Rachel Morgan est une sorcière au service du SO
(Sécurité de l'Outremonde) et traque les délinquants de la magie et du surnaturel du Cloaque de Cincinnati. Sauf que question boulot, ce n'est pas la grande forme. Elle a enchaîné pas mal de
bourdes et d'échecs dans l'exercice de ses fonctions et le dernier en date avoir coffré le fils du maire pour lycanthropie aggravée en dehors de la pleine lune l'a probablement grillée pour le
reste de sa carrière à moins que ce ne soit d'avoir rendu chauve la quasi totalité des passagers d'un bus en voulant appréhender un suspect ? Toujours est-il qu'elle se retrouve à bosser sur des
cas minables.
Rachel en a ras le sortilège de son travail et décide de se mettre à son compte en s'associant avec Ivy une vampire non pratiquante (comprenez qu'elle ne boit pas de sang humain), et Jencks un
pixie plutôt débrouillard doté d'une famille nombreuse. Mais on ne quitte pas le SO sans courir de graves risques, ceux qui l'ont fait ont tous péri dans de mortels "accidents". C'est ce que
Rachel va découvrir quand une floppée de tueurs outremondien va être mise à ses trousses. Alors pourquoi ne pas coincer le plus gros trafiquant de drogues, le richissime homme d'affaire Trent
Kalamack et obtenir une immunité bien méritée ? Sauf que Trent est peut-être plus dangereux que le SO réuni.
Un premier tome d'une série très dynamique dont l'héroïne parvient sans souci à se mettre dans les pires ennuis et à s'en sortir plus ou moins bien. J'ai personnellement beaucoup ri lorsque
Rachel lit dans le bus le guide amoureux du vampire avec tout ce qu'il faut pour séduire son amant vampire, et les détails pratiques des galipettes très euh...exotiques avec illustrations et
tableau des accessoires compris. Alors pour les amoureuses d'Edward voici un petit conseil : "Tous les vampires ne sont pas semblables. Demandez vous si votre
amant aime parler sur l'oreiller. Les préludes amoureux peuvent être très divers. Une conversation sur des liens passés et sa lignée trouvera forcément écho et éveillera son orgueil sauf si votre
amant est d'une maison de second rang" (extrait). C'est encore plus drôle de voir qu'apparement tous les passagers du bus on lu le bouquin eux aussi et lui conseillent de consulter
les meilleurs passages.
A part ça, je trouve très chouette que le contexte surnaturel ne se limite pas aux traditionnels vampires et loups-garous avec la sorcellerie très présente en prime mais qu'on trouve aussi des
leprechauns, des pixies, des fées et autres qui ne sont pas toujours exploités dans les autres séries du même genre. L'héroïne est une sorcière de la terre et tire son pouvoir de potions et de
charmes qu'elle se fabrique ou qu'elle achète selon ses moyens. Elle est aussi une sorcière blanche qui refuse de pratiquer les arts noirs et notamment le commerce avec les démons, sauf que..les
choses ne sont pas simples quand il est question de survie. Les autres personnages sont bien servis, avec une mention particulière pour Jencks le pixie très sympathique et apparemment très
séduisant quand on le voit de près (c'est tout petit un pixie), et aussi pour le machiavélique méchant qu'est Trent et qui promet beaucoup pour la suite. Pas mal de pistes intéressantes s'ouvrent
pour les tomes suivants que je lirai bien volontier, d'autant que la série arrive en poche chez Milady d'ici peu. Un livre détente très agréable à lire.
LE BON LA BRUTE ET LE MORT VIVANT de Kim
HARRISON
Ed Milady
Pages :573
Trad (anglais) : Jean Schmidt
Format poche
Genre : fantasy urbaine
Quand un mystérieux tueurs en série s'en prend aux sorciers qui utilisent la magie des lignes, Rachel Morgan
suspecte le mystérieux et dangereux Trent Kalamack d'être pour quelque chose dans ses crimes, toutes les victimes ayant été en contact avec lui avant de mourir...
On peut dire que ce deuxième tome recèle bien des surprises sur le passé de notre héroïne qui a apparemment des
connexions particulières avec son ennemi juré le très beau et mortellement dangereux Trent. Elle possède également un don inégalé pour se fourrer dans des ennuis de gravité cosmique, comme par
exemple, traiter avec les démons (ce qui arrive quand on pratique la magie des lignes) et risquer d'y perdre son âme. Moins d'humour que dans le précédent tome mais beaucoup plus de révélation
sur les personnages, les relations qu'ils entretiennent entre eux, les divers groupes ethniques des outres.
Cela dit, je me suis bien amusée quant à la phobie des tomates et dérivés de la tomate développée parmi la
population humaine. Et oui, quand on sait que des tomates transgéniques où s'était implanté un virus mortel développé par l'armée a décimé le quart de l'humanité mettant à égalité démographique,
le peuple outre et les humains, il y a de quoi être terrifié par du ketchup je vous assure. Et la grosse crise de panique d'un agent fédéral face à une part de pizza est assez
réjouissante.
Tout doucement, le monde imaginé par Kim Harrison se développe et amène à en apprendre plus sur les vampires, les
garous, les pixies, les fées, la magie des lignes, les démons, qu'est-il arrivé réellemùent au peuple des elfes décimé par le virus à cause de leur manie de se mélanger aux lignées humaines ?
Pourquoi les démons s'intéressent-ils autant aux pouvoirs de la sorcière Rachel ? Est ce que son petit ami humain va perdre son âme à force d'invoquer les démons ? Quel but poursuit l'inquiétant
et séduisant Trent Kalamack ? Vivement la suite que je trouve des réponses. Peut-être...
