue la lecture en V.O ? Grave question.


Une série de fantasy urbaine avec de la magie dedans, des grenouilles tueuses, des sorciers, des dieux, et beaucoup d'humour (certaines répliques de Rondeau valent le détour).

 


Partager cet article
Repost0
21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 04:35
LE CHAT QUI VENAIT DU CIEL de HIRAIDE Takahashi
Ed Philippe Picquier
Pages : 109
Trad (japon) : Elisabeth Suetsugu
Genre : littérature japonaise

Alors j'ai ouvert la fenêtre, j''ai fais entrer le visiteur que l'aube de l'hiver m'avait amené et d'un seul coup tout est revenu à la vie. Ce fût notre premier hôte du jour de l'an. C'est ainsi qu'on nomme celui qui va de maison en maison pour présenter ses voeux. Curieusement ce visiteur était entré par la fenêtre et n'avait pas prononcé les formules d'usage, mais avec ses deux pattes soigneusement posées l'une à côté de l'autre c'était comme s'il savait la manière de saluer. (extrait)

 


Il était une fois un chat dans un jardin. C'est ainsi que commence les relations du narrateur et de son épouse qui ont emménagé dans un pavillon indépendant d'une ancienne maison possédant un immense jardin avec ce félin au charme particulier. Les amoureux des chats, des jardins, de l'évocation des saisons, devraient trouver beaucoup de bonheur à lire ce petit récit largement autobiographique. On se laisse charmer par la grâce particulière des habitudes de ce drôle de chat qui ne miaule jamais et qui aime jouer à la balle. Une belle écriture toute en douceur pour vous faire ronronner d'aise.

 


Partager cet article
Repost0
20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 07:00
1- KABIR d'Henry Lion OLDIE
Ed Keruss
Pages : 201
Trad (russe) : Pavel Zakharov
Genre : fantasy
ISBN : 9-782923-615028

Il y a un état de Combat et il y a un état de Conversation. Il y a un ennemi et il y a un interlocuteur. La rage du combat et la joie de la création. Une flamme déchainée et le miroir des eaux imperturbables. Et lorsque nous créons la Danse de l'Epée nous buvons la fureur d'autrui et la colère de ce monde, mais nous les faisons fondre dans nous-mêmes comme on fond le minerai dans un creuset. (extrait)

 


Henry Lion Oldie est le pseudonyme de deux auteurs russes qui écrivent dans le genre fantastique ou fantasy et qui sont traduits et édités dans une maison d'édition québécoise spécialisée dans la littérature russe contemporaine. De la fantasy russe en français c'est rare, et comme j'ai pas mal salivé en lisant les avis du blog russkayafantastika, qui parle de science fiction et fantastique russe et bien j'ai sauté sur l'occasion pour savoir si c'était aussi bien que cela en avait l'air. Kabir est donc le premier tome d'une trilogie La voie de l'épée et je pense que je ne vais pas me faire prier pour lire la suite et aussi l'autre roman traduit toujours chez le même éditeur qui n'a pas l'air mal du tout dans son genre.

 


Donc l'histoire (cela va être un peu compliqué alors un peu de concentration je vous prie):

 


Dans un monde plutôt oriental, les humains ont amené l'art de l'escrime à un si haut niveau que les combats appelés Discussions ne se termine jamais par la mort des adversaires ou même la moindre égratignure. La notion de violence, de meurtre ou de guerre a totalement disparu des mentalités et des moeurs. Ce qu'ignore cette civilisation c'est que les armes blanches, les épées, lances, couteaux, hallebardes et autres sont en réalité dotées d'une âme. Elles se nomment les Etincelants et ont développé une civilisation et un mode de vie bien personnel. Pour pouvoir agir dans le monde, elles manipulent les humains qu'elles appellent des Suppléments sans avoir conscience d'avoir affaire à des êtres pensants. Les Etincelants eux aussi ne connaissent plus la notion de combat entraînant la mort et vivent en parfaite harmonie entre eux et leurs Suppléments. Chacune de ces deux civilisations vivent en parallèle sans avoir conscience de l'autre. Dan Guien une épée surnommé Licorne a comme Supplément un dénommé Chen Ankor, et vit à Kabir où l'impensable s'est produit : un meurtre. Des rumeurs faisant état de plusieurs morts par armes blanches parviennent de tous les coins de l'empire. C'est alors que lors d'un tournoi, Chen Ankor a la main droite tranchée par un adversaire. Grâce à l'habileté d'un forgeron, il se voit muni d'une main en fer qui au contact de son épée lui permet d'entrer en contact avec elle. Pour la première fois les deux civilisations se perçoivent l'une et l'autre.

