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  • : Des lectures en tout genres, des auteurs, des avis subjectifs totalement assumés, un prix chimérique, des challenges auxquels je ne peux résister, des swaps et pleins d'autres choses sympas. Il y a de tout dans ma bibliothèque. Bienvenue et bonne visite alivreouvert@hotmail.fr
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 14:15
SNOBS d'E.F BENSON
Ed Salvy/217p
Trad : Alain Defossé
Illustr : George Planck

« Dans la société anglaise, le snobisme est une religion qui, sous le règne d'Edouard VII, a connu une flamboyante apogée » disait le texte en quatrième de couverture et de conclure par « Cher lecteur si vous éprouvez une certaine tendresse pour les duchesses fossilisées, les jeunes gens qui s'adonnent à la broderie, les ecclésiastiques passionnés de tennis et de mondanités, ce livre est pour vous ». En douze portraits satiriques, Benson brosse un état des lieux des manies et obsessions de ses contemporains. C'est drôle et grinçant à la fois, certains de ces individus sont à la limite du pathétique parfois. Tout n'est pas toujours très réussi dans certains portraits mais manifestement l'auteur avait l'oeil et le bon pour faire mouche sur pas mal de travers humains. Un auteur dont je me ferai un grand plaisir d'approfondir la découverte avec son cycle de Mapp et Lucia.

« Winifred Ames naquit la plus jeune d'une famille de six filles, dont la mère malgré sa ténacité, n'avait réussi à en fourguer aucune à un mari distrait. Toutes étaient assez disgracieuses, solides, carrées (comme des tapis de grande largeur) et lorsqu'elles s'asseyaient à la table familiale de Warwick Square encadrées par leur mère corpulente et autoritaire à un bout et par leur père discret et minuscule à l'autre, elles faisaient penser à la tablée d'un mess d'officier de réserve. (...) Peut-être existait-il une connivence secrète entre elle et son père mais ils n'avaient guère l'occasion de conspirer, car on expédiait sans tarder ce dernier à la City immédiatement après le petit déjeuner, et on lui donnait sa pâtée dès son retour le soir, puis un jeu de carte pour faire des patiences. » (extrait)

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 06:51
PHENIX de Bernard SIMONAY
Ed Le Rocher/386 et 457p

Dans un futur lointain, depuis le jour du soleil où la Terre entière s'est embrasée par la faute des hommes, détruisant une civilisation humaine très avancée, et transformant le monde en un champs de ruine, 'humanité s'est un peu relevée de la catastrophe et vit désormais dans la crainte du savoir et de la science que seuls conservent les prêtres et qu'ils ne distribuent qu'au compte goutte de peur que l'orgueil humain ne le pousse à nouveau à provoquer la colère des dieux et un nouveau jour du soleil. Syrdahar est une petite cité repliée sur elle-même et entourée des terres bleues, des terres maudites où rien ne vit, ne pousse et qu'on ne peut franchir sans mourir. C'est là que sont nés et vivent les jumeaux Dorian et Solyane qui ont déjà un penchant coupable l'un pour l'autre. Mais ces deux enfants ont des ennemis au delà des terres bleues, terres bleues ennemis qui réussirent à franchir ces terres maudites, et à détruire Syrdahar. Heureusement grâce à leur mère, les enfants purent être sauvés mais désormais seuls dans un monde dont ils ignorent tout, ils doivent cacher leurs identités réelles pour que leurs ennemis ne les retrouvent pas. C'est dans les terres du comte de Gwondaleya que les enfants devenus Arnaud et Isabelle vont grandir, devenir adulte et affronter la terrible vérité sur leurs origines et la raison pour laquelle, ils sont devenus une cible à abattre dès leur conception.


Ma première lecture avait été très enthousiasmante pour ce roman. J'ignorais même qu'il avait une suite en deux tomes Graal et La malédiction de la licorne, le premier tome donnant une histoire complète et se suffisant à lui-même. Si Graal se laisse lire avec plaisir, j'ai totalement décroché avec le troisième tome qui m'a déçue partant dans du n'importe quoi et étant finalement plus verbeux et ennuyeux que passionnant, j'ai abandonné à la moitié du livre et n'y suis jamais revenue.

