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  • : A Livre Ouvert...
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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 02:45
JE HAIS L’ETE de Claude Henri BUFFARD
Ed Mille et une nuits/110p

je-hais-l---t--.jpg
 
Il est évident que l’accumulation d’autant de désagrément pour cette saison prête à sourire. Mais convenons en : qui n’a pas râlé, pesté contre au choix : le Tour de France, les voisins de serviette sur la plage, les insectes piqueurs lors des repas sur la terrasse, la chaleur, la sieste, les touristes et leur sans gêne, les mobylettes, les gens, les enfants des autres, l’été…Heureusement que toute cette hargne, mauvaise foi, dirigée contre la saison estivale est faite avec beaucoup de talent et d’inventivité d’écriture. Regroupées en petites vignettes, chaque désagrément est une vraie petite perle à découvrir où on finit forcément par se reconnaître dans telle ou telle affirmation parfois déformée par l’exagération. Un livre à picorer un peu au hasard où à lire d’emblée. On y trouve quelques bonnes doses d’humour, des réflexions fort justes aussi et plutôt tendre sous des dehors de mysanthropie assumée : 
 
L’été dans la campagne, on redécouvre des espèces disparues. Je ne parle pas de la mystica deferla ou de la Cigala scatella mais de l’Ami 6, de la R4, de la 403. L’été nous ferait vite croire que c’est l’enfance qui continue. Les R4 y roulent encore. Elles ont des immatriculations à deux lettres, un F collé sur le hayon arrière, une porte qui n’est pas de la même couleur que les autres. Au volant, les vieux y sont les mêmes qu’en enfance, des vieux éternels, qui ne vieillissent plus gravés dans le paysage pour toujours saluant d’autres vieux, le béret sur la tête, les mains derrière le dos qui marchent sur le bord de la route en plein soleil. Saleté d’été qui nous ferait croire que l’enfance est un pays où on peut revenir régulièrement, impunément, éternellement. Alors qu’il suffit de jeter un regard lucide sur le dispositif familial autour de la grande table du jardin pour comprendre que les beaux étés de l’enfance ont disparu. Aujourd’hui, on fête déjà les dix ans du petit. Et le petit ce n’est plus vous, c’est un autre être qui vous ressemble peut-être un peu et qui vous crie de bonheur dans les oreilles. Il vous regarde, vous, au bout de la table, assis à l’ombre, usurpant la place du père. Vous avez- vous aurez bientôt- une casquette à visière sur le front pour éteindre définitivement votre regard clair d’enfant floué. Dans le garage, il y a un 4 x 4 neuf de marque étrangère, au fond du jardin, l’Ami 6 est une carcasse. Y nichent les poules (extrait)
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commentaires

C
mzexi Rodocrozit, j'aime beaucoup les photos sur ton blog.
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R
Je viens de decouvrir ton blog,et j'aime ! Ton avis me donne envie de lire ce livre (je me retrouve un peu dans le titre aussi)... je note le titre pour ma prochaine venue en France :-)
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C
Stephanie, je lirai ton avis avec plaisir.Cathulu, et l'été qui n'est qu'un automne à peine amélioré ?
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C
Je l'avais aussi beaucoup aimé.  Dans la  catégorie on peut rajouter: "je hais l'été qui se  transforme en automne"...
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S
le hasard est joueur :)j'ai lu le livre hier, ma critique sera publié ce soir :)
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