Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
  • Contact

Archives

13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 04:50
CENT ANS DE SOLITUDE de Gabriel G MARQUEZ
Ed : Point/437p
Trad espagnol (Colombie): Claude et Carmen Durand

Bien des années plus tard face au peloton d'exécution, Le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après midi au cours duquel son père l'amena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques. Le monde était si récent que beaucoup de choses n'avaient pas encore de nom et pour les mentionner il fallait les montrer du doigt. (extrait)

C'est avec ce premier paragraphe, que je suis tombée en amour à la première lecture de ce roman, et que je récidive à chaque fois que je le relis. Et je le relis régulièrement et toujours avec le même enthousiasme et le même bonheur. Comment ne pas se passionner pou la famille Buendia  (Aureliano, José Arcadia, Rebecca, et les autres) et leur village, où rien ne se passe comme ailleurs. On subit une étrange maladie qui empêche de dormir, les restes squelettiques de parents laissés dans un sac se baladent dans la maison des Buendia en cliquetant, on fait la révolution aussi, les gitans sont détenteurs de secrets ésotériques, on cherche la pierre philosophale, ou bien on veut prouver l'existence de Dieu, les générations se succèdent dans le petit village de Macondo qui subit l'évolution du temps et des moeurs, les séquelles des guerres et des régimes politiques. Les personnages sont tous passionnants avec des histoires d'un romanesque assumé, et le livre à peine refermé, bien évidemment il sera relu encore grâce à son premier paragraphe si magique qui invite au voyage.


Partager cet article
Repost0
8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 03:53
LA PLUS GRANDE BALEINE MORTE DE LOMBARDIE
d'Aldo NOVE

Ed Actes Sud/186p
Trad : (Italien) Marianne Veron


Il y a de cela des milliers d'années, avant que Dieu ne se fût proposé de tirer Adam de la poussière et bien longtemps avant qu »une effroyable explosion n'eut donné naissance à la dérive d'étoiles dans laquelle la civilisation humaine à semble t-il finit par prendre pied, ma maman m'emmenait voir la plus grande baleine morte de Lombardie (extrait)

Cela commence comme ça et cela n'en finit plus jusqu'à la dernière page. Déjà rien que le titre j'en salivais d'avance. Bienvenue à Viggiù un petit village dans les années 70, une planète un peu bizarre. A travers des textes courts, nous aurons donc l'occasion de rencontrer quelques uns de ses habitants emblématiques, la famille du narrateur, un extraterrestre qui a élu domicile sous un escalier. Et puis il y a même Tetsujin 28GO et les vingt deux autres robots échappés du magasin de jouets de la mère Batagliola pour prendre le pouvoir de la mairie de Viggiù puis de la Terre. Ce livre foisonne d'idées poétiques, délirantes, de textes tendres, drôles ou mélancoliques. J'ai une préférence pour Le petit chimiste universel où l'on comprend que le monde a été créé grâce au père de Dieu qui lui avait offert la boîte du parfait petit chimiste. Il y a aussi l'histoire d'Ovni qui m'a bien fait rire et d'autres encore. « Les adultes de ces millénaires de vies humaines ne sont pas outillés pour comprendre les problèmes d'un enfant. (...) Les adultes, ils ont tout oublié et c'est pour cela qu'enfants et adultes se regardent comme s'ils descendaient d'astronefs différents sur la même planète d'où ils étaient partis ensemble en naissant à différents moments suffisant à eux seuls à créer l'écart entre leurs mondes qui ne se rencontrent jamais (extrait). Un beau coup de coeur assurément.

Partager cet article
Repost0
17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 09:47
LA VIEILLE ANGLAISE ET LE CONTINENT de Jeanne-A DEBATS
Ed Griffe d'Encre/71p


Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes ses formes, tous ses aspects qu'elles consacrent leur existence à sa préservation quitte à sacrifier celle des autres...Ann Kelvin, elle, lui consacrera sa mort.

C'est avec un résumé en quatrième de couverture pareil, que j'ai tout de suite mis le livre dans mon petit panier, ça et la splendide illustration de la couverture (elle déchire vraiment) et puis le marque-page livré avec est vraiment joli comme tout (et pour une collectionneuse, ça joue pas mal).