J'avais apprécié la cohérence de cet univers post apocalyptique dans lequel se déroule l'histoire, mais un univers qui n'est pas vraiment glauque et sinistre comme généralement cela se passe dans ce type de récit.

Certes tout n'est pas rose, on croise des mutants appelés garous, qui ont une vie pathétique et peu enviable. L'humanité est revenue à des pratiques peu glorieuses comme l'esclavage qui consiste à spolier l'esprit d'un individu et d'en faire une machine docile sans volonté aucune ni désir de rébellion. Un système féodal s'est mis en place avec la main mise d'une religion fabriquée de toute pièce sur le savoir et qui en contrôle soigneusement l'accès.

A côté de ça, on y trouve une civilisation qui a tout de même un niveau de vie technologique dans certains domaines très élevé. Les moeurs sont plutôt libérés. Les femmes peuvent jouer un rôle politique ou social important. La diversité des cultures qui perdurent malgré une certaine uniformisation de la civilisation est assez séduisante.

Les personnages vivent dans un monde selon des règles quasi féodales mais où l'on perçoit des échos du nôtre de la même manière que nous vivons avec les vestiges des anciennes civilisations qui nous ont précédés ce qui donne un point de repère à la lecture puisque la géographie du monde a bien changé pendant ces quelques milliers d'années.

Le plus intéressant est le mélange entre une culture féodale et des éléments très futuristes. D'un côté : il existe une hiérarchie des pouvoirs, (le Commandeur qui chapeaute les dix sept empires qui eux mêmes sont au dessus des comtes et des barons, les chevaliers étant à part puisqu'ils sont considérés comme les égaux des puissants), une toute puissance de la religion (une religion fabriquée de toute pièce) qui contrôle l'accès aux savoirs et distribuent avec parcimonie quelques rares technologies qu'elles jugent non dangereuses. De l'autre côté : les nobles sont génétiquement modifiés pour vivre plus longtemps et pour disposer de pouvoirs psi (plus on est haut dans la hiérarchie nobiliaire, plus les pouvoirs sont importants), les chevaliers ont des montures créées par des manipulations génétiques, on croise des cyborgs, des clones, et même des vaisseaux spatiaux.

Quant à l'histoire, elle est intrigante. On sent dès le départ qu'il y a un énorme secret autour des jumeaux. Ils se découvrent des ennemis implacables qui n'hésitent pas à user de tous les moyens pour les tuer mais aussi des alliés parfois vraiment étranges qui semblent attendre d'eux quelque chose qu'ils ignorent. L'aventure avec un grand A n'est pas loin et c'est avec un grand plaisir que l'on accepte de suivre les personnages pour en savoir plus.

Il existe donc deux suites à ce roman qui est un récit complet et peut parfaitement se suffire à lui-même. Le deuxième tome Graal se déroule une vingtaine d'années plus tard et met en avant la génration suivante, il est plutôt agréable à lire, le troisième La malédiction de la licorne vire un peu au n'importe quoi à mon goût et j'ai laissé tombé à la moitié. Il existe aussi un roman dont l'action se situe des milliers d'années et montre la reconstruction du monde après la catastrophe et notamment la genèse du comté de Gwondaleya mais il ne m'attire pas spécialement donc je ne peux pas vous dire si c'est bien ou non.

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 09:40
QUAND LES DIEUX BUVAIENT 1
BLANCHE NEIGE ET LES LANCE-MISSILES de Catherine DUFOUR

Ed J'ai lu/598p


De toute façon les contes de fées, c'est rien que des bêtises. D'abord Blanche-Neige en fait, elle était une tyrannique impératrice, chez elle c'était une dictature horrible et elle n'a jamais foutu les pieds dans le cercueil de verre. Par contre c'est Cendrillon qui a fini sous la cloche a fromage pendant des années et même que le prince n'est jamais venu. Et Aurore Dubois-Dormant et sa copine Peau-d'Ane ont viré leur marraine fée à grand coup de tatanes dans le derrière, marre de moisir dans des cabanes en bois en faisant de la pâtisserie pour au final ne point voir un seul prince charmant. Tout ça n'aurait jamais dû arriver si Dieu et son homologue Infernal n'avaient pas sombré dans l'alcoolisme tous les deux, laissant leurs troupes désoeuvrés et n'ayant rien d'autre à faire que mettre le souk dans les combines des fées et autres créatures magiques. Et puis Bille Guette a fait exploser le Paradis et l'Enfer et du coup ben c'était un peu l'apocalypse. En ce temps là, la terre était plate.

