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A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 02:48
SARNIA de G.B EDWARDS
Point Seuil/ 635p
Trad (Janine Hérisson)
 
Ebenezer Le Page n’a jamais quitté son île natale Guernesey. Vieil homme solitaire, réputé au caractère difficile, il raconte dans son cahier, sa vie et celle des habitants de son île de 1880 à 1960.
 
G.B Edwards a tout de l’auteur maudit. Il n’a jamais été publié de son vivant et Sarnia premier tome d’une trilogie reste son seul roman. Mais un roman que l’auteur William Golding a qualifié « d’œuvre de génie ». Et à la lecture de ces six cents et quelques pages, on finit par regretter qu’il n’y ait pas de suite, pas d’autre livre. Sarnia est l’autobiographie d’une vieux bonhomme grincheux, paysan têtu et coriace, avec une seule obsession : à qui léguer son patrimoine puisqu’il n’a pas de parent proche et notamment une forte somme en souverains d’or ? Ebenezer, parle de lui, de son île, des deux guerres qu’il aura traversées, de sa famille, de ses cousins, du petit microcosme dans lequel il est né et dans lequel il mourra. Il en parle tellement bien, détail par détail, couche par couche, qu’on finit par y être vraiment dans sa petite île de Guernesey, par connaître tous ses habitants et leurs secrets, par être Ebenezer Le Page des Moulins. Un livre qui se lit lentement pour ne rien perdre des fascinants secrets que recèlent ce petit monde ainsi que ses profondes mutations.    
 
De l’auteur de Sarnia, on ne sait presque rien, sinon qu’il naquit à Guernesey en 1899 et qu’il mourut pauvre à Weymouth en 1976. Il avait demandé à sa logeuse de brûler tous ses autres manuscrits –ce qu’elle fit- et de ne conserver que son acte de naissance « afin qu’on garde trace de son passage » 
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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 02:46
LA SOCIETE DES JEUNES PIANISTES de Ketil BJORNSTAD
Ed JC Lattès/429p
Trad (norvégien) : Jean Baptiste Coursaud
 
Dans les années 60 à Oslo un petit groupe d’adolescents s’étant eux même désignés sous le nom de Société des jeunes pianistes, ont en commun l’amour de la musique. Bien qu’amis ils restent rivaux et se disputent un concours où il n’y aura qu’un seul vainqueur. Aksel, Anja, Rebecca et les autres ont leurs propres initiations vers l’âge adulte à passer.
 
C’est par la voix d’Aksel que l’histoire est présentée et c’est son parcours qui est le principal sujet du roman, sa famille qui fait son deuil de la mère, sa rencontre avec Anja dont il tombe amoureux et les secrets qu’elle cache et qui auront des conséquences non négligeables sur l’avenir. Voilà, c’est un récit comme je les aime. On y entre pour ne plus en sortir avant la fin. On suit avec intérêt grandissant la préparation aux concours, aux premières armes de ces jeunes musiciens. On subit la pression en même temps qu’eux. On les aime et on aimerait les avoir pour amis en vrai, pour les consoler ou les féliciter. Chacun d’eux aura son épreuve du feu et pour chacun rien ne sera plus comme avant. Et puis il y a l’énigmatique Anja et sa non moins énigmatique famille dont peu à peu nous est dévoilé ce qui se cache derrière la jeune fille et son destin. Et la musique accompagne l’histoire tout du long et s’intègre aux événements. De quoi donner envie de découvrir le répertoire classique.
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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 08:21
THOMAS LE RIMEUR de Ellen KUSHNER
Ed Folio sf/370 p
Trad : Béatrice Vierne
 
          
Pour avoir embrassé la Reine des Elfes, Thomas le rimeur se retrouve pour sept années au Pays des Elfes afin de la servir. Il s’en retournera ensuite dans le monde des hommes avec le double don de la Prophétie et de La parole Vraie.
 
