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A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 00:03
LE TROISIEME POLICIER de Flann O'BRIEN
Ed Phébus Libretto/251p
Trad : Patrick Reumaux
 
Irracontable. Voyons, c'est l'histoire d'un type qui avec un complice assassine un homme réputé riche et qui à la recherche du magot finit par se retrouver dans un commissariat bizarre avec de drôles de policiers obsédés de bicyclettes et en plus il a oublié son nom. Irracontable je vous dis...
 
J'aime quand les histoires partent en vrille, qu'on ne sait pas où on va et qu'on soupçonne l'auteur de ne pas le savoir non plus. Là j'ai été servie et bien servie. Et donc vous apprendrez que l'abus de l'usage de la bicyclette peut entraîner des conséquences fâcheuses. Les cyclistes ont tendance à devenir des vélos tandis que ceux ci s'humanisent petit à petit. Que les unijambistes peuvent bénéficier de l'aide d'une confrérie bien organisée et que le troisième policier a son propre commissariat entre les murs de la maison de l'homme que vous avez assassiné. Je ne vous raconte pas non plus l'obsession du narrateur pour les élucubrations délirantes d'un philosophe nommé De Selby. Du non-sens totalement assumé et j'en veux encore un peu s'il vous plait.
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 00:03
UNE TRES VIEILLE PETITE FILLE
de Michel ARRIVE
Ed Champ Vallon/242p
 
Une très vieille dame, Geneviève Briand-Lemercier ? C'est ce que l'état civil indique : quatre-vingt-onze ans. Mais en même temps une toute petite fille. Elle ne résiste à aucune tentation et se trouve réduite chaque fin de mois à vendre chez Gibert quelques-uns un de ses livres. Elle suit toujours à la lettre la consigne donnée par son père il y a trois quarts de siècle, d'écrire chaque jour quelques lignes de son journal. Cependant l'angoisse la point : Madame Bertrand la prestigieuse professeure de graphologie et d'astrologie transcendantale dont elle paie à prix d'or les leçons lui donne la consigne de ne plus écrire et même de "désécrire". C'est que le poids de ses écrits est un obstacle à sa longévité. L'immortalité ? Elle ne pourra l'atteindre qu'à condition de se défaire, de tous ses vieux cahiers. La vieille dame entreprend dans la douleur son travail de "désécriture". Mais peu à peu elle s'interroge : ne serait-il pas plus commode de tuer les êtres plutôt que les lettres ?
 
Délicieux, un vrai petit bijou avec un personnage charmant qui doit être une plaie à vivre pour son entourage néanmoins, avec notamment sa manie de répondre à tous les jeux concours bidons en croyant fermement avoir gagné le gros lot et en passant des commandes pour des objets hors de prix qu'elle n'utilisera jamais. Geneviève n'a qu'une obsession : l'immortalité. Ses commentaires sur son passé, sur ce qui se passe dans son immeuble, sur les gens qu'elle fréquente forment la trame du roman et bien entendu la grande question est : ira t-elle jusqu'à tuer pour prolonger son existence. C'est qu'elle y croit fermement à cette immortalité qu'elle s'efforce d'atteindre quitte à passer sur le corps de ses enfants du reste. C'est férocement drôle et tendre à la fois. Cette petite bonne femme est tout bonnement géniale et sa vision de la vie est plutôt optimiste, témoin sa demande d'un prêt bancaire sur une longue durée pour pouvoir financer des travaux chez elle. On l'aime Geneviève, on espère qu'elle est au moins devenue centenaire. Cependant, je n'irai pas manger de crêpes chez elle, ce ne serait pas très prudent.
Merci à Cuné pour ce petit cadeau extra génial et un coup d'oeil sur son avis
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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 03:32
UN ANGE CORNU AVEC DES AILES DE TÔLE
de Michel TREMBLAY
 
Un récit autobiographique : à travers les livres qui l'ont marqués  l'auteur nous transporte dans ses souvenirs d'enfance jusqu'à son entrée en littérature, de son premier livre lu à son premier titre publié. C'est un véritable hymne à l'amour de la lecture qui ne peut faire que vibrer les passionnés des livres, ces fondus des librairies et des bibliothèques parce que : "Ouvrir un livre demeure l'un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie"
 