Au commencement, il y avait un cycle de fantasy burlesque et très drôle Quand les dieux buvaient publié en quatre tomes devenu introuvable faute d'épuisement des stocks. Et voici que revient en poche, une réédition des deux premiers tomes soit Blanche Neige et les Lance-missiles et L'ivresse des providers : six cent pages de joyeux délires. On y croise des fées, des elfes, des lutins, des gragons, des sirènes, un mage au chapeau pointu qui fait une fixation sur un insecticide l'Antiblator, des Ucklers, des démons, des anges, d'anciens Dieux,, bref plein de bonnes choses. Pas de grande quête pour sauver le monde, de toute façon il est déjà foutu mais un beau bordel pas organisé. Plus jamais, vous ne penserez à vos personnages de conte de fées préférés de la même manière. Seul regret, j'ai un peu plus ramé avec L'ivresse des providers qui si l'histoire démarre vraiment bien, m'a semblé un poil longuette vers la fin, j'ai décroché un peu même si les idées mêlant le monde virtuel et celui des spectres m'a beaucoup intéressé. J'attends donc la suite à savoir Merlin l'ange-chanteur et L'immortalité moins six minutes vu que je veux quand même savoir si on peut faire encore plus déjanté dans le genre.


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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 06:01
UN SALE BOULOT de Christopher MOORE
Ed Calman Levy/403p
Collection Interstice
Trad : Luc Baranger

Charlie Asher possède une boutique de vente d'objets d'occasion, il est marié et bientôt papa. Charlie est un mâle bêta comme les autres. Et puis, après la naissance de sa fille Sophie il croise un homme noir en tenue de golf dans la chambre d'hôpital de sa femme au moment où elle meurt. Et voilà, que Charlie a un boulot supplémentaire, celui de collecteur d'âmes. Armé du guide Le livre des morts, notre ami Charlie commence sa nouvelle carrière de la chasse aux objets où se cachent les âmes des défunts.

Un roman de Christopher Moore est toujours l'occasion de repousser les limites du délire. Des différentes allocutions sur l'évolution et les moeurs du mâle bêta dans l'histoire de l'humanité, à l'apparition d'énormes molosses (des cerbères) pour protéger le bébé Sophie, le même bébé qui fait tomber raide mort les humains, en passant par la réapparition de Fresh Mentalo, le géant noir croisé dans Le lézard lubrique de Melancholie Cove et puis d'autres personnages légèrement dérangés du bocal. Et je ne vous parle pas de ces bestioles étranges que l'on croise dans les rues, des écureuils en tutu par exemple. Parce qu'en plus d'avoir deux carrières à gérer, notre brave Charlie est soupçonné par la police d'être un tueur en série et c'est normal, vu la tendance des gens à mourir dès qu'il est dans le coin. Je me suis beaucoup amusé à suivre l'histoire de ce brave type anonyme qui ne demandait rien à personne et à qui il arrive toute une série d'aventures qui va crescendo jusqu'à la conclusion logique finale bien que j'ai vu venir le coup de théâtre de la fin depuis pas mal de temps cela ne gâche pas la très agréable lecture de cette histoire. Bien entendu, ce livre nécessite de déconnecter les neurones pendant sa lecture si on veut l'apprécier.

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 20:28






MR VERTIGO de Paul AUSTER

Ed Actes Sud/3179
Trad (Américain) : Christine Le Boeuf

1er novembre et donc lecture du mois. Mais comme j'avais déjà lu Brooklyn Follies, j'ai choisi un autre titre de Paul Auster auteur que j'aime beaucoup du reste.