Si vous deviez vous réincarner en animal, vous choisiriez quoi ? Lady Ann Kelvin, vieille anglaise sur le point de mourir d'un cancer, elle, a choisi un cachalot. Grâce à l'avancée de la science, il est donc possible de transférer son esprit dans un autre corps. C'est la proposition que lui fais un de ses anciens élèves Marc, afin de sauver les cétacés de la planète de l'extinction grâce à une idée disons un peu « limite » moralement. Je ne me lancerai pas dans les détails de l'histoire pour ne pas gâcher certaines surprises du récit.
En dehors de ces détails, est ce que c'est bien ? Oh que oui ! J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce texte qui m'a même paru trop court, j'aurai adoré quelques pages de plus sur le continent cétacé et les courants des rêves. C'était beau, poétique et c'est une allergique aux émissions du commandant Cousteau qui vous le dit. Original, touchant (on s'attache beaucoup à notre duo de baleines quand même), vous ne verrez plus jamais l'océan et ses habitants de la même façon.

Décidément, Griffe d'Encre a bon goût dans le choix de son catalogue de novella (format que j'aime beaucoup, c'est court, pas trop cher et esthétique aussi), alors si vous voulez vous faire plaisir sans vous ruiner...

Partager cet article
Repost0
11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 02:28
LES SEPT LIVRES DE HELSINGFORS de Kjell WESTÖ
Ed Gaïa/510p
Trad suédois (Finlande) : Philippe Bouquet



En 1905, La Finlande est un grand duché de Russie, un siècle auparavant elle était rattachée à la Suède. De 1905 à 1938, à Helsingfors (le nom suédois d'Helsinki),.en sept livres, sept époques, se croisent et se décroisent de nombreux personnages. Ils s'appellent Allu, Cedi, Lucie, Ivar, Eccu, Mandi, Nitta, Bruno, Henning, etc.... Ils sont riches, pauvres, ouvriers, homme d'affaire, artiste. Ils n'auront pas le même destin et les meilleurs ne s'en sortiront pas forcément le mieux, certains ne survivront pas du tout. On passe de la misère la plus sordide à la richesse la plus opulente, on y parle de sport, de jazz, de photographie, de politique, de la guerre et des ravages qu'elle laisse à l'intérieur des individus, des injustices sociales, de la prohibition, on parle des vies et des destins de ces gens qui vivent là dans cette ville. L'humour n'est pas en reste grâce au personnage de Lonnie, incomparable gaffeur publicitaire à qui l'on doit les bourdes les plus drôles de l'histoire de la publicité en Finlande. Un roman qui confirme ma première très bonne impression concernant l'auteur. En prime, on croise un Skrake dans ces histoires et ce côté petit clin d'oeil est vraiment très sympathique.

Partager cet article
Repost0
5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 03:27
LES ANGES REBELLES de Robertson DAVIES
Ed Payot/411p
Trad : Lisa Rosenbaum



Dans la vie studieuse et monotone du collège St John, survient deux évènements : l'apparition d'un manuscrit inédit de Rabelais et le retour de Frère John. Deux érudits se disputent le manuscrit Hollier, McVarish, l'assistante d'Hollier est amoureuse, et Frère John vit de son mieux sa condition de parasite.

On trouve de tout dans ce roman, on y parle de lutherie, de vie monastique, du monde la magie, on croise des universitaires se lançant dans des recherches curieuses, un collectionneur décédé dont l'héritage est un vrai casse tête, un authentique meurtre et un suicide, bref, c'est dense, foisonnant, et une fois de plus on ne s'y ennuie pas du tout. On apprend beaucoup de chose sur une technique très spéciale dans l'art de restaurer les violons (si c'est authentique, c'est ahurissant ce que l'on peut faire avec du crottin de cheval), sur Paracelse et Rabelais, et tout cela sans jamais perdre la trame du récit.


UN HOMME REMARQUABLE de Robertson DAVIES
Ed de L'Olivier/476p
Trad : Lisa Rosenbaum



Qui fut Francis Cornish ? Dans Les anges rebelles, sa mort et surtout son testament sont à l'origine d'une bien curieuse affaire. Ici, dans le deuxième volet de la trilogie de Cornish, il devient personnage principal. Alors qui était réellement cet homme : un mécène ?, un amateur d'art reconnu dans le monde entier ?, un peintre à la vocation contrariée? un espion ?, un génial faussaire ? Et surtout en quoi était-il un homme remarquable ? C'est ce à quoi l'ange Zadkiel et le démon Meimas chargés de sa biographie doivent répondre.