C’est une histoire à quatre voix.
Il y a le récit de Gavin : lui et sa femme Meg recueille un ménestrel du nom de Thomas. Il raconte, la rencontre de Tom avec Elspeth une jeune fille du voisinage. Et puis son récit s’arrête à la disparition de Thomas le rimeur.
Il y a le récit de Thomas : c’est le récit le plus long. Il reprend là où Gavin nous a laissés et raconte son aventure dans le Pays des Elfes, comment il est devenu l’amant de la Reine des Elfes, ce qu’il a vu, vécu, là-bas et ce qu’il a gagné pour son retour.
Il y a le récit de Meg : c’est elle qui raconte, le retour de Thomas et note les changements dans sa personnalité. Car il a changé Le rimeur. Il est revenu avec le don de Prophétie et l’impossibilité de mentir. Il va lui en falloir du temps pour se réhabituer à la vie dans le monde humain.
Il y a le récit d’Elspeth : Elle clôt le récit, celle qui est devenu l’épouse de Thomas que tous les nobles viennent consulter pour son don de prophétie. C’est elle qui parle dans les dernières pages et les dernières lignes (et quelle merveille que ces dernières lignes, j’en ai pleuré).
 
Chacune de ces quatre voix est bien distincte et différente les unes des autres (Gavin est un pragmatique, un peu borné, mais avec bon cœur, Meg est une fine psychologue, etc…). Et le récit est adapté en fonction de chaque personnalité. Une intrigue commencée dans le premier récit se clôt dans le dernier. Le personnage de Thomas présente des facettes différentes selon la description qu’en font les autres.
 Et puis, il y a le pays des elfes avec tout ce que la tradition populaire du moyen âge en rapporte. On y croise le Roi qui attend (peut-être Arthur qui selon la légende reviendra un jour), la description des paysages et des créatures vivant là est proche de la poésie. Des images merveilleuses vous restent dans la tête. Et l’intrigue reste palpitante à suivre puisque Thomas n’a pas le droit de parler hormis à la Reine des Elfes et qu’il se retrouve mêlé à une sombre histoire. Comment vas t-il s’en sortir ?
Mais, plus important, c’est que l’ensemble de ces quatre voix forment un chœur harmonieux où chacun complète l’autre pour offrir un récit complet et entier dont on ressort émerveillé. 
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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 02:55
LA PETITE FILLE DANS LE CERCLE DE LA LUNE
 de Sia FIGIEL
Ed Actes Sud/199p
Trad (anglais, îles Samoa occidentales) : Céline Schwaller
 
Samoana a dix ans et vit à Malafeou sur une petite île des Samoa. Et c’est elle qui retrace le quotidien de ses habitants, de la misère, de la violence, des secrets d’enfants qu’il ne faut pas confier aux adultes, et des secrets d’adultes qu’il vaut mieux ignorer.
 
Elle n’a pas la langue dans sa poche Samoana et tant mieux. Il y en a plus pour nous. Son style mêlant le samoan à l’anglais (en version originale) est tout ce qu’il y a de plus poétique. Avec humour, tendresse, chagrin ou révolte, elle décrit sa vie dans ce village, par petites touches et sans cacher ses facettes les plu sordides. La voix d’Ana est alors unique de poésie et d’onirisme et sa vie intérieure en est d’autant plus riche. L’écriture est magnifique et l’on s’attache énormément à cette drôle de petite fille dont on n’oubliera pas la voix si particulière.
 