« J'avais douze ans la première fois que j'ai marché sur l'eau » Dans les années vingt, le jeune Walt Raleigh, enfant des rues de Saint Louis est repéré par Maître Yehudi qui veut faire de lui un prodige en lui apprenant la lévitation et le vol. Suit une série insensée d'épreuves physiques et mentales douloureuses, avant que le miracle ait lieu.

C'est un Walt plus âgé qui raconte sa drôle de vie. Le narrateur aura eu le temps de traverser la quasi totalité des Etats Unis de tâter de tous les métiers, de faire fortune et de connaître la ruine, et de faire des rencontres qui changeront sa vie. Un roman très agréable à lire surtout avec le côté un soupçon fantastique (le F.U.L si cher à Anne Laure), et les personnages parfois excentriques qui peuplent ces pages. Cela dit, je n'ai pas eu un réel coup de foudre. Une belle lecture certes mais qui ne m'aura pas autant touché que ses oeuvres précédentes.

Théoriquement, c'est chez Lisa et Sylire que vous saurez qui a rendu ses devoirs à temps


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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 14:16
COMME DES FANTÔMES
(Histoires sauvées du feu)
de Fabrice COLIN

Ed Les moutons électriques/364p
Collection : La Bibliothèque Voltaïque

Fabrice Colin est mort dans l'incendie de son appartement, et on publie les quelques textes qui auraient échapper au brasier. Des amis auteurs, ou appartenant au monde de l'édition lui rendent un dernier hommage dans ce recueil, bien que sa mort soit juste un parti pris artistique n'est ce pas.

J'ai pas mal ri dans ma lecture. Il faut quand même reconnaître que les hommages de la profession valent le détour, avec ses réflexions venimeuses et perfides sous prétextes d'encenser un auteur : « Colin était une sangsue psychique qui vous avait à l'usure » (Xavier Maumejean dans une note de bas de page hilarante), Il a fallu que Fabrice Colin meure pour que je m'intéresse un peu à ce qu'il écrivait, (Claro en préface) .Non vraiment éditeur est un métier sérieux, J'ai bien peur que Fabrice ne l'ait jamais compris (.encore une note de bas de page.) Avant le coup de fil de Ruaud, je n'avais jamais entendu parlé de Colin. Ruaud m'a dit Colin est mort. (David Calvo son complice et coauteur de Sunk), les notes biographiques et les réflexions de l'auteur sont aussi bien marrantes de temps en temps mais je crois que j'ai adoré la lecture d'un texte, raturé dans tous les sens, où était écrit en majuscule en travers du texte MOI VIVANT CE PUTAIN DE TEXTE NE SERA JAMAIS PUBLIE AH AH!.

Entre ces différents témoignages, éléments biographiques (réels ou totalement inventés ?), interviennent les nouvelles, fantastiques, ou fantasy. J'ai un faible pour la première Naufrage mode d'emploi vu les nombreuses occasions que ce texte m'aura donné de rire., c'est l'histoire de ce pauvre auteur de fantasy que son agent littéraire pousse à abandonné les trolls, les nains et les dragons pour faire dans le sérieux, pourquoi pas le roman historique. Mais d'autres ont eu ma petite préférence, Arnarstapi, avec une vieille dame Alice Liddell et son chat qui laisse traîner des sourire partout dans une maison en Islande, Le coup du lapin, où vont les lapins après le tour de magie du magicien, un détective qui voyage dans le monde des fantômes, Dyonisos dieu grec à la recherche de sa maman, et les autres. Certaines n'étaient pas vraiment à mon goût mais c'est toujours pareil dans un recueil de nouvelles, il est difficile de tout aimer l'important c'est de trouver son bonheur dans le panel proposé et en l'occurrence c'est le cas avec ce livre.

Et puis, il faut bien dire, que l'objet en lui-même est très beau. Mais j'aime beaucoup l'esthétique des livres de cette maison d'édition qui se démarque bien par son originalité.

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 06:45
LE TROU DANS LE MUR de Michel TREMBLAY
Ed Actes Sud/240p

François Laplante au cours d'une promenade aperçoit un trou dans le mur du Monument-National, un trou qu'il semble être le seul à voir. Il franchi le passage pour se retrouver sous le bâtiment, dans une taverne étrange où se trouvent toute une foule de fantômes. Il va écouter la confession de cinq d'entre eux, anciens personnages marquants ou non de La Main, le quartier chaud de Montréal.