 


Un premier tome qui sert d'exposition pour la suite des évènements avec la présentation des Etincelants, des Suppléments et de l'enjeu de taille qu'est la survie des deux civilisations face aux hordes barbares venues d'une énigmatique Shoulma qui va bientôt s'abattre sur la pacifique Kabir à moins que l'art de tuer ne soit à nouveau découvert.


Par le jeu alterné des narrations d'abord celle de Dan Guien l'épée puis Chen Ankor et enfin la fusion mentale entre les deux êtres, le récit permet de bien faire comprendre ce que sont les Etincelants, les Suppléments, ce que représente ce lieu mystérieux appelé Shoulma. Au fur et à mesure, chaque personnage devient plus intéressants à suivre. L'évolution des rapports entre Licorne et Chen apparaît également dans cette alternance, puisque plus ils sont en fusion, plus ils deviennent indissociables jusqu'à n'être plus qu'une seule et unique entité qui s'exprime différemment des deux individus qui la compose.


Une belle pépite cette histoire et j'espère que la suite est à la hauteur de ce début très accrocheur. Le cadre change des traditionnels mondes médiévaux fantastiques européens puisque les influences ici ont plus à voir avec le moyen orient, la chine, la civilisation mongole, le japon, etc et c'est un changement qui évite la lassitude que l'on pourrait avoir sur le fond de l'histoire (sauver le monde face aux méchants barbares sanguinaires en gros) pas forcément originale si l'on y réfléchit bien. Ce qui l'est plus c'est  la façon dont le récit est fait et  le côté limite schizophrène du personnage principal Chen/Dan Guien.


Bonne idée également d'avoir mis en fin de volume la liste avec des croquis des armes rencontrées dans le roman histoire que l'on se fasse une idée de ce à quoi ressemble chaque Etincelant protagoniste ainsi qu'un petit lexique.

 


Partager cet article
Repost0
19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 06:04
LA MAÎTRESSE DE LA MORT de Boris AKOUNINE
Ed 10/18
Pages :346
Trad (russe) : Paul Lequesne
Coll : Grands détectives
Genre : polar historique
ISBN : 978-2-264-04630-7

En 1900 à Moscou, une vague de suicides met la population en émoi. Une étrange confrérie « Les amants de la mort » organise le suicide de leurs adeptes suivant un rituel étrange. Eraste Fandorine de retour à Moscou s'intéresse à l'affaire.

 


Les lecteurs qui ne connaissent pas le personnage du détective Eraste Petrovitch Fandorine risque de ne pas comprendre réellement qui est cet homme étrange qui se fait appeler Gengi et qui a infiltré le cercle très fermé d'adorateurs de la mort, mais le récit est parfaitement compréhensible sans connaître la biographie complète du détective heureusement. Il est habituel dans les aventures d'Eraste que l'histoire soit souvent racontée du point de vue d'un autre personnage que le célèbre détective aux cheveux prématurément blanchis aux tempes et affligé d'un léger bégaiement. Ici, ce sont trois points de vues qui racontent : des articles de journaux, des lettres d'un énigmatique informateur à destination d'un haut fonctionnaire d'état et le journal intime de « Colombine » une jeune fille fraichement débarquée à Moscou et devenue membre des « amants de la mort ». Des suicides qui n'en sont peut-être pas, du suspens, un peu d'humour, des déguisements, des personnages un rien excentriques, c'est encore un bon mélange cette fois-ci. Fandorine entre dans le vingtième siècle avec brio.

