Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
MORT D'UNE GARCE de Colin DEXTER
Jusqu'à présent je ne connaissais l'inspecteur Morse que par la série télé (j'ai un faible disons très grand, pour les séries policières britanniques). Bien que je
savais qu'il était d'abord un personnage de romans policiers, je n'avais pas eu l'envie de lire les romans de Colin Dexter.
Morse est inspecteur de police dans la ville d'Oxford. Passionné de littérature et d'opéras Wagnériens, il résout
des enquêtes criminelles secondé par le Sergent Lewis. Morse est d'une intelligence supérieure, la preuve il remplit les grilles de mots croisés du Times en moins de dix minutes car c'est un
cruviverbiste acharné. Morse est aussi un célibataire endurci, ce n'est pas qu'il tienne tant à sa liberté c'est surtout que régulièrement dans la série, ses tentatives de rapprochement avec le
sexe opposé finit toujours dans une impasse. On ne connaît pas son prénom et quand on le lui demande sa réponse est toujours la même : « On m'appelle Morse ».
J'ai donc finalement décidé de m'attaquer à la version papier avec Mort d'une garce (titre bien évocateur)
et je ne m'attendais pas du tout à dévorer les pages avec autant de plaisir, car pour ce titre là du moins, j'y ai trouvé quelque chose de peu présent dans la série : de l'humour
!
Morse se retrouve donc hospitalisé à cause d'un ulcère à l'estomac. Et comme il n'a rien à faire d'autre, il lit.
Car grâce à la prévoyance du sergent Lewis, il s'est constitué une mini PAL (Morse est un peu comme nous les LCA et ça le rend bien sympathique) de deux livres, un essai intitulé : Etude
comparée des crimes et de leurs peines dans le comté de Shropshire 1842-1852, et également un roman à classer dans la section « galipettes » le Billet
bleu (il faut bien se détendre un peu). Et puis un troisième ouvrage s'ajoute à la pile, offert par une vieille dame un peu sénile, un livre publié à compte d'auteur relatant une affaire
criminelle de 1859. Morse se passionne pour ce récit d'autant qu'à la lecture il a de sérieux doutes sur la culpabilité des accusés et pense qu'on a pendu deux innocents. Et comme il n'a rien de
mieux à faire, il décide de reprendre l'enquête depuis son lit d'hôpital avec l'aide d'une charmante bibliothécaire rendant visite à son papa et du fidèle Lewis.
D'abord, ce livre est fait pour ceux qui aiment lire car toute l'affaire repose sur la lecture entre les lignes du récit d'un fait divers et d'une bonne analyse de texte. En bon lecteur qui aime les mots, Morse prend le temps de décortiquer ses lectures et d'en donner un avis subjectif (si si même le roman sur les galipettes y a droit), sur le style, le talent ou l'absence de talent de l'auteur, les influences que l'on ressent à la lecture et il regrette l'absence de son dictionnaire bien aimé pour vérifier l'exactitude de l'orthographe de certains mots. (je vous dis que Morse devrait tenir un blog lecture lui-aussi.) En outre chaque chapitre se voit précéder d'un extrait d'oeuvres et de citations littéraires dont celle-ci que j'adore et que j'ai fièrement affiché tout en haut de mon blog pour ce mois-ci :
« La première chose indispensable dans une bibliothèque, c'est une étagère. De temps en temps on peut y mettre de la littérature. Mais l'étagère est essentielle (Finley Peter Dunne, Mr Dooley Says) » (extrait)
Quant à l'intrigue criminelle, l'enquête est menée de main de maître, bien qu'il soit impossible de rétablir la vérité sur cette affaire, Morse met un point d'honneur à aller jusqu'au bout de ce qu'il est possible de faire juste pour le principe et parce que ça l'embête de laisser quelque chose d'inachevée. La révélation finale ne fait que confirmer les soupçons de l'inspecteur qui pourra alors reprendre des enquêtes plus classiques. Ce premier essai est une découverte d'un auteur que j'ai boudé à tort et que je vais m'empresser de lire pour me faire pardonner. Je vous recommande chaudement et les livres et la série (pour ceux qui ne connaissent pas).

BIJOUX DE FAMILLE de Colin DEXTER
Ed 10/18
Pages : 319
Trad (anglais) : Hélène Macliar
Format poche
Coll : « Grands détectives »
Genre : polar
A Oxford, un groupe de touristes américains s'installe à l'hôtel. Une femme du groupe est retrouvée morte dans sa chambre apparemment suite à un infarctus mais
son sac à main a disparu. Or, un bijou d'une valeur inestimable d'un point de vue archéologique et qui devait être remis au musée d'Ashmolean se trouvait dans ce sac. Quelques temps plus tard,
l'universitaire qui devait recevoir officiellement le bijou au nom du musée est retrouvé mort assassiné.
Entre les vrais et faux alibis de chacun, les mobiles des uns et des autres, l'inspecteur Morse chargé des deux affaires et son fidèle adjoint Lewis vont avoir du
mal à démêler le sac de nœud et trouver le lien entre le vol et le meurtre. Deuxième titre de la série de lu et je ne suis pas déçue. J'y ai retrouvé avec joie les citations en début de chaque
chapitre et l'humour pince-sans-rire de Morse notamment dans les échanges entre lui et Lewis.
L'intrigue est bien complexe et difficile de savoir qui est le coupable avant la fin où Morse fait une véritable conférence devant des touristes et une conférencière ébahis. Entre temps, les
fausses pistes s'enchaînent au grand plaisir du lecteur plutôt soulagé de savoir que même une intelligence supérieure comme Morse peut se tromper.
Ce deuxième tome confirme tout le bien que je pensais de la série lors de la lecture du premier.
