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A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 06:56
BIENVENUE A BLANDINGS de P.G WODEHOUSE
Ed 10/18 252p
Trad (anglais) : Anne-Marie Bouloch



Rien ne va plus à Blandings. Mr Peter marie sa fille Aline à Freddie le fils cadet du très distrait Lord Emsworth (vous savez le gars au QI inférieur de 30 points à celui des méduses dixit son frère Galahad). Mr Peter richissime américain a une passion, les scarabées égyptiens or un de ses précieux spécimens a été volé. Un récompense alléchante reviendra à celui qui le lui récupèrera.



Vous me direz encore un Wodehouse ! Mais que voulez vous, je ne m'en lasse pas. Ici ce n'est pas les aventures de l'impeccable et parfait Jeeves mais celles de la famille aristocratique comprenant la plus belle galerie d'excentriques en tout genre que l'on suit avec bonheur. Comme toujours, les quiproquos sont des événements quotidiens voire banals, les dialogues sont quasiment tous surréalistes surtout quand Freddie ou son père sont de la partie,. Entre une chasse au bijou égyptien, les doutes sur le mariage que connaît la fiancée, la douce romance entre les deux chasseurs du scarabée, un personnage plutôt escroc sur les bords, un comte Emsworth plus incroyablement hors du monde que jamais, il y a de quoi faire. J'avoue avoir beaucoup de tendresse pour cette petite saga familiale où rien ne se passe jamais comme prévu, où les incroyables hasards et coïncidences sont légions, et où on ne s'ennuient jamais, on peut le bien dire. Et puis comme toujours, c'est drôle.



« On peut dire ce que l'on veut contre l'aristocratie anglaise, on peut porter des cravates rouges et assister à des congrès socialistes, mais on ne peut pas nier que dans certaines crises, bon sang ne saurait mentir. Un vrai pair d'Angleterre sait mieux supporter l'ennui à haute dose sans rien révéler que quiconque au monde. » (extrait)



« Comme beaucoup de pères de son rang, le comte d'Emsworth souffrait énormément du problème qui à l'exception de Mr Lloyd George, est pratiquement la seule paille dans le diamant de l'aristocratie britannique, le problème de Que Faire du Fils Cadet ? Inutile d'en discuter, Le Fils Cadet ne sert à rien.» (extrait)

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 06:47
MIRACLES A VENDRE de Clayton RAWSON
Ed Le masque/319p
Trad : Danièle Grivèle



J'avais lu quelques nouvelles de cet auteur mettant en scène, le Grand Merlini, prestidigitateur reconverti en propriétaire d'une boutique vendant des articles de magie pour ses confrères et résolvant des énigmes policières apparemment insoluble. C'est donc avec curiosité que j'ai lu Miracles à vendre, le premier roman où ce personnage mène une enquête haute en couleurs dans le monde de la magie.



Un anthropologue est retrouvé assassiné dans une pièce entièrement close, où apparemment personne n'aurait pu ni entrer ni sortir. La victime Cesare Sabbat (oui un nom approprié au plus haut point) était réputée pour être un démonologiste fervent qui invoquait régulièrement le diable ou ses fidèles. Le commissaire Gavigan en charge de l'affaire se retrouve vite au bord de l'explosion nerveuse tant le problème de la chambre close est insoluble, et ses suspects ont tous des alibis inattaquables, le principal d'entre eux un escapologiste (comprenez un magicien spécialiste de l'évasion en tout genre façon Houdini) est tellement suspect qu'il apparaît plus comme victime d'un coup monté, et tous ces braves gens sont du milieu très spécial de la magie ou de la parapsychologie. C'est alors que Harte le narrateur et voisin de la victime, propose de faire intervenir le Grand Merlini pour résoudre l'insoluble énigme. Et puis, une deuxième victime est découverte, il s'agit d'Eugene Tarot (un magicien spécialisé dans les tours de carte, vu le nom, on l'aura compris) qui connaissait la victime numéro un et était d'ailleurs présent lors de la découverte du corps