LES VUES ANIMEES de Michel TREMBLAY
 
 
Comme pour Un ange cornu avec des ailes de tôle, Michel Tremblay raconte les films qui ont marqué son enfance et son adolescence et nourri sa vocation littéraire. Avec en prime le tout premier roman de l'auteur Les loups se mangent entre eux, né après visionnage des Visiteurs du soir. 
Avec gourmandise et  enthousiasme, l'auteur nous parle de son amour pour le cinéma et son impact sur son imaginaire. Il fait également un retour sur ses souvenirs d'enfance. On retrouve avec joie et enthousiasme la famille Tremblay et principalement la mère de l'auteur, un personnage marquant il faut bien le dire. Quant au premier texte de l'auteur en fin de volume, il est ce que sont les premiers essais maladroits dans l'écriture, un peu décousu, des personnages assez caricaturaux mais avec un sujet intéressant sur l'homosexualité
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 04:58
L'ELU de Chaïm POTOK
Ed 10/18
Trad : Jean Bloch-Michel
 
Dans les années 40, aux états unis, deux adolescents au cours d'une partie de base ball se rencontrent. Ils sont tous les deux extrêmement brillants mais n'appartiennent pas à la même communauté. L'un est fils d'un rabbin hassidique strict considéré comme un saint par toute sa communauté, l'autre est fils d'un juif plus modéré, professeur de collège. Malgré leur différence, ces deux garçons deviennent amis.
 
Que dire, si ce n'est que cet avis ne rendra jamais justice à ce récit racontant une amitié envers et contre tout et à l'amour qui existe malgré tout entre père et fils. Passionnant, dense, émouvant, ce livre est un vrai plaisir de lecture. Et même sans rien connaître du Talmud, de la Torah ou d'autres questions religieuses judaïques, on finit par se passionner pour le sujet, mais aussi pour les mathématiques (oui c'est moi qui ose dire ça) et la psychologie. Mais surtout, il y a Daniel le surdoué, si intelligent et si brillant qui rêve de quitter son milieu trop strict et son amitié incassable avec Reuven. Ces deux là, bien que partageant la même religion vivent dans des mondes totalement séparés et pourtant rien ne pourra entamer leur amitié. A conseiller et plutôt deux fois qu'une.
ce qu'en pense Papillon
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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 05:03
DE CAPES ET DE CROCS : 1 Le secret du janissaire
AYROLES ET MASBOU
Ed Terres de Légende (Delcourt)
 
Don Lope : Carne Y Sangre !
Maupertuis : Maupertuis ose et rit !
Don Lope : Maupertuis ose et rit ?  C'est grotesque !
Maupertuis : Cette devise Monsieur glapie par ma famille depuis Azincourt n'a rien de risible.
 
L'espagnol Don Lope de Villalobos Y Sangrin  (Le loup) et le Français Armand Raynal de Maupertuis (le renard) suite à une sombre affaire de duel ont du fuir la cour du roi de France et survivent comme ils peuvent depuis. Jusqu'à ce que suite à un concours de circonstance, ils mettent la patte sur la carte menant à un fabuleux trésor dans les mystérieuses îles Tangérines. Se joindra à ce duo, Eusèbe...un...hum, oui c'est ça...un lapin (blanc) fort efficace dans sa partie.
 
Un premier tome délirant, où on ne peut qu'adhérer totalement à l'histoire grâce au couple improbable que représente un loup et un renard au caractère bien trempé. Bien que le reste des personnages soit humain sauf pour Eusèbe, l'insertion de personnages animaliers se fait sans heurt et tout naturellement et en plus ils sont d'un charme fou. Sans compter que le contraste entre les deux sont d'un comique irrésistible. Il faut avoir vu au milieu de galériens tout en muscle et aux gueules patibulaires, le minuscule Eusèbe, lapin blanc un peu dodu qui tente de faire ce qu'il peut pour manier l'aviron. Et quand l'ignoble Mendoza donne l'ordre de le faire fouetter à un marin celui ci refuse parce qu'il est trop mignon. C'est à mourir de rire. Et puis, il y a la langue employée qui fait tout le charme de cette bd, un langage châtié et savoureux, proche de celle employée à l'époque des romans de cape et d'épée et qui sied à merveille à ce type de récit.
 
Maupertuis : A moi Capitan Mendoza ! Serez vous aussi courageux face à un renard armé que devant un lapin sans défense ?
Mendoza : Sais-tu à qui tu as à faire pitoyable venaison ? (extrait)
 
On aussi droit à des doses d'humour irrésistibles, un scénario qui tient la route alors forcément on a envie de les suivre dans l'aventure ces deux charmeurs d'aventurier et leur compagnon de fortune, Eusèbe le lapin blanc fort débrouillard dans son genre (et pour ceux qui ont vu Sacré Graal, il est inutile de leur dire qu'un lapin n'est pas aussi inoffensif qu'on le pense).
 