SAMOANA
Le peuple de la mer. Le clan de la mer. Qui est parti sur ses vaka des Samoa aux Tonga. Aux Fidji. A Aotearoa. A Rarotonga. A Tahiti. A Hawaï. Jusqu’aux autres îles de la Moana. Guidé par les étoiles. Guidé par la lune. Le soleil. Les oiseaux. Les requins. Différents poissons. Rouges/verts/rouges. Tel est mon prénom complet. C’est ce que grand-mère Faga m’a murmuré un soir. Pendant que je jouais au Rami avec elle. Et que je perdais à nouveau. Pour la cinquième fois. Voilà toutes les personnes que tu portes dans ton nom Ana. Partout où tu vas. Où que tu ailles.(…) Est-ce pour ça qu’elle m’avait expliqué la signification de mon prénom ? Parce qu’elle savait qu’elle allait mourir et qu’elle estimait de son devoir de me le dire ? ( …) Chaque fois qu’ils m’appellent, ils appellent Samoana makua et tout le clan de la mer. Du moins c’est comme ça que le voit les personnes âgées. (extrait).
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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 05:35
TOTTO-CHAN La petite fille à la fenêtre
de Tetsuko KUROYANAGI
Ed Presses de la Renaissance/289p
Trad (japonais) : Olivier Magnani
 
La petite Tetsuko alias Totto-chan renvoyée de son école parce qu’elle gênait le bon déroulement des cours est admise dans un autre établissement : L’école Tomoe. Une école pas comme les autres. On y fait classe dans des vieux wagons des chemins de fer, il n’y a pas d’uniforme scolaire et les élèves choisissent eux même dans quel ordre étudier les matières. Très vite Totto-chan s’intègre, prend goût à l’école et se responsabilise peu à peu. Quand elle sera grande, elle dansera Le lac des cygnes ou sera institutrice à l’école Tomoe ou bien les deux. Mais, la guerre conduira à la destruction de l’école sous un bombardement.
 
Tetsuko Kuroyanagi célèbre animatrice de télévision au japon, actrice, ambassadrice de l’UNICEF, directrice adjointe de l’orchestre philharmonique de Tokyo raconte l’expérience de cette école sortant de l’ordinaire où elle avait été admise après son renvoi de sa première école et c’est charmant. On finit presque par regretter que notre propre scolarité ait été aussi banale et à rêver d’une école dans des wagons de train, où le directeur viendrait en personne vérifier si votre repas contient quelque chose de l’océan et quelque chose de la montagne pendant la pause déjeuner et où on favoriserait l’épanouissement des élèves via leur centre d’intérêt. Se plaçant du point de vue de la petite fille qu’elle a été, l’auteure a un style très simple et l’histoire peut facilement être accessible pour les jeunes. J’avais précisé que ce livre avait l’air d’être du bonbon et je confirme : c’est une délicieuse petite douceur à lire. Plus intéressant encore, la postface, où l’auteure revient sur son enfance, l’école Tomoe et celui qui l’a créé, et sur ce que sont devenus certains des élèves qui étaient ses camarades de classe. Tous les ans, un certain nombre d’entre eux se réunissent avec conjoint et enfants à la même date au 3 novembre depuis des années. Ils n’ont jamais oublié cette école et ce qu’elle leur a apporté. Il semble qu’à l’origine Totto-chan, la petite fille à la fenêtre était publié en chapitre mensuel avant d’être relié en un seul volume. Cela se ressent un peu à la lecture mais n’est pas gênant. Par contre, je regrette que les dessins de l’illustratrice Chihiro Iwasaki qui devaient accompagner chaque chapitre et qui existent dans le livre en version originale n’aient pas été intégrées mise à part celui de la couverture que j’aime beaucoup. 
 
« Que sont-ils devenus tous mes camarades de classe qui ont « voyagé » dans le même wagon que moi ? » (extrait)
 
 
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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 00:03
LA BICYCLETTE ROUGE tome 1 et 2 de Kim Dong Hwa
Ed Paquet
 
D’un côté, il y a les habitants de Yetdong, une population âgée, pauvre et paysanne, qui n’a jamais quitté le village et vit encore de façon traditionnelle bien que leurs enfants vivent en ville et y font leurs études, de l’autre il y a Sedong, où ce sont des gens de la ville ayant réussi qui reviennent vivre à la campagne. C’est ça Yahwari. La bicyclette rouge c’est celle du facteur qui distribue le courrier.
 