J'ai dégusté chaque petite histoire avec beaucoup de plaisir, notamment parce que les personnages ne m'étaient pas tous inconnus, vu qu'ils apparaissent ailleurs dans les livres précédent de l'auteur, Jean le décollé, Maurice, Tooth-Pick, Fine Dumas, et quelques autres. J'y ai retrouvé également la faune excentrique et marginale de La Main, le monde de la nuit, celui des guidounes et travestis et de la pègre locale. Enfin, cette vie après la mort développée dans le livre pour certains personnages, ce purgatoire, où il faut attendre qu'une âme extérieure veuille bien vous écouter pour accéder au paradis soit le Monument-National qui est apparemment bien rempli par toute une gang de fantômes m'a beaucoup plu, foin des petits anges harpistes sur des nuages, place au théâtre ! Bon, encore une fois Michel Tremblay m'a fait entrer sans problème et avec plaisir dans son univers et j'en redemande.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 06:44
A LA POINTE DE L'EPEE d'Ellen KUSHNER
Ed Calman Levy/296p
Trad (anglais) : Patrick Marcel

Ajout de dernière minute : La salle 101 propose un entretien avec Ellen Kushner à l'occasion de la sortie de ce roman. Vous pouvez aller sur la page de téléchargement du site pour écouter l'émission. Charmante, beaucoup d'humour et s'exprimant très bien en français, elle va vous donner envie de lire ses livres

Que le conte de fée commence donc par un matin d'hiver sur une unique goutte de sang fraichement tombée sur l'ivoire de la neige : une goutte aussi vive qu'un rubis nettement taillé, vermeille comme une unique tâche de clairet sur un jabot de dentelle. (extrait)

Est-ce que cette phrase ne vous donne pas envie d'en savoir plus ? Moi oui. Elle fait partie de la première page, un vrai bonheur à lire cette première page, elle vous plonge dans l'envie de lire la suite. Jugez plutôt :

Richard Saint-Vière est le meilleur bretteur des Bords-d'Eaux, quartier laissé à l'abandon, devenu le repaire des prostituées et des truands. La noblesse s'arrache ses services à prix d'or afin de régler ses affaires d'honneur par bretteurs interposés (trop vulgaire de faire cela soi-même). Il finit donc par se retrouver au centre d'une série d'intrigues politiques et personnelles qui pourraient bien le mener à sa perte.

C'est avec Thomas le rimeur que j'ai découvert Ellen Kushner (lisez le si ce n'est déjà fait) et j'attendais avec impatience depuis des années la publication en français de ce roman. Bien que publié dans une collection de fantasy, on n'y retrouve pas de magie, de dragon et autre prophétie. On pourrait parfaitement lire ce roman comme un roman de cape et d'épée façon Dumas. Le seul élément qui le différencie c'est que l'histoire se passe dans un pays et une ville imaginaire dans une époque assez proche du XVIIème - XVIIIème siècle européen mais sans l'être tout à fait. D'où le fait que l'auteur peut donc se permettre d'y aller franchement dans le romanesque pur sans avoir à s'inquiéter de réalités historiques.

Le monde décrit est assez fascinant à découvrir. D'un côté, celui de la noblesse de ce royaume, où tout n'est qu'apparence et futilité. La seule chose que l'on demande à ces gens c'est de savoir harmoniser leur tenue vestimentaire, avoir les bonnes poses pour bien se mettre en valeur. Tenir l'épée ? Quelle horreur, on laisse ce genre de vulgarité au commun. Les bretteurs sont là pour régler la moindre querelle même la plus futile à votre place et pour mourir à votre place aussi. De l'autre, ce sont les bordiers, les habitants des Bords-d'Eaux, la misère, les petites combines, les combats pour la survie. On ne s'y fait aucun cadeau mais on reste unis face aux autorités et à sa milice. Question d'honneur. Ces deux mondes ne se comprennent pas ou plus depuis très longtemps.