 
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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 00:02
LA HORDE DU CONTREVENT d'Alain DAMASIO
ed La Volte/521p
 
Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême Amont".
Mon nom est Sov Strochnis, scribe, Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime."
 
"Nous sommes fait de l'étoffe dont sont tissés les vents" (extrait).
La lecture de La Horde du Contrevent  est une aventure à elle seule. Il faut accepter d'entrer dans un monde hors norme où c'est au lecteur d'imaginer, de bâtir des hypothèses sur l'univers dans lequel se déroule l'histoire : une histoire passionnante épique, racontée à près de 22 voix. 
Ce qui surprend avant tout c'est la forme particulière du roman. La pagination est inversée (de la page 521 à 0), les personnages sont représentés par un glyphe associé à leur nom [ ) Sov Strochnis, Scribe<> Aoi Nan, cueilleuse et sourcière,  X Oroshi Melicerte, aéromaître, )- Arval Redhamaj, Eclaireur, (.) Alme Capys, soigneuse, ~ Callirhoé Déicoon, Feuleuse, etc..] car chacun d'entre eux devient narrateur et raconte l'histoire. Il faut donc se reporter assez souvent sur la liste des personnages pour savoir qui parle (sauf pour les principaux que l'on finit par mémoriser).
Il ne faut pas oublier l'inventivité du vocabulaire lié au souffle, au vent etc...On y rencontre des créatures appelées Chrones aux propriétés étonnantes.
C'est un roman qui se dévore une fois acceptés les partis pris de l'auteur mais qui peut éventuellement déboussoler les lecteurs habitués à une trame classique en fantasy.
 
") De mon passé de rafale, je n'ai jamais cherché à dégravoyer le lit. Mes souvenirs sont faits d'épaisseurs, de vents et de poussière. Je coule, j'avance à pas élastiques, délardé comme une pierre, étréci jusqu'au dense, jusqu'à l'axe. Avant même de naître, je crois que nous marchions. Nous étions déjà debout, la horde entière étalée en arc, déjà fermes sur fémurs et nous avancions avec nos carcasses raclées et nos côtes nues, les rotules rouillées de sable, à griffer le roc avec nos tarses. Nous avons marché longtemps ainsi, tous ensemble à chercher la première de toutes nos prairies. Nous n'avons jamais eu de parents : c'est le vent qui nous a faits." (extrait)
 
Le CD : le roman est vendu avec un CD spécialement créé pour être écouté pendant la lecture du roman. Personnellement, mise à part 2 ou 3 morceaux plutôt agréables, j'estime que c'est un plus dont on peut se passer, d'autant que les passages parlés gênent plus la lecture qu'ils ne la prolongent.
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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 08:11
LE DEMI FRERE de Lars Sabye CHRISTENSEN
ed JC Lattès/884p
 Trad (Norvégien) Jean Baptiste Coursaud
 
Disons qu'il y a Barnum et Fred deux frères qui n'ont pas le même père, un triumvirat féminin (l'arrière grand-mère, la grand-mère, la mère), une série de pères pas toujours recommandables, Peder et Vivian (le meilleur ami et la petite amie), des scénarios de films, de la boxe, du cirque, bref une vie remplie.
 
Ce roman explore tant de pistes, soulève des tas de questions (le papa de Barnum pourrait-il être le papa de Fred finalement, rapport au doigt manquant ?) qu'il existe encore dans votre tête une fois la dernière page lue et le livre refermé. Et finalement, qui est le héros de ce roman Barnum le narrateur ou Fred le frère qui apparaît et disparaît mystérieusement et semble avoir une influence occulte dans la vie de son demi-frère ? Chaque personnage a son mystère, son excentricité particulière et semble lié aux autres d'une façon ou d'une autre. Et l'une des grandes forces du récit c'est que cela n'est quasiment jamais explicitement dit.
Ce livre est tellement énorme que tout aborder m'est impossible. Ce qui est sûr c'est que si vous vous sentez capable de plonger dans une énorme saga familiale qui se passe en Norvège avec des tas de personnages et des thèmes forts, ce roman est fait pour vous.
 