Encore mieux que le précédent, entrez dans le monde imaginaire de Francis Cornish qui se révèle très tôt et ce dès l'enfance avoir un monde intérieur très riche. Voici, donc une biographie commentée par Zadkiel et Meimas d'un homme à qui était promis le destin d'être un homme remarquable. De l'enfance à Blairlogie au Canada, aux études, à l'Europe et la guerre 39-45 côté services des renseignements britanniques, Cornish poursuit donc sa trajectoire voulue par son daïmon personnel Meimas attaché à sa personne dès sa conception. Comme d'habitude l'auteur arrive à nous faire entrer sans problème dans son univers et surtout il nous le fait aimer. On retrouve également avec plaisir certains personnages de la trilogie de Deptfort qui font quelques apparitions. Une seule chose à dire : vivement la suite.

LA LYRE D'ORPHEE de Robertson DAVIES
Ed de L'olivier/446 p
Trad : Lisa Rosenbaum



La fondation Cornish se décide à financer le projet d'étude d'une étudiante en musicologie : monter un opéra d'E.T.A Hoffman inachevé sur le thème des légendes arthuriennes. Et c'est le début d'une série d'évènements où l'on revisite la mythologie arthurienne, où le fantôme d'Hoffman commente depuis les limbes la création de l'oeuvre où l'on reparle de Parlabane, où certains secrets de Francis Cornish finissent par refaire surface.

Fin de la trilogie Cornish. C'est toujours aussi fou quand on le sort du contexte et toujours aussi crédible et réaliste quand on lit l'histoire. Bien que je le trouve un ton en dessous du tome précédent, la conclusion de cette trilogie est tout à fait satisfaisante et j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture. Une belle réflexion sur le mythe et les archétypes du mythe.

 

Partager cet article
Repost0
4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 00:53
LE THEÂTRE DES RÊVES de Bernard FOGLINO
Ed 10/18 271p




Méfiez vous des collectionneurs.
Les collectionneurs sont des pervers, des gens secrets qui filent le long des, murs. Ils se cachent. Ils ne viennent jamais à bout de leur passion. Il leur manque toujours telle et telle pièce qu'ils caressent en pensées. Ils vendraient leurs enfants pour se l'accaparer.(...) Vous, au fait...vous êtes peut-être collectionneur. Collectionneur de bouquins. Collectionneur de bouquins sur les collectionneurs, ah, pourquoi pas, ce qui serait une sacrée perversion celle-là.
(extrait premières pages).

Rien que pour ce premier chapitre, ce roman vaut l'investissement que vous y aurez mis. Personnellement, j'ai commencé à le lire dans un train et les passagers ont dû se poser des questions sur mon état de santé mentale au vu du sourire béat que j'affichais en permanence au fur et mesure de ma lecture et je ne parle pas des quelques gloussements sans aucune dignité que j'ai pu laisser échapper. Bref, ce livre a tout pour me plaire avec des situations limites surréalistes, des personnages invraisemblables, tout ce que j'aime et pourtant je ne suis pas une fanatique du football. Ce livre m'aura au moins fait regarder ma collection de marques-pages avec un regard nouveau, limite inquiet.

Le narrateur Baptiste se présente comme un fournisseur de pièces rares pour collectionneurs de toutes sortes d'objets et même des plus incongrus. Suite à une tractation qui a mal tourné avec un mage africain, le voilà encombré d'un esprit des marais appelé Bamba. Et puis, il enquête sur la disparition d'un album rare de joueurs de foot ce qui l'amène au Théâtre des rêves, un pub bizarre où l'on commente les matches d'avant 1975. Et des vieux secrets pas très réjouissants sont déterrés.

J'ai beaucoup aimé ce roman où la fin du roman est assez surprenante par rapport au début quasi hilarant du récit notamment l'histoire de son colocataire Robert, gardien de nuit à la morgue et écrivain. « Un écrivain manchot. C'est une des multiples facettes de sa personnalité. Ecrivain de romans d'horreur. Zombies. Vampires extraterrestres venus copuler avec des terriennes ce genre de chose ». Robert qui a perdu son bras de façon tragique mais raconté de telle manière qu'on ne peut pas s'empêcher de rire. Pas de doute, Foglino a une imagination délirante et je suis fan.

