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A Propos De

  • : A Livre Ouvert...
  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 00:16
L'ENFANT BLEU d'Henri BAUCHAU
ed Actes Sud/374p
 
Véronique travaille comme analyste dans un hôpital de jour et prend en charge un adolescent perturbé : Orion. Très vite elle découvre son talent pour la peinture et la sculpture et l'encourage à développer son don. Commence un long chemin vers une hypothétique guérison sous l'ombre protectrice d'un mystérieux enfant bleu.
 
Assurément un gros coup de cœur. L'histoire devient vite passionnante. On suit pas à pas les petits progrès, les grandes régressions, les bons jours et les mauvais de cet étrange artiste par les yeux de sa psychothérapeute. L'auteur prend le temps de développer les autres personnages qui gravitent autour de Véronique et Orion et  eux aussi ont aussi leurs histoires qui s'intègrent à la principale. Enfin, l'auteur a le bon goût de ne pas transformer l'histoire en guérison miracle puisque le récit se déroule sur de nombreuses années. Emouvant, poétique, hymne à l'expression artistique, ce livre offre un portrait inoubliable et bouleversant celui d'Orion et de son ange protecteur l'enfant bleu.
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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 08:21
BONBONS ASSORTIS de Michel TREMBLAY
Ed Actes Sud/175p
 
Michel Tremblay a le don. Celui de vous faire entrer dans son monde comme si vous en faisiez déjà partie. Bienvenue dans son enfance et dans la famille Tremblay de la rue Fabre. Chez les Tremblay, on est pauvre mais fier (pour reprendre l'expression d'un humoriste bien connu) et on le prouve avec beaucoup d'amour et d'humour. Bonbons assortis ce sont des petits moments de l'enfance de l'auteur, entre le drame d'offrir un cadeau de mariage quand on a pas un sou et la quasi-existence avérée du Père Noël, des petites douceurs à déguster sans modération. Le chapitre sur la terreur de l'orage reste quand même mon préféré. Oui moi aussi j'ai peur des orages mais je n'en suis pas au stade ultime décrit par l'auteur où les placards se remplissaient de femmes affolées munies de rameau et d'eau bénite.  Quels personnages de roman fabuleux cela ferait ! Michel Tremblay ne s'y est pas trompé lui puisqu’on peut discerner dans Les chroniques du plateau Mont-Royal quelques-uns uns des membres de cette famille nombreuse au verbe haut et à la personnalité bien tranchée. Et puis soyons franc, quelqu'un dont le grand-oncle possède le numéro personnel du Père Noël moi je dis qu'il vaut la peine d'être lu. On ne sait jamais....
Toujours plus de Michel Tremblay et encore
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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 07:36
LE MAITRE ET MARGUERITE
de Mikhaïl Boulgakov
 
Depuis que Wolland un mystérieux étranger spécialiste es magie noire et son invraisemblable équipe ont débarqué à Moscou, rien ne va plus. Tout à commencer lorsque Mikhaïl Alexandrovitch Berlioz rédacteur en chef d'une revue littéraire et le poète Ivan Nicolaïevitch Ponyriev aussi connu sous le nom de plume Biezdommy eurent une discussion avec Wolland sur la non-existence de Jésus par conséquent du diable. S'en est suivi une succession d'événements ahurissants et un vent de panique à commencer à souffler dans la ville. Mais que vient donc faire ici cet écrivain interné dans un asile qui se fait appeler Le Maître (dont quelques chapitres de son roman sur Ponce Pilate apparaissent dans le récit) et son histoire d'amour avec Marguerite ? L'appartement 50 est-il réellement maudit au vu des disparitions et faits étranges qui ont eu lieu entre ses murs ? Les femmes peuvent-elles se transformer en sorcières et un respectable comptable du théâtre des variétés en vampire ? Pourquoi doit-on être poli avec les chats noirs qui parlent, jouent aux échecs et tiennent à payer leur place dans le tramway ? Vous pensez réellement que Satan puisse séjourner dans une ville aussi respectable que Moscou  vous ?
 
Jubilatoire. J'ai probablement raté énormément de significations profondes en lisant ce livre mais j'ai pris un plaisir fou à le lire. Ou comment d'un événement sommes toute anodin (une conversation dans un parc entre trois individus), on arrive à l'internement à leur demande de centaines de personnes dans des asiles psychiatriques, deux incendies, des troubles sur la voie publique impliquant des femmes en sous-vêtements sortant d'un théâtre, une pluie de billets de dix roubles qui n'en sont pas, un grand bal chez Satan et une Marguerite prête à tout pour le Maître y compris pactiser avec les forces obscures. Bref une folle sarabande. Le seul hic à la lecture, c'est l'apparition de multiples personnages et la nécessité d’être bien concentré sur sa lecture pour se rappeler qui est qui en raison des prénoms et noms russes pas toujours faciles à retenir.
 