 
HERMANN de Lars Saabye CHRISTENSEN
Ed  JC Lattès/285p
Trad  (Norvégien) Jean Baptiste Coursaud
 
Herman, 11 ans est atteint d'une maladie rare qui lui fait perdre ses cheveux. Comment parviendra t-il à accepter le regard des autres et à s'accepter ? C'est sans compter sur son caractère bien trempé et son sens de la répartie phénoménal
 
Bien que le récit ne soit pas aussi intense que Le demi-frère, c'est tout de même une réussite comme roman. On a beaucoup de sympathie pour le personnage principal même quand il fait tourner en bourrique ses parents en particulier et les adultes en général. On retrouve la patte de l'auteur dans la description de l'enfance et les personnages un peu bizarres et hors normes. Petit à petit Herman tente d'apprivoiser sa nouvelle apparence, et puis Ruby sa camarade de classe aux cheveux roux, commence à s'intéresser à lui alors tout espoir n'est pas perdu.
Ce qu'en pense Cuné et Papillon
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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 00:02
LE DESTIN MIRACULEUX D'EDGAR MINT de Brady UDALL
ed 10/18-545p
 
Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j’avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela,  d'une manière ou d'une autre découle de cet instant où un matin d'été, la roue arrière gauche de la Jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos (extrait)
 
Miraculé après un terrible accident Edgar Mint décide de retrouver la personne responsable du drame et de la rassurer sur son sort. C'est avec cette détermination en tête que le voici plongé dans des tribulations plus ou moins dramatiques, croisant au passage une véritable galerie de personnages fantasques et déroutants.
 
Pour Edgar, l'existence est une succession de miracles ou de coups du destin. Il se détermine lui-même comme un agent de ce destin puisque les gens qu'il croise voient leur petite vie tranquille bifurquer dans des directions inattendues en bien ou en mal. C'est avec bonheur que l'on suit ce drôle de petit bonhomme qui découvre le monde avec un crâne bosselé et une détermination sans faille pour mener à bien sa mission : retrouver l'homme responsable de l'accident qui le croit mort. Ce sera là l'occasion d'en découvrir plus sur l'incroyable destinée d'Edgar. A dévorer avec gourmandise.
 LE PETIT BATARD de William KOWALSKI
ed 10/18 489p
Trad : Philippe Loubat-Delranc
 
Par une matinée de 1970, Thomas Mann découvre un bébé dans sa cour. C'est le "bâtard" d'Eddie son fils mort au Vietnam. Elevé par son grand-père qui ne se remet pas de sa ruine suite à l'affaire des autruches et de la mort de son fils, le petit Billy reçoit une éducation non-conformiste. Seul point noir : pas question de fréquenter Annie Simpson sa petite voisine.
 
Il y a de l'Edgar Mint (héros du Destin miraculeux d'Edgar Mint de Brady Udall)chez Billy Mann, ils ont beaucoup de points en commun : une enfance bizarre et hors norme, l'écriture acharnée, et un certain optimisme face aux tribulations de l'existence. Parce que l'on pourrait croire face au 4ème de couverture à une histoire dramatique, sinistre, et franchement peu enthousiasmante et bien non, c'est tout le contraire. L'auteur pratique une forme d'humour très second degré (ah ! Le récit de la guerre de Thomas Mann telle qu'il l'a vécu, c'est un grand cru), il y a beaucoup de tendresse entre Billy et son grand-père, difficile de quitter cette drôle de famille qui ne fait jamais rien comme tout le monde. Même mourir pour eux prend des allures de renaissance. C'est parce que le jeune Billy aura enfin récupérer une partie de ses origines familiales qu'il pourra envisager sereinement l'avenir et pourquoi pas se lancer sur les traces de sa mère, mystérieuse jeune femme dont l'évocation dans le roman est suffisamment intrigante pour donner envie d'en savoir plus.
MAUVAIS GARCON de Willy RUSSELL
Ed 10/18 483p
Trad : Aline Azoulay
 