 


L'AMANT DE LA MORT de Boris AKOUNINE
Ed 10/18
Pages :441
Trad (russe) :Paul Lequesne
Coll : Grands détectives
Genre : polar historique
ISBN : 978-2-264-04631-4

 


En 1900 à Moscou, la découverte macabre d'une famille assassinée et dont chaque victime a eu les yeux crevés est le début d'une vague d'assassinat, de luttes de pouvoir clandestines entre deux bandes criminelles rivales. Chaque protagoniste impliqué semble lié à une très belle femme surnommée La Mort. Eraste Fandorine de retour à Moscou va mener l'enquête avec l'aide de Senka un jeune voyou du quartier.

 


Le récit est raconté du point de vue de Senka, gamin des rues, un peu voleur, très rapide quand il s'agit de fuir les ennuis. Ce Senka subitement devenu riche se rend compte que pour profiter de sa fortune, il lui faut acquérir une bonne éducation et il va donc croiser la route d'un énigmatique personnage bégayant aux cheveux blancs sur les tempes et de son valet un japonais du nom de Massa. Fandorine décide de prendre sous son aile le jeune homme tout en sachant qu'il est l'une des clefs pour résoudre son enquête. Enquête qu'il mène de façon privée car il est en délicatesse avec les autorités russes. J'ai une préférence pour ce récit là car le personnage féminin appelée « La Mort » est suffisamment captivant et l'intrigue suffisamment bien emmêlée pour qu'on prenne beaucoup de plaisir à suivre le déroulement des évènements et à être surpris par la fin.

 


Ces deux tomes La maîtresse de la mort et L'amant de la mort aux titres similaires sont liés l'un à l'autre. Il s'agit d'une expérience littéraire de roman-miroirs : deux histoires, deux enquêtes totalement différentes mais dans chacune d'entre elle, on y trouve des éléments de l'autre. Les deux peuvent se lire dans l'ordre de préférence que l'on souhaite, cela n'a aucune importance. C'est plutôt bien fait dans la mesure où on lit les deux histoires à la suite sans mettre trop de temps entre les deux lectures pour garder en tête les évènements du premier roman.

 


 




Si vous ne connaissez pas la série concernant Eraste Fandorine c'est par ici

 


Pour en savoir plus sur Soeur Pélagie l'autre détective de Boris Akounine c'est par

Partager cet article
Repost0
2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 06:10
LADY ORACLE de Margaret ATWOOD
Ed L'ETINCELLE
Pages : 441
Trad : Marlyse Piccand
Genre : littérature canadienne


Joan a eu des vies différentes et multiples. En apparence, c'est une femme au foyer et auteur d'un livre à succès Lady oracle. Mais sous le pseudonyme de Louise K. Delacourt, elle comble des milliers de lectrices avec des romans à l'eau de rose sur fond historique, ce que tout le monde ignore dans son entourage. Elle entretient une liaison adultère avec un artiste d'avant garde et a connu bien d'autres métamorphoses. Alors vous pensez bien qu'organiser sa mort pour se sortir de toutes ces situations n'est qu'un jeu d'enfant, elle a même décidé de faire simple pour compenser la complexité de ses vies qu'elle ne veut plus assumer mais pourra t-elle réellement tirer un trait sur le passé ?



Quel incroyable personnage cette Joan qui raconte comment elle en est arrivé à se faire passer pour morte. C'est d'ailleurs elle qui se charge de la narration de ses existences, de son enfance pas très heureuse, de sa tante Lou femme à l'esprit plus libre que sa mère, de sa vie à Londre avec un comte polonais, de son travail d'auteur qu'elle doit cacher à son mari, du succès mal vécu de Lady oracle son seul roman qui n'entre pas dans le cadre de la bluette sentimentale, bref de toutes ses facettes parfois en totale opposition avec l'opinion que se d'elle son entourage. Incapable de s'assumer, elle préfère mentir et s'inventer d'autres expériences, ou vivre d'autres vies parallèles. Mais quel talent dans cet art là. J'ai adoré ce récit qu'il est difficile de lâcher une fois dedans. Margaret Atwood y a même introduit des morceaux de la prose de son personnage qui est en pleine construction d'une énième romance : Traquée par l'amour, avec une énième pure jeune fille pauvre maltraitée par une rivale jalouse, menacée de mort, et bien entendu défendant sa vertu contre les assauts du beau brun ténébreux de service. Donc à la limite, on suit également une autre intrigue dans cet enchevêtrement d'existences qui est peut-être une mise en abîme de l'inconscient de la narratrice (le fait que la rivale soit une créature de rêve à, la chevelure rousse et aux yeux verts comme elle est peut-être un indice). N'hésitez pas à suivre les aventures de cette femme hors du commun, il est probable que vous allez beaucoup aimer la promenade.