Si vous ne connaissez pas cet auteur et son personnage remarquable de magicien usant de sa science pour débusquer des criminels, je ne saurai trop vous conseiller de le découvrir au plus vite. Je me suis beaucoup amusée à lire ce roman qui pose quand même une énième version du gros cliché du roman policier : le mystère de la chambre close, dont J.D Carr (autre auteur à découvrir au plus vite) s'était fait une spécialité. Du reste l'auteur fait des quantités de références à Carr, mais aussi à d'autres auteurs du genre tout au long du récit. Le narrateur Ross Harte au tout début de l'histoire écrit une sorte de petit article sur le roman policier et ses poncifs et il se sert de l'intrigue en cours pour écrire son propre polar n'hésitant pas à reprocher au commissaire et au magicien leur querelle interminable qui l'empêche de faire progresser son récit puisque « ses héros » sont enlisés dans leur antagonisme au lieu de mettre en commun leur savoir pour résoudre le problème et lui permettre d'écrire une conclusion satisfaisante. Le roman se situant dans le monde fascinant de la magie, on assiste à un défilé de personnages plutôt excentriques, des numéros de prestidigitations, d'illusionnismes ou médiumniques très intéressants. Une bonne pioche qui donne envie de lire d'autres aventures de ce détective un peu particulier.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 01:59
GROUND XO d'Hannelore CAYRE
Ed Métailié/135p




Christophe Leibowitz, avocat, vingt ans de métier, usé et fatigué de son travail, un peu trop porté sur la boisson. D'ailleurs, il s'est lancé dans une thérapie originale avec un psychiatre pour réduire sa consommation d'alcool. Et comment y parvenir quand le décès d'une tante le propulse héritier de part de marchés dans une marque de cognac ? Mais n'est ce pas plutôt l'occasion pour raccrocher la robe et se lancer dans les affaires. Et quoi de mieux pour relancer la mode du cognac que de l'associer à la musique rap.



Je crois que je vais me faire la série complète des aventures calamiteuses de Christophe Leibowitz car celle-ci semble être la dernière et ce serait dommage de ne pas approfondir la vie et les oeuvres de ce brave type qui décidément ne porte pas le feu sacré du droit en lui. J'ignore ce qu'il en est exactement mais l'auteur elle-même avocate pénaliste devait avoir envie de régler des comptes four charger autant sur tout ce petit monde de la magistrature. En tout cas,  le résultat est à la hauteur  :c'est féroce, et drôle. L'histoire n'est pas un polar classique, il n'y a pas de mystère à résoudre mais on assiste aux petites combines des uns et des autres, à des plaidoiries, des, portraits de procureurs, juges, avocats, prévenus, et autres et bien sûr à tous les moyens parfois limites qu'utilise l'avocat Leibowitz pour réussir le lancement de son produit alcoolisé et assurer une retraite en or.


"Ces affiches devraient plutôt inciter ces vauriens à s'élever et à gagner leur vie." m''avait rétorqué le tribunal. Quatre ans ferme !

Leçon n°1 prodiguée par la justice : ça coûte plus cher de braquer une bagnole de prix que de cogner sa femme ou son môme, d'escroquer des millions à l'Etat ou de faire travailler pour que dalle deux cents chinois dans une cave.

Car il est bien là le trouble à l'ordre public : que deviendrait notre monde si les gens commençaient à avoir peur de parader dans des produits de luxe ?

Et c'est moi qui suis con et cynique !" (extrait)

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 04:05
QUEUE DE POISSON de Carl HIAASEN
Ed 10/18 536p
Trad (américain) : Yves Sarda




Une croisière pour leur second anniversaire de mariage, voilà une bonne idée se dit Chaz Perrone. Il avait tout prévu, la ballade nocturne romantique sur le pont, et la manière dont il ferait passer par dessus bord sa femme Joey. Oui il avait tout prévu ce brave garçon sauf l'impensable : la survie de sa victime. Victime qui s'est jurée qu'elle allait faire de la vie de son assassin un enfer. Faite lui confiance, elle a déjà des tas d'idées sur la manière de pourrir la vie de son meurtrier de mari.