Partager cet article
Repost0
3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 00:18
LE TRAJET D'UNE RIVIERE d'Anne CUNEO
Ed Folio/711p



Il y a quelques années, j'avais emprunté à la bibliothèque sans grande conviction « Le trajet d'une rivière » d'Anne Cunéo pensant que j'en aurai pour un bon bout de temps pour venir à bout de ses plus de 700 pages. En réalité, c'est en deux jours que j'ai lu ce roman (oui entretemps, il a fallut se nourrir, dormir, avoir un semblant de vie sociale...etc...). J'ai tellement aimé que la dernière phrase lue, je recommençais la lecture depuis le début. J'ai dû lire quatre fois de suite ce livre (oui je suis une grande malade et alors). Plus tard, j'ai acheté le livre et relu encore et encore...Il m'est impossible une fois les premières pages commencées de m'arrêter avant la fin. C'est grâce à ce livre que j'ai eu l'impulsion de me procurer les musiques dont parle l'auteur du moins une partie et que j'ai eu envie de lire Montaigne alors que j'ai tellement du mal avec ces fameux Essais. C'est un livre qui donne envie voilà.

Anne Cunéo raconte dans la postface qui se trouve très intéressante à lire qu'elle a été amenée à écrire ce roman grâce au Fitzwilliam Virginal Book, un recueil de partitions de musiques du XVIème siècle que l'on doit semble t-il à un seul homme. Du coup, elle a voulu savoir qui était ce mystérieux collectionneur et elle est tombée sur Francis Tregian fils. Ce personnage grâce à ce recueil de partitions est devenu important car « Il est permis d'affirmer que si tous les autres manuscrits disparaissaient, il serait possible d'écrire l'histoire de la musique entre 1550 et 1620 sur la base du seul Fitzwilliam Virginal Book (...). Il faut le considérer plutôt comme une bibliothèque que comme un simple livre car il contient plus de témoignages de première main sur la pratique musicale de l'époque Tudor que la plupart d'entre nous n'en possèdent sur la musique de notre siècle. (Charles van den Borren, professeur de musique à l'université de Bruxelle en 1912) (extrait) ». Sa biographie étant plutôt imprécise, elle en a fait un roman : Le trajet d'une rivière : la vie et les aventures parfois secrètes de Francis Tregian, gentilhomme et musicien ». Et quel roman !

Au XVIème siècle, les Tregian sont une famille catholique dans un pays qui a rompu avec le catholicisme, l'Angleterre. Francis Tregian père s'est donc vu emprisonné pour avoir refusé de prêter allégeance à la reine en raison de ses convictions religieuses. Dépossédée de ses terres et biens, la famille se retrouve sur la route et doit s'enfuir. A partir de là, notre héros va parcourir l'Europe, rencontrer des figures marquantes du siècle, jouer à l'espion, faire commerce du textile, mais c'est la musique qui sera le centre de sa vie. Angleterre, France, Italie, Pays Bas, il voyage, dévore avec passion Les Essais de Montaigne, découvre émerveillé les madrigaux italiens et surtout ceux de Monteverde, noue des amitiés solides, tombe amoureux et se débat dans les problèmes moraux que lui pose l'intransigeance et le fanatisme de son père. I vit en total décalage de sa caste dont il a depuis longtemps quitté les conventions. Mais il n'est pas le seul personnage pour lequel on se passionne, il y a son frère Adrian dont il est très proche, Giulianno son valet qui va faire fortune dans le textile, Jane sa nourrice dont il sera toujours un peu amoureux, et surtout sa soeur Dorothée, la petite dernière des dix huit enfants de la fratrie Tregian, la plus remuante et la plus anti conformiste au possible. Elle est tellement merveilleuse, ce petit bout de bonne femme qui ferraille aussi bien qu'un homme, et qui n'hésite pas à prendre des risques insensés pour sauver son grand frère. Je l'adore, elle mériterait d'être le personnage principal d'un roman. Après une énième relecture, j'ai ri, pleuré, voyagé, plongé dans une vie passionnante qui mériterait d'être vraie. Je suis certaine qu'à ma prochaine relecture, ce sera exactement comme la première fois, une découverte à chaque page alors que j'en connais l'histoire par coeur. Ce roman fait partie de mes incontournables.