Partager cet article
Repost0
31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 09:49
JANE AUSTEN A SCARGRAVE MANOR de Stephanie BARRON
Ed : Les éditions du Masque
Coll : Labyrinthe
Trad : Corinne Bourbeillon
Pages : 446
ISBN : 2-7024-9561-3


Lorsqu'une jeune dame du monde désargentée a le bon sens de répondre favorablement à l'affection qu'elle inspire à un aristocrate d'âge avancé, veuf et pourvu en outre d'une belle situation financière, l'on observe en général que l'union est fort intelligemment assortie pour les deux parties. La dame accède à u rang qui suscite tant la jalousie que les félicitations de ses amies tandis que le gentleman se voit offrir pour ses vieux jours les présents de la jeunesse, de la joie de vivre et de la beauté (extrait)

 


Jane Austen se voit invitée par son amie Isobel fraichement marié au vieux comte Lord Scargrave à séjourner quelques temps dans la maison familiale Scargrave Manor. Or au cours d'un bal pour fêter le récent mariage, l'époux est pris de malaise et décède dans la nuit. Sa mort semble cependant suspecte. Très vite Isobel et Fitzroy Payne neveu et héritier du défunt se retrouvent accusés d'avoir assassiner le comte pour pouvoir officialiser leur amour et jouir de la fortune et du titre du mort.

 


Voici donc la première enquête de Jane Austen qui s'annonce des plus périlleuses. Si au départ, l'ambiance à Scargrave Manor semble des plus normales compte tenu des circonstances, très vite, elle a tendance à s'envenimer et à devenir étouffante. Jane relate donc dans son journal les événements, les portraits des gens vivant dans la maison et tous susceptibles d'avoir de sérieux mobiles pour le meurtre et faire accuser Isobel et le nouveau comte. Car, rien de tel que les histoires de famille pleines de rancoeurs, litiges financiers, et autres joyeusetés dans le genre noeud de vipères pour vous faire apprécier une intrigue des plus savoureuses. Une histoire aux racines des plus sordides certes mais qui vous accroche et vous fait tourner les pages pour savoir qui est l'infâme meurtrier, le tout dans un style qui n'est pas sans rappeler celui de l'auteur (la vraie Jane). Les petites notes de bas de page indiquant qu'il manque là une page dans le journal, ou que Fitzroy a servi de modèle pour Darcy, vous donnent un petit air véridique des plus agréables et les indications sur certaines spécificités de l'époque sont appréciables. L'idée de base de faire de Jane Austen une femme qui résout des énigmes criminelles est bien exploitée.

 


 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 17:39
LE JOUR OU LE TEMPS S'EST ARRÊTE de Göran SAHLBERG
Ed Actes Sud/267p
Trad (suédois) : Hege Roel Rousson et Pascale Rozier
Coll : TEXTES SCANDINAVES
ISBN :978-2-7427-8074-7
Prix : 21,80 euros

En Suède dans les années après guerre, à Nyckelberg, village suédois, vit le jeune narrateur de cette histoire qui raconte son papa prédicateur obsédé par la prochaine fin du monde et des âmes à sauver avant l'arrivée de la Grande Tribulation et tenant à faire de son fils un collègue et sa maman qui est elle tenante d'une « éducation normale en survêtement » pour ledit fils. Gamin à l'imagination fertile, fortement impressionné par les récits de l'Armageddon de son père, il passe sont temps à rédiger des sermons et oraisons funèbre pour des personnes encore en vie notamment pour Viola la caissière de la supérette locale. Et puis un jour, ses parents disparaissent brutalement. Persuadé qu'ils ont été évacué vers le royaume divin et qu'il a dû commettre une faute énorme pour rater le départ, le voilà contraint de vivre la terrifiante Grande Tribulation seul avec Viola amoureuse de Hammarskjöld secrétaire général des Nations Unies qu'elle aimerait rencontrer en Scanie où il prend des vacances.

