La famille Von Arnim aménage dans la campagne allemande à Nassemheim. Le jardin est à l'abandon depuis des années
et Eizabeth décide de s'atteler à la tâche avec l'aide de jardiniers qui s'obstinent à ne pas comprendre ses directives et n'en font qu'à leur tête, surtout que la dame ne connaît rien aux
jardinage et s'obstine à leurs lire les manuels pour leur bien leur expliquer comment planter des fleurs .
C'est sous la forme d'un journal qu'elle raconte son amour des plantes, des fleurs et son regret en tant que dame de qualité de ne pas pouvoir s'occuper elle-même des plantations. On
comprend comment les descriptions des merveilleux jardins du roman Avril
enchanté et surtout celui des fleurs sont si vivantes en lisant cette petite chronique. Et puis, elle parle aussi des livres, une passion qu'elle cache un peu aux femmes de
bonne famille qu'elle fréquente attendu que la lecture est une affaire d'homme. Elle fait d'ailleurs une très jolie description de la bibliothèque de la demeure familiale.
L'Homme de Colère ne fréquente guère la bibliothèque. Pour lui ce n'est qu'un
lieu neutre où nous nous tenons chaque soir pendant une heure avant qu'il se retire dans ses appartements enfumés de l'aile sud-est. Elle a je le crains l'air bien trop gai pour être une
bibliothèque authentique. Son joli décor jaune et blanc a quelque chose de primesautier et presque de frivole. Des rayonnages blancs couvrent les murs, il y a une grande cheminée et quatre
fenêtres au midi qui donnent sur la partie de mon jardin qui m'est la plus chère, celle qui entoure le quadrant solaire ; si bien qu'avec toute cette couleur, ces flambées et ce soleil qui rentre
à flots l'air y est parfaitement sain en dépit des vénérables volumes qui peuplent ses rayonnages. En fait j'imagine que ceux-ci pourraient fort bien abandonner leurs stalles, relever leur pages
et se mettre à danser (extrait)
En dehors de cet aspect anecdotique, on découvre la vie et les moeurs de l'époque dans les famille nobles et bourgeoises de l'allemagne de la fin du XIXème siècle, et j'avoue avoir pas mal tiqué
sur certains points notamment sur les classes dites "inférieures", la condition féminine, sur certains de ces points j'ignore si l'auteur fait du second degré où pense réellement ce qu'elle dit
ou si elle est en accord avec les propos de son mari entre autres. C'est un peu flou par moment. Mais c'est quand même agréable à lire à condition de se mettre dans le contexte de l'époque. On a
par exemple, l'art et la manière de faire une vie d'enfer à une invitée imposée sous couvert de lui être agréable, comment pique niquer en plein hiver et comment manger avec des
moufles...etc..
Elle démontre aussi qu'il est possible de conjuguer la lecture et le jardin de façon agréable.
Je lisais une vie de Luther que m'avait
prêtée notre pasteur lorsque je ne me contentais pas de regarder autour de moi et de me laisser aller à mon bonheur. Un jour, il était venu me trouver avec son livre et il m'avait supplié de le
lire après avoir découvert que mon intérêt pour Luther n'était pas aussi ardent qu'il aurait dû l'être. Aussi l'avais je emporté avec moi au jardin sachant d'expérience que les livres les plus
moroses peuvent acquérir des grâces inconnues pourvu qu'on les lise dehors..(extrait)

Et donc ce livre ayant été publié en 1898, il entre dans le cadre des