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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 00:15
LE ROI EBAHI de
 Gonzalo TORRENTE BALLESTER
ed Folio/214p
Trad : Claude Bleton
 
Le roi d'Espagne Philippe IV (1621-1665) a passé la nuit avec la prostituée Marfisa. Lui vient alors la volonté de voir la reine nue ce qui est interdit par l'Eglise et le protocole. D'étranges phénomènes se produisent alors qui amènent la Sainte Inquisition à délibérer...
 
Jubilatoire. C'est drôle, léger, très malin. Une simple affaire domestique se transforme en affaire d'état voire en question spirituelle. Il faut savourer les délibérations entres ecclésiastiques pour savoir si le roi est en état de péché grave et si cela ne va pas affecter l'Espagne tout entière en faisant tourner la guerre à l'avantage des anglais ou des hollandais (oui à cette époque, l'Espagne est en conflit avec la Hollande et l'Angleterre). Faut-il mentionner l'attitude politique des grands de la cour qui complotent pour contrer la volonté du roi (et accessoirement de la reine qui aimerait bien avoir une vie de couple normale) ?  Sans compter l'opinion de la rue partagée entre ceux qui respectent les commandements de l'Eglise et ceux qui approuvent le couple royal de vouloir braver l'interdit. S'en suit alors une conspiration visant à réunir le roi et la reine dans une chambre à coucher et une autre qui vise à empêcher que cela se produise. Au milieu de tout cela, on trouve  aussi un moine qui a des conversations fort courtoises avec le diable. Un bon petit roman historique sur un sujet original. Une petite comédie de mœurs à découvrir.
 
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23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 00:03
LA DECOUVERTE DU CIEL de Harry MULISCH
Ed Gallimard/683p
Trad (néerlandais) :
Isabelle Rosselin (avec la participation de Philippe Noble)
 
Imaginez un livre qui contiendrait tout : une histoire, des personnages fascinants mais aussi, l'Histoire, les sciences, les arts, les religions, l'amour, l'amitié, un secret qu'à côté les révélations du Da Vinci Code c'est de la rigolade, et même un grand plan cosmique parce que oui tout a été prévu.
Imaginez qu'après avoir été en immersion complète dans ce livre, après avoir vécu toutes les événements que traversent les héros, après avoir tenter d'assimiler toutes les informations distillées dans le texte, vous deviez maintenant rendre compte de votre lecture, mettre par écrit tout le ressenti, tout ce que contient ce livre.
Mission impossible. Aucun mot de ma pathétique prose n'arrivera à vous transmettre la richesse, l'inventivité et l'impressionnante maîtrise de ce prodige qu'est La découverte du ciel. Une seule chose à dire : si vous ne deviez lire qu'un seul livre cette année, que ce soit celui ci.
 
Dans mon expérience de lectrice, il y aura un avant et un après La découverte du ciel et il va falloir faire vraiment très fort pour le dépasser. Et maintenant, je n'ai qu'une hâte : le récupérer en poche (chez folio) pour l'avoir là à portée de main, parce que je ne peux plus m'en passer.
 
Quelques petites questions me titillent quand même:
- L'observatoire de Westerbrock au Pays Bas, il existe vraiment ?
- Une météorite est-elle vraiment tombée pas loin du site ?
-L'expérience tentée en Thaïlande au sujet des élections présidentielles opposant Giscard d'Estaing et Mitterrand, elle a vraiment eut lieu ?
- La sancta Sanctorum elle est vraie ?
Quand je vous dis que ce livre ne peut plus vous quitter une fois que vous l’avez lu.
L'avis de Cuné et de Papillon
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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 00:35
LE MONDE DE BARNEY de Mordecai RICHLER
 
Les mémoires d'un vieux grincheux alcoolique, amateur de cigares et fan de hockey et toujours amoureux fou de son ex femme Miriam.
 