Les maisons n’ont pas de numéro mais s’appellent La maison jaune dans la verdure, La maison aux nombreux chiens, La maison où l’on se repose, la maison où l’on se sent de mieux en mieux.. Il y a un poète au village qui laisse un poème à l’attention du facteur en échange de son courrier. Il y a la mamie aux gros mots aussi.
 
A coups de petites histoires auto conclusives, l’auteur offre une jolie chronique d’un petit village avec ses moments de tendresse, de poésie, d’humour ou de chagrin. Regroupés en différents thèmes dans le premier tome et par saison dans le second, ces histoires se dégustent une par une en les choisissant un peu au hasard.
 
On s’y attache beaucoup à ces personnages qui circulent dans ces histoires comme cette petite vieille en train de rosir comme une collégienne après un joli compliment de son mari, ou cette autre qui attend des lettres de son fils en prison. Certains instants sont aussi de vrais bijoux humoristiques, l’histoire où une vieille femme se plaint que plus personne n’écrit depuis l’ère des nouvelles technologies et que le seul courrier qu’on adresse ce sont des factures et puis lorsque le facteur a le dos tourné, petite mamie sort son portable dernier cri pour appeler son fils en ville est vraiment très très drôle. Sans compter que le texte qui accompagne les images sont un régal de lecture.
 
Un jour mon fils m’a offert un ordinateur avec l’argent qu’il avait gagné grâce à un petit boulot. J’étais tellement heureux comme un enfant qui aurait reçu en cadeau son premier crayon, que j’ai dessiné sur ce nouveau support toute la nuit : la montagne, le champ, les arbres, les fleurs sauvages, la bicyclette rouge et enfin le facteur…Kim Dong Hwa
 
 
LA BICYCLETTE ROUGE Tome 3 (Les mères)
C'est une pendulette magique qui a le pouvoir d'arrêter le temps !Ca fait belle lurette qu'elle ne marche plus. D'après l'horloger, il est impossible de la faire réparer. Par conséquent nous ne vieillirons plus tant que nous consulterons cette pendulette. (extrait)
Un troisième tome toujours aussi bon. Cette fois-ci, les histoires tournent autour des relations parents-enfants-petits-enfants. Et c'est que du bonheur. Il n'y a pas à dire, les petits récits de la vie quotidienne chez Kim Dong Hwa c'est de la guimauve, de la douceur, de la poésie et de la tendresse tout du long avec de vraies touches humoristiques. Comme cette gentille mamie qui reçoit une lettre de sa petite fille écrit sur l'ordinateur offert par ses parents et dans une langue incompréhensible : le sms. Réflexion de mamie : ses parents ont dû lui offrir un nodinateur bas de gamme pour que ce soit si mal écrit. J'adore, c'est trop mignon.  On aimerait tous vivre dans un monde si bienveillant et serein. Vous pouvez investir dans cette série et croquer comme des friandises les petites histoires de Yahwari.
 
Et bien évidemment, j'attends le tome 4. 
 
 
 
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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 00:03
MEMOIRES D'HADRIEN
de Marguerite YOURCENAR
ed Gallimard/303p 
L'empereur Hadrien au soir de son existence fait le bilan de celle-ci adresse à son successeur désigné son autobiographie et se cherche une sagesse pour accepter sa mort prochaine. Un beau portrait de l'intérieur d'un homme d'état, amoureux des arts (de la Grèce en particulier), de la philosophie et de la paix, diplomate plutôt que guerrier mais sachant prendre les armes lorsqu'il le faut, un peu mystique à ses heures. Marguerite Yourcenar a une écriture magique qui transforme cette confession d'un mourant en un magnifique voyage au coeur de la complexité humaine. Un récit à la première personne, simple, émouvant, ce n'est pas une icône qui s'adresse à nous mais un être humain. "Un instant encore, regardons ensemble les rives familières les objets que sans doute nous ne reverrons plus...Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts...." (extrait) A lire assurément.
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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 00:01
LE TEMPS OU NOUS CHANTIONS de Richard POWERS
Ed Le cherche Midi/763p
Trad : Nicolas Richard
 
 
En 1939, après une tournée triomphale en Europe Marian Anderson retourne en Amérique pour une tournée dans son pays, mais elle est refusée dans les salles de concert au motif qu'elle est noire. Qu'à cela ne tienne, elle chantera gratuitement sur les marches du Mémorial à Washington, devant des milliers de gens venus l'écouter. Parmi eux Délia et David se rencontrent. Lui est un scientifique juif allemand qui a fuit le nazisme, elle a toujours vécu ici, elle est noire. Ils auront trois enfants, et parmi eux Jonah, qui va faire du chant toute sa vie.
 