Il y a un grand plaisir à lire les romans de Hiaasen, car on peut être certain d'y trouver, des personnages excentriques, des situations qui chez d'autres auteurs vous feraient vous ronger jusqu'aux ongles des doigts de pieds mais qui chez lui va d'abord vous faire rire et ce n'est pas péjoratif loin de là. Le plus incroyable c'est que l'on ne peut pas s'empêcher de tourner les pages pour savoir la suite car il a indéniablement le sens du suspens. Donc, dans ce roman, on y trouve un biologiste faux écolo véreux et assassin, tellement ridicule dans sa suffisance et sa bêtise que c'est un plaisir de le voir se prendre coup sur coup et quand on a sur le dos une épouse bien décidée à vous faire payer votre crime les coups peuvent être sournois et vicieux, un inspecteur de police rêvant de repartir dans le Minnesota, éleveur de deux pythons, qui soupçonne le mari d'avoir tuer sa femme, un ancien flic devenu ermite sur une île complice de l'épouse en furie, le frère multi millionnaire éleveur de moutons en Australie, la meilleure amie de l'épouse, un entrepreneur pollueur et une grosse brute à son service, un étrange clochard que les lecteurs de Pêche en eau trouble n'auront aucune peine à reconnaître, des alligators en pagaille. Bref, vous voilà prévenu, bienvenu en Floride. J'ai adoré l'ambiance totalement folle sur fond écologique du récit et la vengeance bien tordue de Joey Perronne envers son mari dont le personnage frise tellement le ridicule, la mesquinerie et la stupidité qu'il n'a finalement même pas besoin de sa femme pour se saborder tout seul. Si vous ne connaissez pas encore Carl Hiaasen, dépêchez vous de réparer cette erreur.

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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 02:33
JEEVES FAIT CAMPAGNE de P.G WODEHOUSE
Ed La découverte/181p
Trad (anglais) : Anne Marie Boulach



Le retour de l'imperturbable et ultra compétent Jeeves, ce qui se fait de mieux en matière de majordome. Cette fois ci on baigne dans une ambiance électorale dans la campagne anglaise où Ginger alias Harold Winship un ami de ce cher Bertie Wooster se présente à un poste de député de Market Snodsbury. Comme par hasard le fief de cette campagne s'est établi chez la tante « Dahlia »qui semble avoir conservé sa manie de chaparder les objets de valeurs de ces invités dan le but de se livrer au chantage, et Bertie est rappelé à la rescousse pour aider son ami à gagner les élections. Évidemment, les choses vont bien sûr tourner rapidement à d'incroyables quiproquos, des retournements de situation invraisemblables, une pagaille sans nom qui sans l'intervention de super Jeeves tournerait au désastre. Heureusement que l'on peut compter sur lui quand même pour ramener un semblant d'ordre et d'harmonie dans tout ce chaos organisé. Comme d'habitude c'est drôle, grinçant, les dialogues percutants entre la tante Dahlia et son neveu Bertie valent le détour et il est encore question de l'infâme Spode alias lord Sidcup ainsi que d'échapper à cet enfer que l'on appelle le mariage et il s'en faut de justesse cette fois ci encore. Rien de tel qu'un bon Wodehouse pour retrouver sa bonne humeur.

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 02:15
LE MIROIR DES COURTISANES de Sawako ARIYOSHI
Ed Philippe Picquier/479p
Trad (japon) : Corinne Atlan




A l'ère Meiji (fin XIXème siècle), Tomoko, dix ans est vendue par sa mère Ikuyo femme versatile, égocentrique à l'excès, à une maison de geisha. Grâce à son talent pour la musique, elle réussira à s'imposer dans le monde « des saules et des fleurs », un monde bien cruel sous ses apparences de raffinements et d'élégance, mais à quel prix.



C'est mon premier roman de cette auteure, et surement pas le dernier car ce récit m'a captivée du début à la fin, d'abord parce que l'écriture est vraiment agréable à lire et ensuite parce que l'histoire est passionnante et les personnages surtout les personnages sont fascinants de complexité. Car ce qui est surtout mis en avant ce sont les rapports amour/haine entre Tomoko et sa mère, rivales jusqu'au bout. Tomoko ne pourra jamais se défaire de son devoir envers une mère qui n'a pourtant jamais manifester la moindre affection pour elle et qui s'accroche à sa fille par pur intérêt ou par caprice quand ce n'est pas les deux. A travers ces deux femmes, on assiste également aux événements historiques du japon qui le feront entrer dans la modernité. Tomoko est une héroïne que l'on n'oublie pas facilement. Et puis, le point de vue féminin d'un auteur japonais sur le monde des geishas est toujours intéressant en comparaison avec ce que des auteurs occidentaux ont pu écrire à ce sujet.