Et comme en plus, les personnages sont attachants, l'intrigue passionnante au point que je n'ai pas lâcher le livre avant la fin, et que c'est bien écrit avec beaucoup d'élégance, et bien au final cela donne un gros coup de coeur.

Il y a toujours le petit plus qui fait tourner les pages et fait battre votre petit coeur de lectrice pour le héros (bon son coeur est déjà pris c'est sûr car il partage sa vie avec un certain Alec jeune étudiant légèrement névrosé à tendance suicidaire mais sait-on jamais, des fois que...) : va t-il réussir à se dépêtrer de l'énorme sac de noeuds bien compliqué dans lequel il se trouve ? Pourra t-il enfin vivre le parfait amour avec son amant ? Les méchants seront-ils punis ? Et que vont devenir les autres personnages pour qui on s'est pris d'affection ?

Je me suis également beaucoup amusé à la lecture de certains passages dont un chapitre sur une représentation théâtrale et la critique qui en est faite par Richard qui vaut le détour. Sans compter cette réflexion de la part d'Alec suite à un des coups d'éclat de son bretteur adoré : « Tu es un héros. Les petits enfants te fourreront des bouquets de fleurs dans les mains, sur ton passage. Les vieilles femmes se jetteront en pleurant dans tes bras. Ne restes pas trop longtemps immobile : les pigeons vont te prendre pour un monument et te chier dessus. » (extrait) Oui j'ai un humour débile parfois mais ce, passage m'a beaucoup fait rire.

Des duels à l'épée qui font monter votre tension, un grand amour contrarié, des complots, des trahisons, des larmes, du sang, du rire, le tout en moins de trois cent pages, faut le faire et c'est très très bien fait.

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 07:22
TERREMER d'Ursula K. LEGUIN
Ed Pocket

« Ceci est une pierre , tolk en Vrai Langage », déclara t-il en tournant vers Ged un regard bienveillant. « Une parcelle de la pierre dont est faite l'Ile de Roke, une infime parcelle de la terre ferme sur laquelle vivent les hommes. Cette pierre est elle-même. Elle est une partie du monde. Par l'Illusion-Changement, tu peux lui donner l'apparence d'un diamant- d'une fleur, d'une mouche, d'un oeil ou d'une flamme..; » (...) « Mais ce n'est apparence. L'illusion trompe les sens du témoin : elle lui fait voir, entendre et sentir que l'objet s'est transformé. Mais elle ne transforme pas l'objet. Pour changer cette pierre en joyau, il faut que tu changes son vrai nom. Et faire cela mon fils, même s'il s'agit d'une parcelle aussi dérisoire du monde, c'est changer le monde » (extrait)

Terremer est un ensemble d'îles plus ou moins grande, réparties sur un immense océan. Pas de continent. On y croise des dragons, d'anciens pouvoirs pas toujours bienveillants. La magie est présente et la plus grande école de magie se situe sur l'île de Roke où sont formés les mages et sorciers. Les femmes n'ont pas accès à ces études mais certaines d'entre elles détiennent de grands pouvoirs. La magie est axée sur le vrai nom des choses et des êtres, c'est pour cette raison que les gens gardent pour eux et quelques proches leur vrai nom et ont un nom usuel. Connaître le vrai nom d'une personne c'est avoir tout pouvoir sur elle d'où le fait que pour un mage, il est important de bien cacher son nom.

J'ai tout de suite été séduite par le monde de Terremer qui s'éloigne radicalement de ce que l'on peut connaître en fantasy. Ici, on ne ressent pas l'ambiance pseudo médiévale, la féodalité, la séparation entre les trois fonctions (prêtres, guerriers, paysans). Les guerres sont sporadiques et ne semblent pas être courantes dans ce monde là, on se déplace plus en bateau et à pied qu'à cheval, et la magie fait partie intégrante de la vie courante sans être agressive. C'est un endroit que l'on visiterait volontiers et où il ferait peut-être bon d'y passer ses vacances.

Mais venons-en au principal : Le sorcier de Terremer (la jeunesse), Les tombeaux d'Atuan (la maturité), L'ultime rivage (la vieillesse), racontent en trois étapes, la vie d'un des plus grands Archimage de l'Archipel. Chaque histoire est indépendante et a un début, un milieu, une fin.