Dès les premières pages, on baigne dans la musique, le chant, on l'entend dans les mots, et la ponctuation. Sublime. Ah ça m'a donné envie de ressortir tous mes CD classiques...et puis il y a les personnages plongés dans la tourmente de l'histoire américaine et de la lutte pour les droits civiques. Comme pour Trois fermiers s'en vont au bal les périodes se mélangent et se téléscopent, les voix aussi et c'est de là que vient la musique entre autre. On vibre dans cette saga familiale qui embrasse l'histoire récente des Etats Unis. On ne voudrait jamais les quitter. Ce livre est probablement plus abouti que son premier roman, plus émotionnel sûrement. A lire lentement pour apprécier l'ensemble, vous ne pourrez pas vous empêcher de fredonner quelques airs...
 
Nous sommes en 1961, Jonah Strom, la Nouvelle Voix de l'Amérique, a vingt ans. Voilà comment je le vois avec quarante ans de recul : j'ai maintenant huit ans de plus que l'âge que mon frère atteindra jamais. La salle s'est vidée ; mon frère chante encore. Il continue de chanter jusqu'à la barre finale, et le tempo va diminuendo jusqu'à disparaître dans l'obscurité de la fermata. Un garçon chante pour sa mère qui ne peut plus l'entendre. Cette voix était si pure qu'elle aurait inspiré du repentir aux chefs d'Etats. Mais cette voix connaissait exactement l'ombre qui l'accompagnait, en retrait, juste derrière. Et s'il avait existé une voix pour envoyer un message dans le passé afin de corriger le futur, c'eût été celle de mon frère (extrait).
L'avs de Cuné
L'avis de Papillon
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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 00:00
PILGRIM de Timothy FINDLEY
Ed Le serpent à plume
 
« - Qu’est ce que la certitude ? »
« - Ne rien savoir. » (extrait)
 
Le 17 avril 1912, un dénommé Pilgrim se pend à un arbre de son jardin à Londres. Il est déclaré officiellement mort par deux médecins. Cinq heures plus tard, son cœur bat de nouveau. Interné à la clinique psychiatrique de Burghölzi de Zurich, il est pris en charge par un certain Docteur Carl Gustav Jung. Pilgrim affirme ne pas pouvoir mourir et avoir eu plusieurs vies au cours desquelles il aurait connu Léonard de Vinci, Sainte Thérèse d’Avila, Oscar Wilde et d’autres…Alors mythomane ou victime d’une étrange malédiction.
 
On entre dans cette histoire extraordinaire dès les premières lignes et on a beaucoup de mal à en sortir (pour l’anecdote, j’ai voulu lire un ou deux chapitres avant de me coucher jusqu’à ce que je me rende compte qu’il était presque cinq heures du matin et que j’avais dévoré près des deux tiers du roman).
Il n’y a rien à jeter dans ce livre. Les personnages, l’intrigue, le style (encore que l’on puisse s’en faire difficilement une idée avec une traduction) tout est incroyablement réussi. Findley alterne les passages dramatiques ou chocs avec des petits bijoux d’humour, de tendresse (Jung et sa femme au début de l’histoire du moins), des petits riens de la vie qui rendent encore plus crédible l’histoire. Le plus fort dans ce roman c’est que l’auteur utilise des personnages ayant réellement exister, des évènements réels survenus à ces personnages et qu’il les mélange à sa fiction de façon très astucieuse. On se surprend à rechercher des références historiques derrière chaque ligne. Autant vous avertir après avoir lu Pilgrim, vous n’aurez plus jamais le même regard pour la Joconde.
En dire plus serait gâcher votre plaisir de découvrir cette petite merveille qui a rejoint mes livres préférés. Il fait parti de ces rares livres qui continueront à vous toucher et vous émouvoir même après que la dernière page sera tourné.
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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 05:48
COURIR AVEC DES CISEAUX
d'Augusten BURROUGHS
Ed 10/18 318p
Trad : Christine Barbaste
 