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 03:26
ITINERAIRE D'UN PÊCHEUR A LA MOUCHE de John D. VOELKER
Ed Gallmeister/221p
Trad (américain) : Jacques Mailhos




Avant toute chose, juste une précision, la pêche ou la chasse ne sont pas ma tasse de thé. Je n'aime pas ça. Alors pourquoi avoir lu ce livre là ? Parce que je fais confiance aux éditions Gallmeister depuis ma lecture d'Indian Creek où tiens il était aussi question de poisson. Et bien m'en a pris parce que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde dans la lecture d'Itinéraire d'un pêcheur à la mouche, l'humour de l'auteur y est surement pour quelque chose.


John D. Voelker (1903-1991) était un magistrat passionné de pêche à la mouche vivant dans le Michigan et connu sous son pseudonyme littéraire Robert Traver comme un auteur de romans policiers dont son plus célèbre Autopsie d'un meurtre (que je n'ai pas lu, mais que je lirai certainement).


Itinéraire d'un pêcheur à la mouche parle de pêche à la truite. Avec beaucoup d'humour, il accumule des petits textes qui ont trait à sa passion, du premier jour d'ouverture de pêche au dernier jour, en passant par la quête des verts pâturages (comprenez les lieux miraculeux où il n'y a qu'à se baisser pour avoir des prises fabuleuses),« Ce barrage de castors demeura pendant plusieurs années un lieu de pêche si miraculeux - mais finalement assez ennuyeux tant c'était facile- que je l'ai baptisé « la glacière ». Ca marchait à tous les coups, choses rares de nos jours dans l'univers si encombré de la pêche à la truite. Et puis un printemps j'y suis allé et j'ai trouvé le barrage principal fraichement démoli. A l'évidence c'était là l'oeuvre d'un braconnier qui en avait après les castors. (...). J'ai presque pleuré de tristesse et de rage de voir qu'un habitat si accueillant pour les truites eut été ainsi saccagé pour permettre à une riche blondasse de parader en manteau de fourrure sur la 5e Avenue. Je n'y suis jamais retourné même si je sais que je devrais le faire au cas peu probable où une nouvelle génération de castors y soit elle aussi retournée...et dans l'espoir sans doute vain que cet infâme braconnier se soit pris la jambe dans un de ses pièges ou soit mort, ou ait décidé de finir ses jours dans une abbaye. »(extrait)



Je me suis régalée dès la préface de l'auteur et sans me passionner des masses pour les différentes techniques de lancer, le choix des appâts, des mouches, le matériel ou autres, j'ai beaucoup aimé les petites anecdotes sur les lieux, les gens, les histoires ahurissantes autour d'une canne à pêche. J'ai tout particulièrement apprécié le fabuleux procès d'Ole Paulson surpris en flagrant délit d'avoir outrepasser la limite légale de prises poissonneuses (ou comment utiliser un procès verbal pour obtenir l'emplacement d'un bon coin à truites en toute impunité), où le narrateur découvre que de l'accusé aux jurés, en passant par le juge, le shérif, tous sont des Paulson ou affiliés par mariage aux Paulson et je vous laisse imaginer l'issue du procès. L'auteur a aussi écrit Testament d'un pêcheur à la mouche que je m'empresserai de lire dès que possible.



"L'intermonde aqueux et spectral où vivent les pêcheurs à la mouche abrite de nombreuses sectes qui ont toutes leurs fidèles et qui affirment toutes être les seules détentrices de l'unique échelle menant au paradis des truites. (...) celle des disciples des calendriers lunaires, celle des pèlerins qui ne jurent que par la pression atmosphérique, celle des croyants qui vont prier dans les chapelles des courants de marée, des vents thermiques, des strates d'eau, des tâches solaires, des tâches de lumière dans les yeux.."(extrait).