Partager cet article
Repost0
18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 02:25
LE PARTAGE DES EAUX d'Alejo CARPENTIER
Ed Folio/371p
Trad (espagnol) : René L.F Durand

Le-partage-des-eaux.jpg


« ...C'est quelque chose qui se place bien au delà du langage et qui cependant est très loin du chant. Quelque chose qui ignore la vocalise mais est déjà plus que le mot. Ces cris sur un cadavre entouré de chiens muets deviennent vite horribles et effrayants. Le Sorcier le prend à partie maintenant, vocifère, frappe le sol de ses talons, dans une crise déchirante de fureur imprécatoire qui est déjà, la vérité profonde de toute tragédie, tentative primordiale de lutte contre les puissances de destruction qui se mettent en travers du calcul des hommes. J'essaye de rester en dehors, de garder les distances. Mais je ne puis me soustraire à l'horrible fascination que cette cérémonie exerce sur moi...Devant l'obstination de la Mort qui se refuse de lâcher sa proie, la Parole mollit, se décourage. Dans la bouche du Sorcier, du rebouteur orphique, le Thrène – car c'est un thrène que j'entends- râle et s'affaisse convulsivement et me laisse ébloui sous le coup d'une révélation : je viens d'assister à la Naissance de la Musique » (extrait)


Le narrateur à quitter New York pour l'Amérique du Sud avec pour mission de trouver des instruments de musique primitifs à rapporter. Son mariage avec une actrice bât de l'aile, il part avec une maîtresse qu'il n'aime pas plus que ça et dès son arrivée au Venezuela, il entre dans un autre monde, un monde où il croise Rosario, le grec Yannes qui a quitté son pays avec pour seul bagage L'odyssée d'Homère, L'adelantado, tous naviguent sur le fleuve pour rejoindre une cité qui vient de naître sous l'impulsion d'Adelantado. La première lecture de ce livre m'avait laissé l'impression d'entrer dans un autre monde, un monde où les mots deviennent sons, parfums, couleurs, où le lecteur lui aussi fait partie du voyage. La relecture m'a paru au tout début décevante mais dès que le narrateur quitte le monde moderne et New York pour un territoire de jungles peuplées de gens hors normes, la magie de ce roman a immédiatement opérée sans le moindre problème. J'ai refais le voyage et vécu avec tous ces personnages. On ressent tout le climat, la lenteur de la navigation fluviale, la violence des éléments, les paysages extraordinaires, des épisodes si étranges que vous avez l'impression d'entrer dans une autre dimension, même le temps ne se compte plus de la même manière. C'est aussi un roman sur la perte irrévocable du paradis, par orgueil et vanité, et plus jamais , le narrateur personnage principal ne retrouvera le passage qui lui permettrait de revenir vers cette cité de l'Adelantado.

Partager cet article
Repost0
12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 02:43
L'ENCHANTEUR de René BARJAVEL
Ed Folio/471p

undefined


Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne, un enchanteur qui se nommait Merlin. Il était jeune et beau, il avait l'oeil vif, malicieux, un sourire un peu moqueur, des mains fines, la grâce d'un danseur, la nonchalance d'un chat, la vivacité d'une hirondelle. Le temps passait sur lui sans le toucher. Il avait la jeunesse éternelle des forêts. Ils possédaient les pouvoirs et ne les utilisait que pour le bien, ou ce qu'il croyait être le bien mais parfois il commettait une erreur, car s'il n'était pas un humain ordinaire, il était humain cependant. Pour les hommes il était l'ami, celui qui réconforte, qui partage la joie et la peine et donne son aide sans mesurer. Et qui ne trompe jamais. Pour les femmes, il était le rêve. Celles qui aiment les cheveux blonds le rencontraient coiffé d'or et de soleil, et celles qui préfèrent les bruns le voyaient avec des cheveux de nuit ou de crépuscule. Elles n'étaient pas amoureuses de lui ce n'était pas possible, il était trop beau, inaccessible, il était comme un ange. Seule Viviane l'aima pour son bonheur , pour son malheur peut-être pour leur malheur ou leur bonheur à tous les deux, nous ne pouvons pas savoir, nous ne sommes pas des enchanteurs. Pour tous il était l'irremplaçable, celui qu'on voudrait ne jamais voir s'en aller mais qui doit partir un jour. Quand il quitta le monde des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Nous ne savons plus qui est celui qui nous manque et que nous attendons sans cesse mais nous savons bien qu'il y a une place vide dans notre coeur. (extrait)


Ma première lecture de ce roman étant très éloigné dans le temps, je l'ai donc relu avec l'impression de ne pas connaître le texte. Il me restait quelques souvenirs très vagues comme l'épisode sur la conception de Merlin qui m'avait beaucoup fait rire la première fois et qui garde le même humour à la relecture. Par contre j'avais totalement oublié certains détails parfois totalement incongrus dans un récit se basant sur la légende «arthurienne » mais qui finalement cadrent bien avec le personnage de Merlin tel que le décrit l'auteur.