Teigneux, rancunier, d'une mauvaise foi redoutable, tirant à boulet rouge sur tout ce qui passe à sa portée,  Barney est un sacré personnage. Ses mémoires auraient pu être l'occasion de se montrer sous un aspect plus favorable et bien non. Même dans cet exercice de style où il aurait eu l'occasion de démentir son sale caractère, il continue à revendiquer son rôle de vieux râleur et hargneux. La lecture est jubilatoire à souhait, tout le monde est égratigné (et Barney ne s'épargne pas non plus) à coup de phrases assassines incroyablement caustiques. Le plaisir de la lecture vient aussi que les mémoires de Barney ne sont pas linéaires. Il raconte en suivant une forme d'association d'idées. Ce qu'il dit est parfois rectifié par les notes en bas de page rédigées par un de ses enfants ce qui donne un air d'authenticité à ces politiquement incorrectes mémoires de Barney. C'est dense, passionnant, très drôle, et émouvant aussi, et on finit même par avoir de l'affection pour ce personnage haut en couleur qu'est Barney Panosfsky.
Allez voir chez Cuné pour son avis à elle...
 
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12 mai 2006 5 12 /05 /mai /2006 00:19
MON FRERE ET SON FRERE de Hakan LINDQUIST
Ed Gaïa/219p
Trad : Anne Ruchaud
 
502 jours séparent le dernier jour de ta vie et le premier de la mienne. Malgré cela tu as toujours été présent, plus ou moins présent. (extrait) 
Jonas est né après la mort de son frère aîné Paul. En grandissant, son obsession pour lui l'amène à tenter de connaître ce frère par les témoignages de ses parents, d'amis, des photos ou des lettres et de savoir qui était véritablement Paul et ses secrets?
 
Dès les premières lignes, on est dans un roman de l'absence ou plutôt de la présence d'un fantôme qui de son vivant a laissé une empreinte très vive auprès de ceux qui l'ont connu. Mais l'ont-ils aussi bien connu qu'ils le croient ? Car Jonas va découvrir des aspects de la vie de son frère que ne soupçonnent pas ses parents. Chaque petit indice incite à en trouver d'autres quitte à suivre une fausse piste. Et au final saura t-on jamais pourquoi Paul se trouvait sur cette voie ferrée quand le train est arrivé ? En cherchant son frère, Jonas finira par trouver le grand amour de celui-ci. Qui est la personne pour qui il était Muj maly princi (mon petit prince en tchèque) ? Et si c'était l'occasion de se découvrir soi-même ?
 
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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 00:01
LE BOIS DUNCTON de William HORWOOD
 Ed L'atalante/759p
 
Prologue : Brin-de-Fougère naquit par une nuit d'avril dans un terrier plein d'ombre et de chaleur qui s'enfonçait  au plus profond du réseau de galeries du Bois Duncton, réseau qui appartient à l'Histoire, six années-taupes après la naissance de Rébecca. Ce qui suit est le récit de leurs amours et des efforts épiques qu'ils durent déployer pour pouvoir les vivres un jour. Il s'agit d'une histoire vraie, tirée de nombreuses sources, et qu'on puisse la raconter constitue déjà un miracle aussi grand que les faits qu'elle relate. Mais sans une autre taupe, sans le bienheureux Boswell d'Unffington, Brin-de-Fougère et Rébecca auraient été victimes de leur légende et ce qu'ils ont réellement vécu se serait perdu peu à peu dans la nuit des temps pour devenir une simple histoire d'amour. Or leur vie fut bien davantage que cela comme l'attestent les registres tenus par Boswell. Ce sont eux qui fournissent l'essentiel de la documentation sur laquelle s'appuie cette chronique. Il existe d'autres sources. Certaines figurent dans les bibliothèques des Terriers Sacrés, d'autres sont gravées sur la pierre de rochers solitaires ou toujours transmises par les récits extraordinaires que l'on conte dans chacun des réseaux de galeries que les hasards de la vie ont amené ces trois taupes à fréquenter. Mais elles sont bien fragiles en comparaison de l’œuvre de Boswell lui-même. Sans son amitié, sans son audace, aujourd'hui  l'on ne saurait plus rien de Brin-de-Fougère. Pourtant sans Brin-de-Fougère, Boswell n'aurait jamais trouvé la grande tâche qui lui revenait. Et sans Rébecca, il n'y aurait rien du tout à raconter. Donc associez leurs trois noms dans une même pensée reconnaissante quand vous les évoquerez ainsi que les temps troublés où il leur fallut mener leur existence. (extrait)
 
Ou comment passionner le lecteur en mettant en scène des taupes. Attention, ici il ne s'agit pas de gentilles petites bestioles légèrement anthropomorphiques dans leur physique ou leurs occupations bien, qu'on trouve dans la société taupe, un centre religieux (Uffington) avec des scribes (ils écrivent sur des feuilles d'écorce), des chefs de réseaux belliqueux, sanguinaires, des guérisseurs et des sorciers, etc...Voici donc l'histoire des taupes du Bois Duncton qui vécurent sous le règne du tyrannique et violent Mandrake, puis le sournois et malveillant Rune.
 