Un beau cadeau de Noël de la part de mon petit frère, que je remercie, car j'ai dévoré avec passion ces pages sur une enfance peu commune c'est le moins que l'on puisse dire. Le jeune narrateur dont on ignore le nom, a une capacité à transformer le moindre événement en élucubrations délirantes, que cela en devient drôle et touchant. Etant fermement convaincu que la tragique disparition de ses parents est due à la prochaine fin du monde, il s'étonne de voir que tout le monde semble bien vivre la situation pourtant désastreuse. C'est l'été on part en vacances dans l'allégresse. Lui-même est entraîné dans un périple vers la Scanie et servira de point de liaison entre Viola et le secrétaire général des Nations Unies Dag Hammarskjöld. Alors où se trouve la Guerre, la Désolation totale, l'Enfer et surtout qui est l'Antéchrist (la communauté religieuse de son père affirmait qu'il s'agissait dudit secrétaire général mais depuis qu'il le cotoie le fils a des doutes). C'est un récit drôle, et émouvant avec un narrateur attachant qui sait vous accrocher dans son imaginaire.

 


 

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 04:58

LA VIE D'UNE AUTRE de Frédérique DEGHELT

Ed Babel/341p




Marie, 25 ans, fête son nouvel emploi avec des amis et rencontre à cette occasion Pablo. Coup de foudre. On boit, danse, et on finit dans le même lit. Au lendemain de cette folle nuit, Marie découvre que douze ans se sont écoulés, qu'elle et sa rencontre d'un soir sont mariés et ont trois enfants. Que c'est-il passé pour qu'elle oublie douze ans de sa vie. Et surtout comment cacher son amnésie à sa famille qui ne se doute de rien.


Ce livre m'a gentiment été prêté par une collègue de travail, qui n'a rien d'une LCA. Son argument pour que je le lise a été percutant : elle à qui il a fallut quasiment un an pour lire un malheureux 200pages a dévoré ce roman en une journée. Un record. Une première pour elle. Du coup, intriguée, je la remercie et je lis. Sans avoir eu le coup de coeur comme elle, j'ai trouvé l'histoire vraiment bien fichue avec une idée de base intéressante et des révélations surprenantes (mais chut ! Je ne dis rien). Dans le quotidien de Marie qui doit vivre la vie d'une autre qu'elle ne connaît pas, tout peut devenir un piège. Comment s'appelle ses enfants, où vont-ils à l'école, qu'est ce qu'elle fait comme métier, qu'est ce qu'elle a caché à son mari, comment expliquer à son entourage qu'on ne sait plus jouer du piano ni danser le tango ou parler russe ? En habile actrice et bonne menteuse, elle réussit pourtant à mystifier son monde mais que lui est-il arrivé exactement pour expliquer sa perte de mémoire ? Alors, elle cherche dans les photos, les souvenirs des autres grâce à des jeux de question habiles, les papiers, les comptes bancaires. Et puis, elle découvre également le monde de l'an 2000, et elle a l'impression de débarquer d'une autre planète. Et passer de l'état de jeune femme de 25 ans, célibataire à celui, de femme de 37 ans, mère de famille et épouse en une nuit, il y a de quoi être perturbé. J'ai beaucoup aimé cette quête intérieure et la révélation finale est assez brutale et bien vue.

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 04:53
NEIGE de Maxence FERMINE
Ed Arlea/96p



C'est beau ! Je devrais m'arrêter là car tout est dit. Un beau récit sur un jeune poète appelé Yuko qui a deux passions dans la vie, la neige et les haïkus. Ce très court petit roman est une vraie merveille de poésie. La forme du récit qui s'épure jusqu'à arriver à la forme de ce très court poème japonais qu'est le haïku est belle et l'histoire romanesque et poétique bien assorti à son sujet : la poésie. La forme est en adéquation avec le fond et c'est bien agréable. Les amateurs de haïkus devraient trouver leur compte dans ce livre notamment grâce aux poèmes de Bâsho mis en exergue de chaque chapitre. Du coup pour mon premier essai avec cet auteur, je suis comblée et attend de pouvoir lire d'autres titres avec impatience.

Partager cet article
Repost0