L'histoire de la quête du graal est donc vue du côté de ce personnage énigmatique de Merlin l'enchanteur, personnage central sans qui rien ne serait arrivé finalement. On y retrouve quasiment tous les éléments de la légende : Arthur, la table ronde, le siège périlleux, le roi-pêcheur, Lancelot, Guenièvre, Morgane, Perceval, Excalibur, Brocéliande et Viviane entre autres. Bizarrement, l'ambiance est assez semblable à celle que l'on peut ressentir en lisant les romans de Chrétien de Troyes, avec un côté plus moderne voire humoristique dans certains passages qui s'intègrent très très bien dans le récit ( j'aime beaucoup le coup des boîtes de conserve ou de l'ascenseur, marrant et malin car il fallait y penser) sans jamais dénaturer le propos.


Mais le fin du fin reste quand même les histoires d'amour. L'amour coupable, adultère et en même temps intense et romantique entre Guenièvre et Lancelot avec notamment leur première nuit ensemble où l'auteur utilise un procédé osé que j'ai adoré redécouvrir. C'est ingénieux. Cela dit tout sans rien dire, une sorte d'ellipse poétique merveilleuse et tellement adaptée à ce couple légendaire finalement. L'autre amour est celui qui grandit entre Merlin et son élève Viviane, avec sa conclusion inéluctable que l'enchanteur sait qu'il ne pourra ni ne voudra éviter en cela réside toute la beauté de cet abandon de soi qu'exige le lien entre les deux personnages hors normes.


Un roman qui respecte la trame de la légende arthurienne avec même une atmosphère proche des romans de Chrétien de Troyes tout en se permettant quelques petites touches personnelles, une légende fabuleuse et un Merlin qui se rapproche plus de ses premières origines.


Seul petit bémol et ce n'est qu'un petit détail : l'illustration de couverture de l'édition poche ne reflète absolument pas le contenu. Dommage, il aurait fallut quelque chose de moins gentillet et de plus moyenâgeux quand même.

Partager cet article
Repost0
26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 21:01
LA TRADUCTION EST UNE HISTOIRE D'AMOUR de Jacques POULIN
Ed Actes Sud/132p

La-traduction-est-une-histoire-d-amour.jpg


Bon, on le sait, Jacques Poulin est un auteur que j'aime beaucoup beaucoup et ce livre ci ne change pas mon opinion sur son oeuvre : une ode aux petits plaisirs simples de la vie, contempler un paysage, déguster une tasse de thé ou de café, lire, observer des hirondelles en migration ou parler aux chats. Il y a toujours des chats chez Poulin, et Hemingway et un minibus volkswagen aussi. Ah non pas dans ce livre là.


Donc Marine d'origine irlandaise s'est installée dans un chalet près d'un étang sur l'île d'Orléans grâce à Jack Waterman un auteur dont elle veut traduire un de ses livres en anglais. Jack vit dans un immeuble à Québec. L'histoire commence quand un petit chat noir tout maigre fait son apparition dans le jardin du chalet. Il appartient à une jeune adolescente qui apparemment va très mal comme en témoigne le petit mot sur le collier : « Je m'appelle Famine. Je suis sur la route parce que ma maîtresse ne peut plus s'occuper de moi ni d'elle même. Le vieil auteur et la jeune traductrice se mobilisent avec l'aide d'un ancien détective privé pour lui venir en aide. Au bout d'un moment, le fil conducteur devient secondaire parce qu'on est pris par chaque petit moment de vie de cette traductrice qui va réciter des passages de l'oeuvre d'Isabelle Eberhardt à des chevaux de courses à la retraite. On y parle livres, écriture, traduction et auteurs aussi avec suffisamment de talent pour donner envie de découvrir Anne Hébert ou Hubert Mingarelli. On se sent en sécurité dans ces pages et avouez q'un peu de douceur ça fait du bien beaucoup de bien de temps en temps.

Partager cet article
Repost0