 Il est également question d'une quête, celle de la septième pierre et du septième Livre celui du Silence encore inconnu des taupes-scribes d'Uffington. On y trouve une très belle histoire d'amour qui continue à perdurer malgré la distance, les dangers et le temps qui s'écoulent.
 
Nous sommes loin de l'atmosphère gentillette des histoires pour enfants. L'auteur excelle dans l'art de l'ambiance, on perçoit le passage des saisons dans les modifications du climat, de la végétation et même de la terre. Et que dire de la galerie de personnages qui prennent soudain vie dans la tête du lecteur. Vous ne verrez plus jamais les taupes de votre jardin avec le même oeil une fois ce livre lu.
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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 00:32
LE BUVEUR DE LUNE de Göran TÜNSTRÖM
 Ed Actes Sud/302p
Trad (suédois): Marc de Gouvenain et Lena Grumbach 
Petur est de retour en Islande où son père vient de mourir. Isolé dans leur maison près du volcan La Fretlà, il entreprend de raconter son père fantasque, sa mère sismique avalée par un volcan et son enfance.
Il n'y a pas de mot pour dire toutes les émotions qui se sont succédées à la lecture, si ce n'est  un seul: Encore ! Oui encore des mots magiques qui vous font voyager loin dans votre cœur, encore des voyages sur la lune, des recettes de poisson délirantes, et encore une guerre diplomatique causée par un ballon de foot. C'est le livre à lire et relire, à relever tous les paragraphes fabuleux qu'il recèle. Oui je veux aller en Islande pour ça
Les nuages qui avaient obscurci le sommet de la Fretla reculèrent soudain et le pré devant mon chalet d'été s'illumina. La mer d'un bleu profond était hachée de rouleaux blancs et sur la côte des centaines de sternes se baignaient dans une petite flaque. Il y avait aussi des pluviers dorés, des pies de mer et des mouettes qui de temps en temps tels des nuages de neige, émergeaient des montagnes d'oiseaux. Les huit chevaux de l'épicier échangeaient de grands hochements de tête et un léger vent frais descendu du glacier courut sur les coussins mauves du serpolet avant de s'en aller vers les champs de lave des Terres-Stériles.
Et puis pas la peine de partir il suffit de le relire et de se laisser porter par les phrases. C'est aussi une histoire d'amour entre un père et un fils, un père qui aura toute sa vie chercher à compenser l'absence de la mère et à  offrir à son fils, une histoire unique et des souvenirs inoubliables.
En fin de compte tout ce que nous vivons n'est que divagation de l'esprit. En fin de compte, nous aurons quand même inventé nos vies, écrit une chanson qui s'attarde sur la surface de la terre une minute encore après que s'est tue la dernière note. C'est la raison pour laquelle cette bougie est ici pour dire : Il y a bien eu un récit, la flamme est faible, vacille faiblement. (extrait)
 
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22 avril 2006 6 22 /04 /avril /2006 00:44

FRERE ALOYSIUS ET LE PETIT PRINCE de Philippe MONOT

Ed Nestiveqnen/318p

 Le monde connaît un phénomène étrange : le grand Effacement. Il s'estompe progressivement perdant, couleurs, reliefs, consistances puis des morceaux disparaissent laissant à la place, une surface brune, sans relief ressemblant à du parchemin. Frère Aloysius moine magicien de Sushany a quitté l'Ordre pour découvrir la cause de l'Effacement et un moyen de guérison. Parallèlement, un sorcier à l'éthique douteuse a fait enlever le prince Silvan un enfant de neuf ans né aveugle persuadé qu'il détient le moyen d'enrayer ce processus.

 

 Il était une fois un gentil magicien plutôt naïf, un aventurier opportuniste, un petit prince courageux, un troll, un roi tyrannique et un méchant sorcier dans un monde qui s'efface progressivement. Ceci est un conte qui non seulement raconte une histoire merveilleuse mais aussi est raconté dans un style délicieux, drôle, ironique, et avec une belle écriture. J'ajoute qu'il est important de lire les notes de bas de page. Il y a dans celles-ci des trouvailles ingénieuses, un humour que ne renierait pas Terry Pratchett (un autre spécialiste de la note de bas de page humoristiquement assassine) et elles sont lors d'un certain voyage dans le grand pays du Toutetrien, capitales pour la compréhension du texte. Faites un bout de chemin avec Frère Aloysius, vous n'allez pas vous ennuyer.

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