Au commencement :
LE SORCIER DE TERREMER/220p
Trad : Phulippe R; Hupp/Michel Lee Landa

« Maints Gontois, en effet, ont quitté les bourgs de ses hautes vallées et, les ports de ses sombres baies resserrées pour servir les Seigneurs de l'Archipel en leurs villes, comme mages ou sorciers ; ou bien en quête d'aventure s'en sont allés d'île en île produire leur magie d'un bout à l'autre de Terremer.
Certains disent que parmi eux, le plus grand et sans nul doute le plus intrépide voyageur, était un homme du nom d'Epervier, qui en son époque était devenu à la fois maître des dragons et Archimage. La geste de Ged et plus d'un autre chant content sa vie ; mais l'histoire que voici remonte aux jours où il ignorait la gloire, avant que les chants fusses créés. 
»(extrait)

Epervier est un jeune garçon qui garde les chèvres de sa tante un peu sorcière qui lui enseigne quelques uns de ses tours. C'est grâce à l'un d'eux qu'il sauve son village d'une bande de pillards kargades et retient l'attention d'Ogion le silencieux, un mage qui l'envoie étudier à Roke. Et c'est au cours de ses études que par orgueil il va libérer une ombre maléfique qu'il devra affronter.

Raconté sous la forme d'une légende, le récit pose les bases de cet étrange monde, avec ses peuples, ses coutumes, ses mythes, sa magie des noms si singulière. Pas de grande bataille, de duels de magie à coup de boules de feu gigantesques et autres super pouvoirs dans cette histoire. Si vous voulez de l'épique, de l'action à cent à l'heure, vous allez être déçu. Terremer vaut davantage pour l'exotisme de sa culture, les principes d'équilibre de la magie et les mystères que l'on ressent sur certaines anciennes puissances, certains peuples aussi. On y trouve certes des dragons mais ce sont des créatures magiques qui connaissaient la parole bien avant les humains et qui parlent toujours dans le Vrai Langage celui qui a façonné le monde. Ils n'en sont pas moins dangereux. Ce premier tome se voit plus comme une quête initiatique mais une quête plus intérieure pour Epervier.

Le temps des exploits
LES TOMBEAUX D'ATUAN/158p
Trad : Françoise Maillet/Michel Lee Land
a

« Que les innommables voient l'enfant qui leur est donnée, celle là même qui soit jamais née sans nom. Qu'ils acceptent en offrande sa vie et les années de sa vie jusqu'à sa mort qui leur appartient aussi. Que cette offrande leur soit agréable. Qu'elle soit dévorée ! » (extrait)

Caché dans le labyrinthe des tombeaux d'Atuan, un fragment de l'anneau d'Erreth-Akbe, anneau qui porte la rune de Paix a été l'objet de bien des tentatives pour le récupérer de la part des autres peuples de Terremer, mais Arha la prêtresse des innommables veille sur ces tombeaux.

Changement de point de vue dans ce deuxième volet. C'est par le regard de Ténar devenue Arha la dévorée, prêtresse des innommables que le plus grand exploit d'Epervier est raconté. Parti seul en terre Kargade récupérer un anneau qui contient une rune de grand pouvoir qui garantissait la paix pour toutes les îles de l'Archipel. Le peuple kargade se différencie des autres peuples de Terremer d'abord physiquement puisqu'ils ont la peau blanche contrairement aux autres ethnies qui oscillent entre le cuivré (Epervier en bon gontois, a la peau cuivré et les cheveux gris, difficile de passer inaperçu dans une société à la peau claire). et le noir avec entre ces deux couleurs toute une gamme de peaux brunes. Ils n'adorent pas les mêmes divinités. Ils sont volontiers plus conquérants et guerriers et sont hostiles à la magie et donc aux mages et sorciers. C'est surtout le personnage de Ténar qui est intéressant à suivre dans son évolution et son refus de renoncer à sa personnalité profonde pour endosser celle d'une prêtresse censée immortelle mais indifférente au sort des autres et à la vie.