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 14:13
UN HOMME SANS TÊTE ET AUTRES NOUVELLES d'Etgar KERET
Ed Actes Sud/203p
Trad (hébreu) : Rosie Pinhas-Delpuech

C'est l'histoire de gens qui autrefois habitaient sur la lune. Aujourd'hui il ne reste plus personne mais il n'y a pas longtemps c'était un superbe endroit. Les gens de la lune se, croyaient très spéciaux parce qu'ils pouvaient avoir des pensées de la forme de casserole, de table ou même de pantalon à patte d'éléphant. Ils pouvaient ainsi offrir des cadeaux originaux à leur copine, une pensée d'amour en forme de tasse à café par exemple ou une pensée de fidélité en forme de vase. (extrait-Pensées en forme d'histoires/Un homme sans tête et autres nouvelles d'Etgar Keret)

Grâce au challenge abc, j'ai découvert Etgar Keret avec son recueil Crise d'asthme. Du coup, c'est avec plaisir que je fais un bout de chemin avec lui avec un autre recueil de textes courts : Un homme sans tête et autres nouvelles. Une jolie femme qui la nuit se transforme un petit homme rondouillard, le corps d'un homme sans tête et ses conséquences dans les amours de jeunesse du narrateur, un chien quasi increvable, des rencontres, des départs, des histoires à la limite du surréalisme, c'est l'univers de ces nouvelles parfois très courtes qui m'a séduite. Il est finalement très agréable de s'offrir quelques petites lectures agréables comme celles-ci. L'écriture et l'inventivité de Keret me plaît décidément beaucoup.

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 14:18
LES VOIES D'ANUBIS de Tim POWERS
Ed J'ai lu/478p
Trad : Gérard Lebec

Brendan Doyle, alléché par la promesse d'une forte somme a accepté de se rendre à Londres pour donner une conférence sur le poète Coleridge. Il ne se doutait pas qu'il ferait un saut dans une brèche temporelle qui l'amènerait dans le Londres de 1810 où la magie, les anciens dieux d'Égypte, un loup garou, des créatures encore plus étranges, hantent ses rues...

Reçu en cadeau de la part de Yueyin lors du swap London organisé par Yspaddaden, cela faisait bien longtemps que je rêvais de lire ce roman de Tim Powers dont je connaissais le nom et la réputation mais pas du tout les oeuvres. Et je suis ravie de cette première plongée dans l'imaginaire de cet auteur. J'ai lu le prologue, puis le premier chapitre et j'ai finalement émergé à la fin de l'épilogue sans faire de pause, près de cinq cent pages sans interruption, c'est dire si j'ai trouvé l'intrigue passionnante. Il n'y a pas à dire, l'histoire est sans temps mort, et exerce une grande fascination avec sa description réaliste des bas fonds de Londres où se mêlent des éléments surnaturels qui s'insèrent très naturellement dans le décor. A partir du moment où Doyle se retrouve bloqué dans une autre époque que la sienne, il devient le centre d'intérêt de tout un lot de personnages étranges, sinistres, mystérieux qui veulent le tuer ou se servir de lui voire les deux c'est selon. A la recherche d'un poète contemporain de Coleridge, le mystérieux Ashbless, Doyle, tente de survivre à toutes les embuches et y parvient à la grande surprise de ses ennemis et du lecteur. C'est d'ailleurs devenu un jeu au bout de quelques temps, comment ce pauvre Brendan va bien pouvoir faire pour se sortir de la panade dans laquelle l'a mis l'auteur ? Une lecture plus que réjouissante.

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 06:51
PHENIX de Bernard SIMONAY
Ed Le Rocher/386 et 457p

Dans un futur lointain, depuis le jour du soleil où la Terre entière s'est embrasée par la faute des hommes, détruisant une civilisation humaine très avancée, et transformant le monde en un champs de ruine, 'humanité s'est un peu relevée de la catastrophe et vit désormais dans la crainte du savoir et de la science que seuls conservent les prêtres et qu'ils ne distribuent qu'au compte goutte de peur que l'orgueil humain ne le pousse à nouveau à provoquer la colère des dieux et un nouveau jour du soleil. Syrdahar est une petite cité repliée sur elle-même et entourée des terres bleues, des terres maudites où rien ne vit, ne pousse et qu'on ne peut franchir sans mourir. C'est là que sont nés et vivent les jumeaux Dorian et Solyane qui ont déjà un penchant coupable l'un pour l'autre. Mais ces deux enfants ont des ennemis au delà des terres bleues, terres bleues ennemis qui réussirent à franchir ces terres maudites, et à détruire Syrdahar. Heureusement grâce à leur mère, les enfants purent être sauvés mais désormais seuls dans un monde dont ils ignorent tout, ils doivent cacher leurs identités réelles pour que leurs ennemis ne les retrouvent pas. C'est dans les terres du comte de Gwondaleya que les enfants devenus Arnaud et Isabelle vont grandir, devenir adulte et affronter la terrible vérité sur leurs origines et la raison pour laquelle, ils sont devenus une cible à abattre dès leur conception.