Raymond Marks est en route pour Grimsby "le dépotoir à chalutiers de la côte la plus glaciale de la mer du Nord" parce que son Oncle-Jason l'ignoble individu lui a trouvé un boulot là bas. Il décide de faire la mort dans l'âme, le trajet en stop mais rien ne se passe comme prévu, et Raymond a décidément beaucoup de choses à écrire dans ses lettres qu'il n'enverra pas à Morrissey le chanteur du groupe Smiths dont il est fan entre autres les péripéties du voyage et les raisons qui l'on conduit là.
Drôle, touchant, tendre, ce Raymond qui ne fait rien comme tout le monde et que tout le monde voudrait voir "normal" va finir par trouver sa voie et s'accepter enfin au cours des différentes étapes de son voyage (qui est quand même l'occasion de rencontres étranges, parfois hostiles et parfois amicales) et de sa mémoire (la vie de Raymond, sa famille, ses amis). On s'attache vite à ce drôle de type, sa guitare et sa façon de décrire le monde et les gens dits "normaux' qui l'entourent. Mais c'est quand même sa génialissime mamie qui emporte les suffrages. Elle est fabuleuse. J'en veux une comme ça. La vie de Raymond est un incroyable récit loufoque mais cependant très logique avec des scènes cultes comme le coup de la boîte de biscuit à l'enterrement par exemple, ou encore mieux le groupe de Country prenant en stop Raymond et qui lui raconte la vie d'un certain Cow-boy. Cet été, partez donc à Grimsby avec Raymond et Morrissey.  

 

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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 00:00
TIGANE de Guy Gavriel KAY
Ed J'ai lu/925p
 
Deux seigneurs sorciers se sont jetés à la conquête des provinces de la Palme. Alberrico le barbadien prêt à tout pour le pouvoir absolu et Brandin d'Ygrath rongé par la perte de son fils lors de la prise de Tigane. Tigane, la province qu'il a maudit en l'effaçant de l'esprit de tous y compris de ses habitants. Mais, dans l'ombre de ces deux puissances, la flamme de la résistance continue encore à brûler.
 
De complots en conspirations, de manipulations politiques et religieuses en corruptions diverses, petit à petit ce qui reste des rescapés de Tigane commence à se réunir pour la perte de deux tyrans. Sauf, que si l'un est obnubilé par le pouvoir et est d'une cruauté irrécupérable, l'autre n'est pas aussi différent de ceux qui veulent sa perte, il devient même très humain. Enfin, de la fantasy où on finit par ne plus savoir qui est le gentil et le méchant dans l'histoire. Pas de dragon, ou de boule de feu, ici la magie est plus discrète et subtile et ce n'est pas l'intérêt de l'auteur. Se basant sur l'histoire des provinces italiennes de la renaissance, l'auteur invente une fresque historique transposée dans un monde de fantasy,  fascinante et des personnages hors normes qui sortent enfin des archétypes de ce type de littérature. Du grand art. A dévorer sans modération.
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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 10:12
LES FRERES KARAMAZOV de Fédor DOSTOÏEVSKI
Ed Babel/tome 1 584 p tome 2 791p
Trad (russe) : André Markowick
 
 
 
 
Fiodor Pavlovitch Karamazov a tout du père débauché, négligeant ses enfants et les spoliant financièrement et affectivement. Lorsqu'il meurt assassiné chez lui, le soupçon retombe sur l'un de ses fils mais lequel est véritablement coupable.
 
Le roman fleuve voire océan par excellence. C'est que l'histoire dévie parfois de son cours principal pour visiter des méandres secondaires. Qu'importe, parce que c'est toujours intéressant, passionnant et que cela sert la trame principale en fin de compte. La situation familiale des Karamazov est loin d'être simple. Les voici englués dans une affaire qui mêle amour passionnel, jalousie, et argent qui aura une conclusion funeste pour l'un d'entre eux et des séquelles irréversibles pour les autres. Ces singuliers individus se disputent la même femme ou le même héritage et ont un comportement qui trahit leur ranc?ur vis à vis des autres. Manifestement, ces frères là n'ont pas digéré leur enfance sordide. Sauf en ce qui concerne, Aliocha, le troisième fils qui semble échapper à cette frénésie. Les sentiments sont exacerbés jusqu'à l'hystérie et l'auteur démonte les mécanismes de la jalousie, de l'envie et de la haine avec beaucoup de maîtrise. On y voit les causes et les conséquences et dans les événements et dans la psychologie des personnages L'autre pilier du roman est : existe t-il une morale si Dieu n'existe pas ? C'est une question qui revient sans cesse dans les discours de chaque personnage. C'est du reste leur conviction sur la question qui pousseront les personnages dans leurs actes. Certains chapitres méritent à eux seuls la lecture de ce roman, Le grand inquisiteur par exemple ou la brillante confrontation entre Ivan Karamazov et Smerdiakov où ce personnage fait preuve d?une analyse psychologique très intéressante. Vous voulez un grand roman, aussi grand que la Russie, qui vous parle de la passion, de la haine, du crime, de la recherche d?une certaine forme de morale et de rédemption, vous venez de le trouver.
 
 
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