Entre être et agir
L'ULTIME RIVAGE/219p
Trad : Françoise Maillet/Michel Lee Landa

« Même si je venais à oublier ou regretter tout ce que j'ai accompli, je me rappellerai avoir vu une fois, les dragons haut dans le vent au soleil couchant, au dessus des îles occidentales ; et je serai content » (extrait)

Une brèche a été ouverte par laquelle la magie s'engouffre pour ne plus revenir. La rune de paix est de retour mais où est le roi qui garantira cette paix ? Un vieil homme Epervier l'Archimage de Roke et le jeune prince des Enlades Arren partent pour un long voyage aux origines de ce mal étrange.

Epervier a bien vieilli et il sent qu'il est temps pour lui de renoncer à agir pour enfin être. Mais une dernière mission doit être accomplie avant le retrait, mettre un terme au déséquilibre dû à une magie néfaste. Cette fois la quête initiatique c'est le jeune Arren qui la poursuit guidé par la sagesse d'un vieux mage. On y fait la connaissance des Enfants de la Mer, ces peuples qui vivent toute leur existence sur l'eau des océans, et on rencontre les dragons, des créatures fascinantes et impressionnantes. Ici il est question d'une prophétie et en fantasy les prophéties c'est un sujet bateau, sauf que bien entendu, il ne s'agit pas de sauver le monde l'épée à la main mieux vaut le sauver en affrontant ses démons intérieurs et son moi égoïste et partir vers un voyage plus spirituel dans l'autre monde.

Le cycle de Terremer vous transporte dans un autre monde, aux modes de vie très différents de ce que l'on a l'habitude de rencontrer dans ce genre et vaut parfaitement le détour. Je sais qu'il existe une suite à ces trois tomes mais j'ai toujours estimé qu'ils se suffisaient largement à eux mêmes.


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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 07:17


Non vous ne rêvez pas, voici le retour du prix chimérique, peut-être même le seul de l'année 2008 en espérant que 2009 sera plus prolifique. Lorsque machinalement en arrivant en fin de lecture, je reviens aux premières pages d'un livre pour relire automatiquement l'histoire, c'est que je suis tombée sur un petit trésor personnel, le genre qui va m'accompagner pendant quelques années et c'est le cas avec ce roman qui avait fait le tour de pas mal de blogs en son temps

LE TREIZIEME CONTE de Diane SETTERFIELD
Ed Pocket/563p
Trad (anglais): Claude et Jean Demanuelli


Vida Winter auteur de romans à succès, arrive à la fin de sa vie et souhaite pour la première fois raconter son histoire, la vraie, pas celle qu'elle n'a jamais cessé d'inventer en des dizaines d'histoires romanesques et totalement fausses pour les journalistes. Elle demande l'aide d'une biographe amateur, Margaret Lea qui est probablement la seule personne au monde à n'avoir jamais lu un roman de Vida Winter.

Je ne vais pas en dévoiler plus pour les quelques rares lecteurs qui n'ont encore pas lu ce roman et je ne saurai trop leur conseiller de se précipiter pour le faire, mais dès les premières pages j'ai été scotchée à mon livre et j'ai eu du mal à en sortir pour des choses aussi triviales que manger ou dormir par exemple. Plus j'avançais dans les mystères et les secrets que laissent volontairement planer l'auteur, plus je voulais savoir le fin mot de l'histoire. Il y a tout là dedans pour me plaire, des personnages excentriques, des secrets de famille avec leurs cadavres dans les armoires ou sous le plancher c'est selon, un soupçon de roman à énigme aussi. C'est que Margaret a du pain sur la planche pour vérifier la véracité du récit de cette vieille dame qui a toujours menti sur sa biographie. Petit à petit, l'épais brouillard autour de sa vie se disperse lentement et bien entendu, il est impossible de lâcher tout le récit quand enfin toute la lumière est faite. Ce que je n'ai pas pu faire. Je n'avais rien vu venir de la résolution du mystère et j'aodre quand je ne vois rien venir et que le récit arrive à me surprendre jusqu'au bout. Gros coup de coeur donc pour ce roman à mettre en tête de liste de votre LAL si vous ne l'avez pas encore lu.

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