Ma première lecture avait été très enthousiasmante pour ce roman. J'ignorais même qu'il avait une suite en deux tomes Graal et La malédiction de la licorne, le premier tome donnant une histoire complète et se suffisant à lui-même. Si Graal se laisse lire avec plaisir, j'ai totalement décroché avec le troisième tome qui m'a déçue partant dans du n'importe quoi et étant finalement plus verbeux et ennuyeux que passionnant, j'ai abandonné à la moitié du livre et n'y suis jamais revenue.

J'avais apprécié la cohérence de cet univers post apocalyptique dans lequel se déroule l'histoire, mais un univers qui n'est pas vraiment glauque et sinistre comme généralement cela se passe dans ce type de récit.

Certes tout n'est pas rose, on croise des mutants appelés garous, qui ont une vie pathétique et peu enviable. L'humanité est revenue à des pratiques peu glorieuses comme l'esclavage qui consiste à spolier l'esprit d'un individu et d'en faire une machine docile sans volonté aucune ni désir de rébellion. Un système féodal s'est mis en place avec la main mise d'une religion fabriquée de toute pièce sur le savoir et qui en contrôle soigneusement l'accès.

A côté de ça, on y trouve une civilisation qui a tout de même un niveau de vie technologique dans certains domaines très élevé. Les moeurs sont plutôt libérés. Les femmes peuvent jouer un rôle politique ou social important. La diversité des cultures qui perdurent malgré une certaine uniformisation de la civilisation est assez séduisante.

Les personnages vivent dans un monde selon des règles quasi féodales mais où l'on perçoit des échos du nôtre de la même manière que nous vivons avec les vestiges des anciennes civilisations qui nous ont précédés ce qui donne un point de repère à la lecture puisque la géographie du monde a bien changé pendant ces quelques milliers d'années.

Le plus intéressant est le mélange entre une culture féodale et des éléments très futuristes. D'un côté : il existe une hiérarchie des pouvoirs, (le Commandeur qui chapeaute les dix sept empires qui eux mêmes sont au dessus des comtes et des barons, les chevaliers étant à part puisqu'ils sont considérés comme les égaux des puissants), une toute puissance de la religion (une religion fabriquée de toute pièce) qui contrôle l'accès aux savoirs et distribuent avec parcimonie quelques rares technologies qu'elles jugent non dangereuses. De l'autre côté : les nobles sont génétiquement modifiés pour vivre plus longtemps et pour disposer de pouvoirs psi (plus on est haut dans la hiérarchie nobiliaire, plus les pouvoirs sont importants), les chevaliers ont des montures créées par des manipulations génétiques, on croise des cyborgs, des clones, et même des vaisseaux spatiaux.

Quant à l'histoire, elle est intrigante. On sent dès le départ qu'il y a un énorme secret autour des jumeaux. Ils se découvrent des ennemis implacables qui n'hésitent pas à user de tous les moyens pour les tuer mais aussi des alliés parfois vraiment étranges qui semblent attendre d'eux quelque chose qu'ils ignorent. L'aventure avec un grand A n'est pas loin et c'est avec un grand plaisir que l'on accepte de suivre les personnages pour en savoir plus.

Il existe donc deux suites à ce roman qui est un récit complet et peut parfaitement se suffire à lui-même. Le deuxième tome Graal se déroule une vingtaine d'années plus tard et met en avant la génration suivante, il est plutôt agréable à lire, le troisième La malédiction de la licorne vire un peu au n'importe quoi à mon goût et j'ai laissé tombé à la moitié. Il existe aussi un roman dont l'action se situe des milliers d'années et montre la reconstruction du monde après la catastrophe et notamment la genèse du comté de Gwondaleya mais il ne m'attire pas spécialement donc je ne peux pas vous dire si c'est bien ou non.

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