Augusten a toujours su qu'il était différent. Mais différent de qui ? De quoi ? De sa mère, complètement psychotique qui se fait tripoter par la femme du pasteur en déclamant des poèmes ? De son père, alcoolique, qui testerait bien le couteau à pain sur la gorge de sa femme ? De son psy et tuteur légal, encore plus déjanté, qui lit l'avenir dans ses étrons, une Bible à la main ? Augusten verra bien. En attendant, il vit, tout simplement. Il pense à l'avenir. Il sera star, ou docteur, ou coiffeur. Il arrêtera de manger des croquettes pour chats. Ou pas. Récit d'une adolescence pas comme les autres, dans une époque pas comme les autres.
 
Je sais également gré à mon père et ma mère de m'avoir donné même par inadvertance  une enfance à ce point mémorable. De plus, je voudrais remercier chaque membre d'une certaine famille du Massachussetts pour m'avoir accueilli chez elle et considéré comme un des siens. Mais je tiens par-dessus tout à remercier mon frère pour m'avoir démontré, exemple à l'appui, l'importance d'être unique (extrait)
 
Effectivement, l'auteur peut remercier tout ce beau monde car dans le genre d'une enfance mémorable, je crois n'avoir jamais rien lu de plus dingue. Mais derrière les situations racontées de façon très drôle, on sent le complet désarroi d'un enfant sans repère de stabilité dans sa vie, horrifiant et comique à la fois, personne ne voudrait de la jeunesse d'Augusten et pourtant on ne peut s'empêcher de rire avec lui des actions délirantes de cette bande de fous furieux [Le premier signe prouvant que la situation était en train de changer s'est manifesté sous la forme d'une dinde industrielle surgelée. Hope l'avait gagné à un concours organisé par une station de radio en étant la première à appeler pour identifier une chanson  de Pat Boone. Comme la volaille n'entrait pas dans le freezer, Hope pour la décongeler l'a placée dans le bac à douche. Or la maison ne disposait que de deux salles de bain et Hope avait mis la dinde dans celle du rez-de- chaussée-celle où se trouvait la douche. Alors plutôt que d'enlever la volaille pour faire nos ablutions, nous nous sommes tous douchés avec la dinde à nos pieds (extrait)].  Autre point fort de ce livre, c'est qu'il vous fait relativiser les épisodes de votre adolescence qui n'a (sauf rares cas) jamais pu être aussi désastreuse que la sienne. Mieux, à lire, dites-vous que les pires bêtises que vous avez pu faire, n'arrive pas à la hauteur de deux ados qui un jour d'ennui, se sont décidés à littéralement exploser le plafond de la cuisine puis découper une partie du toit afin d'installer une fenêtre préalablement prélevée de la buanderie, fenêtre à ce point mal posée qu'il pleut huit mois sur douze dans la cuisine et qu'il neige les quatre autres mois, une casserole pour recueillir l'eau est en permanence posée sur la table de la cuisine et ils n'ont même pas été au moins sermonnés. Cette vie aura au moins permis à l'auteur d'engranger des idées de livres pour la fin de ses jours. Et moi, je me lirai bien Déboire, la suite de cette épopée loufoque. Parce qu'on ne s'ennuie jamais en suivant la vie d'Augusten. et qu'il a le talent de vous embarquer pour une autre dimension, voire une autre planète, impossible que des timbrés pareils soient originaires du même monde que le nôtre....si ?
 
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